The Doors : Morrison à la porte ?
Il ne viendrait à personne l’idée de contester le fait que The Doors est un groupe qui a compté dans l’épopée pop des années 60.
Cependant depuis la mort de Morrison, une agaçante manie consiste à vouloir réécrire l’histoire en dissociant le groupe The Doors de son charismatique chanteur et à ne faire du premier que le
support de la poésie forcément géniale du poète forcément maudit puisque mort à Paris et enterré au Père-Lachaise (comme Adolphe Thiers, comme quoi il n’ y a pas que des poètes mais aussi des
bouchers).
Ainsi, certains continuent de dire " Jim Morrison et les Doors " au prétexte que le premier était un poète inspiré, beau
comme un demi-dieu grec et que les autres membres des Doors n’étaient au plus que les faire-valoir de l’homme lézard.
Que le rock et les Doors n’aient eu qu’une importance relative dans la vie de Morrison, cela importe en définitive peu, car il est plus que vraisemblable que sans les Doors sa poésie n’aurait jamais dépassé l’audience de recueils publiés à compte d’auteurs. Résumer les Doors aux frasques de leur chanteur, c’est opérer un raccourci aussi agaçant qu’étonnant. La voix de Morrison était une des marques de fabrique du groupe et participe du son si particulier et si original de The Doors, mélange improbable entre le blues, le rock et la pop, mais elle n’est pas plus importante que l’orgue de Manzarek ou la guitare de Krieger, et pour le fan non-anglophone, le contenu des paroles n’a finalement qu’une portée limitée.
Mais d’où vient cette popularité étonnante de Morrison ? Trois facteurs peuvent être avancés : ses scandales à répétition,
sa pose de poète et sa fin tragique.
Tout d’abord, une grande partie de la popularité de Morrison tient aux différents scandales qu’il provoqua tout au long de sa carrière
avec The Doors, à la ville et sur scène. Ces esclandres, voire émeutes (cf. le fameux concert à Miami), ont indéniablement contribué à la notoriété du groupe et leur a permis d’élargir leur
audience et de se faire un nom.
Mais, au bout du compte, ce ne sont pas tant les péripéties sur scène qui font aujourd’hui encore des Doors un groupe estimé, mais la
qualité de leur production en studio.
Le parfum de scandale, les débordements scéniques - dont Oliver Stone s’est largement inspiré pour son film The Doors sorti en 1991 - tout cela importe peu car ces frasques n’ont en elles-mêmes aucune espèce de portée symbolique ou politique. Les agissements de Morrison débouchaient sur une aporie. Ainsi, la dénonciation de la passivité du spectateur et de la perversité de la société du spectacle (on est tout de même loin de Debord) devient vite obscène lorsque le dénonciateur devient sycophante en raillant son public alors qu’il n’oublie pas de passer au tiroir-caisse.
Ensuite, il faut parler du Morrison poète, qui aurait entraîné la jeunesse mondiale dans un parcours initiatique fait de rimes et de
quatrains. Il faut rappeler que ce ne sont pas les paroles qui ont fait le succès des Doors (la preuve leur premier tube " Light my fire " a été entièrement écrit par Krieger) ; de
plus, force est de constater que ses saillies les plus célèbres sont parfois d’un ridicule touchant. Ce grand garçon redécouvrant le mythe d’Œdipe (v. " The End ") a quelque chose de
pathétique. De même, le fameux " We want the world and we want it now " dans " When the music’s over " fait davantage songer à un cri de révolte poussé par un
enfant-unique-pourri-gâté que par un théoricien de l’action politique.
La provocation passée, l’inanité des paroles de Morrison, fait aujourd’hui sourire, car elles doivent plus à l’usage immodéré des drogues et de l’alcool qu’à la puissante inspiration : Morrison ne taquinait pas la muse, au mieux il la lutinait.
Il fut pourtant, traité de poète par certains journalistes américains de l’époque fortement impressionnés par les références du groupe. Quand on connaît le goût immodéré de l’Américain moyen pour la culture générale, on comprend que des références à Brecht ou Freud aient pu en laisser pantois plus d’un et que le mot de poète ait fusé. Que Morrison se soit entiché de poètes français, contribua également à édifier sa propre légende de " Poète " et qu’il mourut à Paris devait mettre un terme à toute contestation de ce statut revendiqué d’aède. On savait que les amoureux allaient à Venise (mais que l’endroit était d’une tristesse à mourir lorsqu’on ne s’aimait plus), pas encore que les oiseaux se cachaient pour mourir ; depuis 1971, on sait que les chanteurs pop viennent à Paris pour s’y faire enterrer et se faire labelliser " Poète maudit " (et dire que ce con de Mike Brant mort à Paris a décidé de se faire enterrer en Israël !).
Le dernier facteur explicatif de l’idolâtrie dont fait l’objet Morrison et l’effacement corrélatif de l’entité Doors résulte de son décès aussi tragique que mystérieux à Paris. Depuis la disparition du dernier témoin - sa compagne en 1974 – les plus folles rumeurs circulent (Morrison ne serait pas mort - sans doute joue-t-il aux cartes avec Elvis et Lennon dans un rade Mexicain) ; Morrison aurait été tué par le FBI, la CIA ; etc.). Mais la simple disparition de cette personnalité marquante du monde pop en pleine jeunesse, de surcroît peu de temps après Hendrix et Janis Joplin, a suffit pour faire de Morrison un nouveau James Dean.
