Hostel

Publié le par Athalide

Hostel, Eli Roth (2006)

C’est typiquement le produit destiné aux ados en mal de frayeur qui relève de la série B et n’appellerait aucun commentaire de notre chère intelligentsia parisienne si ce n’était qu’il est produit par Tarantino et réalisé par l’assistant de Lynch, Eli Roth.

Ce dernier avait déjà signé un long métrage remarqué, à défaut d’être remarquable, Cabin fever : film de pseudo-horreur tout juste au niveau des films dont les programmes de M6 s’honorent. Le défi était de taille, le réalisateur parviendrait-il à aller encore plus loin dans le spectacle racoleur et vulgaire ? Défi relevé haut-la-main par le téméraire réalisateur. Le film est un exceptionnel florilège de lieux communs sur l’Europe (Amsterdam se limite à la prostitution et à la drogue, la Slovaquie est un gisement de filles lascives et faciles, le slave est forcément patibulaire, etc…), de scènes convenues, d’humour potache au ras des pâquerettes. À cela rien d’étonnant, il s’agit d’un produit de série B destiné à un certain marché et à un certain public, un film comme il en existe tant d’autres et qui ne présente aucun intérêt. Mais, à notre grande honte, nous n’avions rien compris…

Le caractère métaphysique de l’œuvre, il faut l’avouer, nous a échappé. Seule la sagacité d’un critique du Monde pouvait nous livrer la quintessence de ce film subtil. Hostel est pour le quotidien vespéral : " une œuvre (…) au centre d'interrogations sur la nature d'un individualisme moderne dont elle dévoilerait (métaphoriquement) une face sombre et mortelle ". Rien que ça ! À ce rythme, il n’y a pas loin à penser que Mon curé chez les nudistes est une œuvre qui exprime (métaphoriquement) une tension de la société française entre son attachement à la laïcité et son catholicisme atavique…

Le critique éclairé ne s’arrête pas là, car il manque encore un élément déterminant, LA référence culturelle. Afin de ménager son effet, le critique nous la livre dans un apophtegme somptueux : " Les infortunes des protagonistes deviennent les tableaux d'une sorte de body art de l'horreur, peu à peu transformés en purs dispositifs. Il y a quelque chose de sadien dans Hostel. ". Comme quoi termes abscons et références à la con ne sont pas antinomiques.

Publié dans Les films de Kul

Commenter cet article