Morrison repose désormais dans un des cimetières les plus coté de la capitale. Il voulait se faire enterrer dans la ville des poètes, il finit à deux pas d’un des fondateurs de la Banque de France (Casimir Périer) dans une tombe sur laquelle d’inconsolables fans, vautrés sur sa sépulture, engloutissent des litres de boisson pour oublier le chagrin que leur a causé la disparition d’un chanteur qu’ils n’ont jamais connu que mort. Ainsi rendent-ils hommage au demi-dieu grec gainé de cuir qu’ils ont statufié : après tout, on a les fans qu’on mérite !
Vouloir réduire les Doors à Morrison contribue à masquer l’essentiel. On retrouve bien ici les travers de la société du spectacle consistant à se polariser sur l’anecdotique au détriment du principal, le superflu plutôt que l’essentiel, faire primer le sensationnel sur le quotidien.
À lire tous les écrits consacrés à Morrison ou aux Doors on en oublierait presque que les Doors était groupe et non une somme
d’individualités qui a apporté vitalité et fraîcheur à la pop musique américaine au moment même où leurs principaux représentants, dont les Beach boys, commençaient à connaître des jours
difficiles.
La surprenante composition de cette formation sans bassiste, l’omniprésence de l’orgue, la singulière utilisation de la guitare et de ses effets et le chant puissant de Morrison vont installer le groupe dès le premier disque - d’une étonnante maturité d’ailleurs - dans le peloton de tête des groupes qui comptent.
Il ne sert alors de rien de se demander si les Doors doivent tout ou non à la personnalité hors du commun de Morrison, la seule chose qui compte c’est que les Doors aient existé et que leur musique perdure : en dehors des disques tout le reste est pur verbiage.
NB : message adressé aux personnes qui m’avaient signalé avoir croisé à Paris Jim Morrison. Vérification faite l’information est erronée : le barbu ventripotent n’était pas Morrison mais Carlos.
New order ou le règne musical d'un ordre nouveauNew order
Des musiciens new wave purs et durs devenus les demi-dieux des dancefloors et dont chaque simple durant les années 80 allumait des incendies dans les clubs : la conversion a de quoi interloquer ! Incontestablement, New order est un groupe à part, parvenu à trouver la recette d’un cocktail explosif, mélangeant électronique et acoustique, alliant austérité et futilité, surcharge et minimalisme, oscillant entre le pompiérisme, l’emphase et l’authenticité.
Il reste un des seuls groupes de cette époque à être parvenu à résoudre l’impossible équation qui voulait que la musique dansante soit forcément décérébrante. Sur son nom, New order est parvenu à réconcilier un certain nombre de " mélomanes " et de fanas de musiques rythmées.
Aujourd’hui, même si le groupe continue de (se) produire, l’âge d’or est révolu, et quand on évoque New order, c’est celui de la grande époque auquel on songe avec nostalgie, celui où L’ordre nouveau symbolisait les noces réussies de la new wave et de l’électronique.
C’est sur les ruines fumantes du défunt Joy division que débute l’épopée de New order. Tandis que Ian Curtis se balançait encore au bout de sa corde, avec laquelle il avait mis un terme en mai 1980 à son mal être et par la même occasion à Joy division - dont il était le leader et le chanteur, les trois jeunes rescapés de l’aventure décident de changer de registre et forment New Order. Ainsi s’achève, après trois ans d’existence et autant d’albums (dont Closer à titre posthume), l’aventure Joy division. New order New order New order New order New order
En changeant de nom, ces musiciens décident également de changer de musique, et va ainsi s’opérer une des plus étonnantes mutation de l’histoire de la pop, car au fil du temps la formation va prendre ses distances avec la New wave froide et désespérée, pour s’orienter vers une pop synthétique et dansante. L’évolution tournera donc à la révolution et en étonnera plus d’un.
Pour l’heure, Bernard Sumner (guitare, clavier) tient désormais le chant, tandis que Peter Hook conserve la basse et Stephen Morris la batterie, Gillian Gilbert – compagne de Morris – venant prêter main forte à la formation aux guitares et synthés.New order New order New order
La formation ainsi composée fait paraître en 1981, Movement. L’album n’est pas convainquant notamment parce qu’il ne parvient pas véritablement à opérer la césure avec Joy division. Le fait que l’album contienne les derniers titres écrits par Joy division (" Ceremony ", " In a lonely place " sortis peu de temps avant l’album) et qu’il soit produit par Martin Hannett présent sur les albums de la défunte formation n’y est pas étranger. De plus, Bernard Sumner, singeant Ian Curtis, montre quelques faiblesses au chant.
Le groupe contribue à la création de l’Hacienda, club situé à Manchester dont l’inauguration a lieu en mai 1982. Rapidement, il deviendra le temple des musiques nouvelles et incarnera à lui seul le renouveau de la scène dance et électronique et sera le catalyseur des mouvements musicaux des quinze prochaines années. Il sera également un excellent moyen de diffusion de la musique de New Order et de son label Factory.New order New order New order
Le groupe, qui n’en oublie pas pour autant la musique, change de producteur, opère une véritable mutation et sort coups sur coups deux simples marquants (" Temptation " et " Everything's gone green ") qui percent dans les boîtes de nuit. New order
Mais c’est " Blue Monday ", maxi vendu dans une anonyme pochette en forme de disquette, qui met le feu aux poudres dans les clubs et permet au groupe d’augmenter sensiblement son audience sur toute la planète. Ce titre vendu à plus de trois millions d’exemplaires – qui sera plus tard remixé par Quincy Jones – avec son intro devenue désormais classique et ce son aisément reconnaissable mélangeant instruments acoustiques et électroniques le tout sublimé par la basse mélodieuse de Hook, trouve le juste équilibre entre le côté froid et martial de la New wave et l’hédonisme des morceaux dansants. New order
Ce succès phénoménal éclipse leur second album sorti sur la lancée, Power corruption and lies - à la pochette signée Peter Saville – et toujours orienté très dance. New order
À la suite, paraissent les excellents " Confusion " (septembre 1983) et " Thieves like us " (mai 1984), enregistrés avec le producteur new-yorkais Arthur Baker. New order
Le groupe poursuit alors une démarche commercialement suicidaire. En effet, outre les pochettes sur lesquelles ne figure généralement aucun nom de groupe ni aucun signe distinctif permettant d’attirer le chaland, New order se paie le luxe de ne jamais intégrer dans ses albums ses hits sortis uniquement en simples. De plus, la formation se montre très peu et reste avare en interview. Pourtant, cette démarche ne nuit ni à leurs ventes, ni à leur notoriété. Elle ne leur évite pas non plus d’être un peu hâtivement rangés dans la catégorie des groupes commerciaux sous-prétexte qu’ils font une musique dansante et ont des chiffres de vente à faire pâlir d’envie beaucoup d’artistes, pour le coup, résolument commerciaux dans leur démarche et leur production.New order New order
En 1985, Low-life, leur troisième opus, confirme l’évolution du groupe qui s’oriente franchement vers une techno-pop-évolutive en poussant loin le souci de production. Sumner a pris de l’assurance au chant et sa voix ainsi que la basse de Peter Hook sont une véritable marque de fabrique du groupe. Les simples accompagnant la sortie de l’album (" Shellshock " et " The perfect kiss ") sont d’excellente facture et symptomatiques de l’évolution suivie par le groupe qui, pour la première fois, apparaît en photo sur la très réussie pochette signée Peter Saville.
L’automne 1986 voit la sorti de Brotherhood, et " Bizarre love triangle " se taille la part du lion dans les charts. Ce disque marque l’apogée d’un style et d’un son forgé au travers des années par une formation souvent copiée mais rarement égalée. " State of the nation ", morceau le plus fort du disque, symbolise à lui seul cette perfection.New order
L’année suivante paraît le double album Substance, excellente compilation
des succès et face B. Ce disque permet aux amateurs ayant raté la sortie des simples et des maxis - car New Order présente la particularité de ne pas intégrer aux albums ses hits ayant cartonnés dans les charts - de réparer leur erreur et rattraper leur retard en leur offrant les douze premiers simples, faces B incluses. Cette compilation permet de prendre la mesure de l’évolution du groupe opérée en moins de sept ans. Il est la meilleure porte d’entrée dans l’univers New order. La sortie est accompagnée par le simple " True faith " (présent sur Substance) produit par Stephen Hague (v. son travail avec Pet shop boys).New order
Même si en 1989, Technique, leur nouvel album enregistré à Ibiza, se vend bien, il marque un coup d’arrêt dans l’évolution du groupe. New order qui avait contribué à forger le son des années 80 se trouve désormais à la traîne, et le succès remporté ne peut masquer le tarissement de l’inspiration d’un groupe à bout de souffle.
Les tensions au sein de la formation ainsi que le désir de voler de ses propres ailes conduit chacun des membres à prendre du recul par rapport à New Order. Ainsi Bernard Sumner s’acoquine avec l’ancien Smiths Johnny Marr pour former le noyau dur d’Electronic. On le retrouve également aux côtés des Chemical brothers. Peter Hook lance les groupes Revenge et Monaco et plus récemment se lancera dans le projet Freebass (2005), tandis que les deux autres (Morris et sa compagne Gillian) forment The other two New order
À l’occasion du Mondial italien en 1990, le simple " World in motion ", destiné à soutenir l’équipe anglaise de football, rencontre un beau succès. Succès cependant insuffisant pour remettre à flot leur label Factory ; et c’est finalement Warner qui publie en 1993 Republic nouvel opus décevant du groupe même si l’enthousiasmant " Regret " se vend très bien aux USA. Puis le groupe disparaît. New order
Après plus de huit ans d’absence, New order revient sur le devant de la scène avec le très remarqué Get ready (auquel participe Billy Corgan, ancien leader des Smashing Pumpkins). Sur sa lancée le groupe part en tournée mais sans Gillian Gilbert remplacée par Phil Cunningham. Puis en 2005, la formation Mancunienne sort Waiting for the sirens call qui renoue très ouvertement avec le son forgé dans les années 80.
Discographie
Movement (1981)
Power, corruption & lies (1983)
Low-life (1985)
Brotherhood (1986)
Technique (1989)
Republic (1993)
Get ready (2001)
Waiting for the Siren’s call (2005)New order
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Le règne sans partage du Roi pourpre – La décennie 70
Dès sa création en 1969, King Crimson s’affirme comme un des groupes les plus novateurs de l’histoire de la pop. Au terme d’un parcours exemplaire, la formation va en à peine six ans d’existence bouleverser les conceptions de la musique pop en poussant loin les investigations et explorations musicales. Le tout débouchera sur une synthèse de différents courants musicaux (jazz, musique contemporaine, classique, pop traditionnelle, hard rock) a priori in-mélangeables, ouvrant à la musique populaire de nouvelles perspectives et de nouveaux horizons. Une grande partie de ces audaces relèvent des conceptions novatrices du leader Robert Fripp et de la haute technicité des musiciens qu’il aura su choisir pour l’accompagner dans cette épopée. king crimson king crimson
Paradoxalement, si le groupe fut précurseur il ne connaîtra jamais un succès public à la hauteur de sa contribution au rock. Les différents changements de personnels émaillant son règne, son absence de concession à l’univers pop et l’herméticité de certains de leurs titres contribueront à faire que King crimson ne connaisse jamais le succès de formations telles que Led Zeppelin, Yes ou encore Genesis. king crimson
C’est en novembre 68 que Robert Fripp (guitariste méthodique et inspiré) et Michael Giles (batteur inventif) se mettent en tête de monter une nouvelle formation après l’éphémère carrière de leur premier groupe (Giles, Giles & Fripp). king crimson
Le premier musicien à se joindre aux deux hommes est le talentueux multi-instrumentiste Ian McDonald suivi de près par le parolier Peter Sinfield, lui même suivi par le chanteur et guitariste Greg Lake. C’est Peter Sinfield qui cherchant un synonyme de Belzébuth trouvera le nom du groupe (Le roi pourpre).king crimson
Début janvier 69, King crimson répète pour la première fois et parvient à se faire engager pour jouer lors du fameux concert gratuit des Rolling stones à Hyde Park en juillet donné en mémoire de Brian Jones.king crimson
Dès lors tout s’enchaîne très vite car déjà le 25 octobre sort un album promis à un bel avenir. Le bien nommé In the court of the crimson king alterne entre morceaux calmes et pastoraux destinés à devenir des classiques (" Moonchild ", " I talk to the wind ", et le majestueux " Epitaph ") et violence futuriste (l’impressionnant " 21st century schizoïd man "). Avec ce disque King crimson fait une entrée fracassante dans le paysage musical mondial en livrant un des premiers disque de " rock progressif " marqué par des titres fleuves emphatiques et mélodieux que sublime le son du Mellotron et une interprétation impeccable. La marque de fabrique de King Crimson est déjà là dès le premier disque : audace, interprétation exemplaire, institutionnalisation du mellotron, liberté dans l’enchaînement des thèmes, le tout sur toile de fond néo-moyennageuse revisité par la plume poétique de Sinfield.
Ce disque ouvre le champ des possibles à la musique pop et fait naître un genre (le rock progressif) qui sera largement dévoyé ensuite par des formations grandiloquentes.
Le groupe part alors en tournée en Angleterre puis aux États-Unis, les amenant à côtoyer de nombreux musiciens yankees tels que Iron Butterfly ou encore Janis Joplin.
Malgré le succès, les tensions se font jour et des différences de conceptions quant à l’orientation à donner au groupe se cristallisent. Finalement, un des grands artisans du succès du groupe Ian McDonald, suivi de Michael Giles quittent la cour du Roi pourpre en décembre 1969 afin de poursuivre une carrière solo (débouchant notamment l’année suivante sur le décevant album McDonald & Giles). McDonald reviendra sur le devant de la scène en 1976 à la tête de son groupe les Foreigner.
Ces deux défections n’entament pas le moral du trio qui sort en mars 1970 le simple Cat Food / Groon. L’album - sur lequel Mel Collins (cuivres) et Peter Giles (basse) sont venus prêter main forte - lui emboîte le pas. Malgré sa défection, Michael Giles continue quand même à assurer la frappe. Malheureusement, In the wake of Poseidon est une pâle copie du disque précédent, peu enthousiasmant hormis le splendide morceau éponyme.
À son tour Greg Lake quitte la formation en avril 1970 et part former Emerson, Lake & Palmer. Il est remplacé par Gordon Haskell (basse et chant) tandis que le subtil Andy McCulloch s’assoit derrière les fûts pour l’enregistrement du surprenant Lizard. Ce dernier opère de nouveau un changement radical d’orientation du groupe vers une musique de plus en plus sophistiquée et exploratoire. King crimson se permet d’aligner une longue suite (" Lizard "), chantée par le chanteur du groupe Yes (Jon Anderson), incluant un Bolero sans surprise (c’est-à-dire long et pénible à moins que ce ne soit l’inverse). Le splendide " Cirkus " ouvrant l’album, magnifié par le saxophone de Mel Collins, reste le titre le plus marquant d’un disque manifestement de transition.king crimson
Une fois de plus, après l’enregistrement du disque, le chanteur et le batteur quittent la formation laissant le Roi pourpre dans une situation peu enviable.king crimson
Fripp et Sinfield, seuls rescapés de la première formation, entament alors des auditions pour poursuivre l’épopée. Bryan Ferry est entendu mais non retenu, cependant les deux rescapés impressionnés par la prestation du jeune homme vont faire en sorte de lui mettre le pied à l’étrier.
Le choix se porte finalement sur le batteur Ian Wallace et le chanteur Boz Burrell. N’étant pas parvenu à trouver un bassiste lui convenant, Fripp se résout à enseigner les rudiments de la basse au chanteur. king crimson
Le groupe enregistre alors le délicat Islands paru en décembre 1971. Le disque, différe encore du précédent, et est très convaincant car il recèle de somptueuses compositions (l’instrumental " Sailor’s tale " et l’imparable " The letter " servie par une très belle interprétation vocale de Burrell) et des incursions étonnantes, notamment dans la musique de chambre (" Prelude : songs of the gulls "). Mais la formation n’en a pas fini avec les changements de personnels car le parolier Peter Sinfield est sommé par Fripp à la fin de l’année de quitter le groupe. Après son exclusion, il écrira les paroles de Emerson, Lake & Palmer.
Le groupe part en tournée et les prestations enregistrées ne sortiront que bien plus tard (sur le disque Earthbound paru en juin 1972). Peu de temps après la fin du Earthbound tour, Collins, Wallace et Burrel quittent King Crimson pour former avec Alexis Korner le groupe Snape.
Fripp se voit donc une nouvelle fois contraint de partir à la recherche de nouveaux membres. Le premier à le rejoindre est le percussionniste Jamie Muir, puis c’est au tour de l’ancien camarade de collège de Fripp, le chanteur et bassiste John Wetton de rejoindre le groupe. Ce dernier avait été pressenti pour faire partie du tout premier King Crimson mais l’affaire n’avait pu se faire et Wetton était parti rejoindre le groupe Family. Puis c’est le batteur des Yes, Bill Bruford, qui rejoint la formation décidant ainsi de rompre avec un groupe dont le succès commercial a quelque peu limité les ambitions artistiques. Le dernier à rejoindre le groupe est le violoniste et claviériste David Cross venu étoffer le son de la formation. Sinfield parti, il faut trouver un parolier et c’est finalement Richard Palmer-James, ancien membre de la première mouture de Supertramp et vieil ami de Wetton, qui prend sa place.
Les répétitions et les tournées débutent à la fin 72. Fripp a réuni autour de lui quelques-uns des meilleurs instrumentistes britanniques (" il n’y a pas quatre batteurs de rock comme Bruford en Angleterre " déclarera Fripp bien plus tard). Wetton et Bruford forment sans doute une des meilleurs section rythmique de l’histoire du rock, inventive et véloce capable d’une douceur ou de la violence la plus sauvage, le tout adossé à un bagage technique impressionnant. Sans oublier la qualité du chant de Wetton dont le grain de voix se marie à la perfection aux compositions du groupe.
Lark’s tongues in aspic est enregistré au début de la nouvelle année, puis la formation part en tournée en Europe puis aux États-Unis. Avec ce cinquième album sorti en mars 73, la formation loin de se couper du mouvement progressiste durci pourtant le ton. Les guitares saturées sont de plomb et la section rythmique d’acier. L’album est de très bonne facture même si les compositions fleuves de qualité (" Exiles ", " Easy money ", " The talking drum ") se perdent parfois dans des orchestrations trop touffues à l’exception notable de l’exquis " Book of Saturday ". Cet album fait de tension et d’explosion, poursuit la quête du Roi pourpre et emmène son équipage et ses gens de cour vers des contrées inexplorées où l’originalité est le maître mot. La formation a trouvé ses marques, chacun rivalise de technicité dans un complémentarité étonnante leur permettant une très grande liberté.
Jamie Muir quitte le groupe au début de l’année 1973 pour se retirer dans un monastère tibétain en Écosse. C’est durant la longue tournée qui suit que les membres restant rassemblent suffisamment de matériel pour enregistrer leur nouvel album.
Avec Starless and bible black, sorti en février 74, la formation opère encore une rupture de ton. Finis les morceaux très produits aux arrangements peaufinés. King crimson se tourne vers davantage de spontanéité et de liberté en s’écartant pour l’essentiel du symphonisme et des structures rigides pour s’orienter vers une musique où se rejoint la liberté du jazz (" Fracture ") et la violence du heavy metal sur fond de rock progressif. L’essentiel de l’album est donc constitué d’enregistrements effectués sur scène (une grande partie de l’album provient du concert du 23 novembre 1973 donné au Concertgebow d'Amsterdam). " The Great deceiver " et " Lament " ont été entièrement enregistré en studio, tandis que seule l’introduction du génial " The night watch " est live, le reste relevant du studio. Ce titre, inspiré d’un tableau de Rembrandt (intitulé en français " La ronde de nuit " et en anglais " The night watch ") reste un des sommets de l’art " Crimsonien ", entre grâce et maîtrise technique où Fripp offre un de ses plus beaux solos avec ce son si pur qui n’appartient qu’à lui.
Au fur et à mesure que se radicalise la musique du Roi pourpre et qu’elle se dirige vers une forme où le violon n’a plus la place essentielle qu’il avait auparavant, Cross supporte de moins en moins de n’être que le claviériste de la formation et décide de partir. king crimson
Le groupe est donc réduit à un trio pour enregistrer Red. Mais la formation va faire appel à divers musiciens pour étoffer le son de la formation. Ainsi Robin Miller (Hautbois), Marc Charig (cornet à piston) se joignent à la formation. Il faut également noter le retour de Mel Collins (Saxophone soprano) et Ian McDonald (Saxophone alto). Ce dernier est d’ailleurs un temps pressenti pour réintégrer définitivement la formation, mais deux mois avant la sortie de l’album, Robert Fripp en annonce la dissolution. C’est la fin de la première période de King crimson. Personne ne se doute encore que Fripp réactivera le groupe quelques années plus tard pour explorer d’autres voies musicales. king crimson
Reste que le disque, sorti en octobre 1974, est un chef d’œuvre en fusion et " Starless " dernier morceau du disque met un terme de la plus belle manière qui soit à la fantastique carrière d’un groupe hors-norme qui a joué un rôle de précurseur en matière de rock progressif et dont les audaces musicales et techniques ont innervées une grande partie de la musique populaire depuis les années 70. king crimson
king crimson Discographie :
ALBUMSking crimson
In the court of the crimson King (1969)
In the wake of Poseidon (1970)
king crimson
Lizard (1970)
Islands (1971)
Lark’s tongues in aspicking crimson
Starless and bible black (1974) king crimson
Red (1974)
Le classement des 10 plus gros vendeurs de disques français
Au préalable, il faut indiquer que les chiffres de ce classement sont à prendre avec la plus grande prudence et les plus entières réserves. Ce sont des estimations et non des chiffres définitifs, les sources d'informations officielles sont rares et diffuses et les affirmations émanant des artistes eux-mêmes ou de leur fan club parfois fantaisistes. De plus, certains chanteurs semblent tout mettre en oeuvre pour éviter, dans un souci de discrétion, de communiquer leurs chiffres.
Ce classement propose les ventes totales de disques incluant tous les supports (disques vinyles, K7, CDs) et englobant indifféremment les simples (EP, 45 tours, CD 2 titres) et les albums.
Dans ce classement ne sont pris en compte que les artistes de nationalité française. Exit les Mike Brant (israélien) ou autre Joe Dassin (américain) même s'ils n'ont pas percé dans leur pays d'origine (de toute manière leurs chiffres de vente ne les faisaient pas entrer dans le top 10).
Ne sont également pas intégrés les ventes générées par les compositions écrites par un artiste pour un autre dans le chiffre des ventes totales. C'est pourquoi, Gainsbourg, Goldman ou encore Berger n'apparaissent pas.
A la lecture du classement réalisé par Kul beaucoup d'illusions se dissipent et les surprises sont légions. Il apparaît clairement que c'est encore la soupe qui se vend le mieux !
Le champion incontesté du disque français est l'idole Corse Tino Rossi qui au terme d'une carrière extrêmement longue (50 ans séparent son premier disque de son dernier) est parvenu à exporter son oeuvre dans le monde entier. Il affiche le score impressionnant de 300 millions de disques vendus (dont pas moins de 30 millions d'exemplaires de " Petit papa Noël " ) ce qui le place au cinquième rang des chanteurs ayant vendu le plus de disques au monde (devant ABBA, Michael Jackson, U2, Prince, etc.)
Ensuite viennent Dalida et Mireille Mathieu qui ont toutes deux vendus plus de 100 millions de disques à travers le monde.
En quatrième place on retrouve Johnny Hallyday. Ses chiffres de vente, à l'instar de ceux de Sardou, sont exceptionnels car ils résultent presque exclusivement de vente effectuées dans l'hexagone. Il en va autrement pour Charles Aznavour et Jean-Michel Jarre qui, quant à eux, peuvent se targuer d'être mondialement connus et leur chiffre de ventes doit beaucoup à leur carrière internationale.
La musique instrumentale est encore le meilleur moyen pour un musicien français de s'imposer à l'étranger comme l'a démontré Richard Clayderman (22 millions de simples vendus dans 38 pays de son premier succès " Ballade pour Adeline "), même si Sheila a pu démontrer qu'une artiste française pouvait squatter les charts mondiaux à condition de chanter en anglais (v. not. Sheila et B. Devotion).
Vient enfin, pour fermer la marche, l'inusable André Verchuren qui témoigne de l'engouement, surtout français, pour le piano à bretelle. Au moins un que le "piano du pauvre" aura enrichi.
Faute d'avoir pu obtenir les chiffres de ventes, reste quelques absents de marque dans ce classement : Trenet, Piaf, Renaud, Bruel, Souchon, Farmer, Hardy, Dutronc, Gall, Clerc, Sanson, Montand, Becaud, Paradis, Alizée, Mitchell, Balavoine, Cabrel, Obispo Paul Mauriat, Manu Chao, Era, Laurent Garnier, Moustaki. Il n'est pas certain pour autant que leur entrée se serait faite dans les 10 premiers.
Ce classement comporte inévitablement des oublis ou des erreurs. N'hésitez pas à nous les signaler.
1 - ROSSI Tino (50 ans de carrière) 300 millions
2 - DALIDA (30 ans de carrière) 115 millions
3 - MATHIEU Mireille (40 ans de carrière) 100 millions
4 - HALLYDAY Johnny (45 ans de carrière) 100 millions
5 - AZNAVOUR Charles (50 ans de carrière) 100 millions
6 - SARDOU Michel (40 ans de carrière) 90 millions
7 - JARRE Jean-Michel (30 ans de carrière) 80 millions
8 - CLAYDERMAN Richard (30 ans de carrière) 75 millions
9 - SHEILA (45 ans de carrière) 70 millions
10 - VERCHUREN André (60 ans de carrière) 60 millions
(à suivre...)
Vander vs Mike Oldfield : Mike Oldfield
plagiaire ?
Batteur Magazine : Avec "Mekanïk Destruktïw Kommandöh", le groupe était arrivé à une pleine maturité à tout point de vue. Pourtant, "Köhntarkösz", l'album suivant, explorait une voie différente ?
Christian Vander : C'est une triste histoire, mais les choses doivent être dites. Un certain Mike Oldfield a volé ma musique, plus exactement des extraits de Mekanïk et de La Dawotsin. Quand nous avons enregistré "Mekanïk Kommandöh" en 72, lui se préparait à enregistrer "Tubular Bells"*, qui est en fait un extrait de ma musique. C'est une musique que j'ai jouée devant lui en plus, sans même pouvoir imaginer qu'il aurait le culot de la reprendre et se l'attribuer. Quand je suis allé savoir le film "L'Exorciste", tel l'idiot du village, j'ai trouvé que la musique était fantastique. Forcément, puisque c'était ce que j'étais en train de faire. Je n'ai pas fait la relation tout de suite. Jusqu'au jour où on m'a rappelé : Mike Oldfield, c'est le type qui était présent dans le studio quand on a enregistré "Mekanïk Kommandöh"*. Il n'a jamais rien refait dans cet esprit d'ailleurs, puisqu'il n'avait pas la suite, qui est dans Mekanïk. Depuis, nombre de musiques de films ont été composées dans cet esprit, qui est typiquement Magma, et moi-même je ne pouvais plus jouer ma musique sans risquer d'être accusé de plagiat. Ça devenait complètement fou. J'avais composé à l'époque la suite de Mekanïk Kommandöh, mais je me suis senti freiné et j'ai dû partir dans une tout autre direction harmonique, qui était à ce moment un peu au-dessus de mes capacités -- contrairement à "Mekanïk" - ce fut "Köhntarkösz". Interview de Christian Vander, Batteur Magazine n° 83 - Octobre 1995.
* Mike Oldfield était en effet présent lors des sessions de Magma au studio The Manor propriété de Richard Bronson.
* Tubular bells sortira le 25 mai 1973
Koid’9 : K.A. (Köhntarkösz Anteria) n'est pas une nouvelle composition puisque son élaboration date de 1972, soit avant celle de Köhntarkösz.
Christian Vander : Oui. Pour l'anecdote, un jeune homme du nom de Mike Oldfield assistait à nos séances d'enregistrement de "Mekanik destruktiw kommandoh" (MDK), en 1972. On répétait l'après midi et on jouait "la dawotsin". Ce jeune homme inconnu à l'époque écoutait avec attention et intérêt l'introduction de "la dawotsin". Et quand plus tard je suis allé au cinéma en Angleterre pour voir le film "L'exorciste", qui venait de sortir, ma surprise a été grande lorsqu'avec le fameux tube planétaire "tubular bells" ce sont les premières mesures quasiment copie conforme de "la dawotsin" qui ont résonné ! Du coup nous avons été obligés de nous réorienter et "K.A." a été remisé dans les cartons. Entre temps, j'avais aussi trouvé les accords de ce qui allait devenir "Köhntarkösz" et j'ai plutôt poursuivi dans cette voie. Ce n'est qu'en 93-94 que j'ai exhumé ces bandes et les ai faites écouter à des amis musiciens (…) Koid’9 n° 52 – Janvier 2005
"La dawotsin" ne sortira qu’en 1980 sur un magnifique disque concert (Magma, Retrospectiw vol. 3)
Tubular bells est lui disponible depuis 1973.
Les disques existant, chacun peut dès lors se faire une idée sur l’emprunt ou non effectué par Mike Oldfield.
Pour retrouver l’intégralité de chacune des deux interviews v. : http://ddesassis.free.fr/magma/index2.htm http://ddesassis.free.fr/magma/textes/2005/koid9.htm
(Ce site est une véritable bible pour l’amateur de Magma, il faut saluer le travail titanesque effectué par son Webmaster)
Dès lors, à force de chercher ils trouvèrent et en torturant les enregistrements les coïncidences sonores furent légion. Ainsi en écoutant à l’envers « Break on through (to the other side) » des Doors paru en 1967, certains entendirent la phrase « I’m satan ».
Avec 1968 et la libéralisation des mœurs, chacun n’hésita pas à brocarder tous les signes religieux et le rock stigmatisa ce mouvement. Ainsi en 1971 les Aphrodite’s child, issus pourtant de la très orthodoxe Grèce, ornèrent leur pochette du chiffre du malin (666) et un groupe de hard rock choisi comme dénomination Messe noire (Black sabbath).
La décennie 70, avec l’arrivée des groupes de Hard rock, Heavy metal, Death metal etc., donnaient un coup d’accélérateur à l’usage de la symbolique satanique, signe ô combien évident pour les pourfendeurs du rock que le mouvement de corruption de la jeunesse était bien entamé et bientôt irréversible. Plus tard, l’arrivée du rock satanique devait les conforter dans leur opinion. Même les sages Eagles firent les frais de cette chasse au Malin. Les anti-rock découvrirent des messages louant Satan dans leur succès planétaire « Hotel california » paru en 1976. « And I was thinking to myself, this could be heaven or this could be hell. Then she lit up a candle, and she showed me the way. There were voices down the corridor, I thought I heard them say... » (« Et j'ai pensé à moi-même, ceci peut être le paradis ou l'enfer. Puis elle a allumé une bougie, et elle m'a montré le chemin. Il y avait des voix dans le hall, j'ai pensé que j'ai les entendu dire... » ) devenait à l’envers: « Yeah Satan, oh he organized his own religion. Yeah, we know he should. Oh, it was delicious. He cooks them in a vat he fixes for his son which he gives away », c’est-à-dire : « Oui, le diable, oh, il a organisé sa propre religion. Ouais, nous savons qu'il doit. Oh, elle était délicieuse. Il les cuisine dans un chaudron qu'il répare pour son fils qu'il vend. »La mort de Paul McCartney
Pour ceux qui l'ignorent, Paul McCartney est mort. Trop tard pour pleurer car le funeste événement remonte à l'année 1966, lorsque le célèbre musicien s'est tué au volant de son Aston Martin.
Les Beatles, alors au plus haut de
leur popularité, décident de cacher la nouvelle, engagent un sosie et font en sorte que personne ne se rende compte de rien. Cependant, afin d'avertir les plus perspicaces, ils vont essaimer leur
discographie de messages confirmant la terrible nouvelle. Nous vous proposons l'étude de ces principaux "signes".
Les affaires sérieuses commencent véritablement avec la sortie
du 45 tours double face A « Penny Lane » / « Strawberry fields for ever ». A la fin de cette dernière, John Lennon d'une voix gutturale annonce clairement :
« I buried Paul » (j'ai enterré Paul).
L'autre événément qui ne trompe pas c'est la décision prise d'arrêter les tournées car vraisemblablement le sosie n'est ni encore un bon chanteur, ni un bon musicien. Sans oublier que c'est à cette époque, que McCartney se sépare de son éternelle fiancée, l'actrice Jane Asher. On comprendra aisément qu'elle n'ait pas voulu continuer à vivre avec le remplaçant de Paulo. Il se chuchote même qu'elle aurait reçu une forte somme pour prix de son silence.
Les signes se multiplient sur l'album Sergent Pepper's Lonely Hearts Club Band
- Pourquoi diable Paul est-il le seul Beatles à figurer de dos sur la pochette intérieure?
- Et cette main au-dessus de sa tête sur le recto de la pochette ? N'est-ce pas la bénédiction faite aux morts ?
- Pourquoi Macca porte-t-il un
écusson noir « OPD » qui ne peut qu'évoquer le sigle Officially
Pronounced Dead, désignant les soldats disparus ?
- Observez de plus près la grosse caisse au centre de cette pochette : si vous tenez un miroir au milieu des mots "LONELY HEARTS" apparaîtra "IONEIX HE<>DIE", soit "I ONE IX HE
<> DIE". Cette image suggèrerait la date (11-9, ou 9 novembre 1966) à laquelle Paul serait mort.
- Pourquoi, au premier plan y a-t-il une tombe recouverte de fleurs représentant une basse, ou un P (à vous de choisir) ?
Les avertissements sont encore plus évidents dans le film Magical mystery tour sorti en 1967 :
- Comment se fait-il que dans « I'm the walrus » Paul porte sa montre au poignet droit
alors qu'il est gaucher ? Erreur grossière ou message caché réservé aux plus perspicaces ?
- Et pourquoi est-il inscrit sur le bureau derrière lequel est assis McCartney : « I was » c'est-à-dire « J'étais » ?
Paru en 1968, le double blanc apporte également son lot d'indices. Cette fois, tout y est plus explicite.
- Sur « I'm so tired » Lennon au biais d'une bande passée à l'envers déclare « Paul is dead, miss him, miss him, miss him? » (« Paul est mort, il me manque, il me manque, il me manque ») (pour écouter
cet extrait se rendre là)
- Et cette photo lugubre contenue dans la pochette intérieure du Double blanc n'est-elle pas en
soi explicite ?
- Des preuves sont encore fournies dans le titre « Glass onion » : Lennon chante "Well here's another clue for you all/The walrus was Paul."
Pour ceux qui n'auraient toujours pas compris, les Beatles
décident d'être encore plus explicites sur Abbey road au risque d'être redondants. Cette pochette est tout simplement un faire-part de décès. Et les partisans de cette thèse s'emploieront à le démontrer :
- Ringo est habillé en noir, couleur du deuil en occident. Il représente le croque-mort.
- George Harrison est en jean car c'est le vêtement des travailleurs, il est donc le fossoyeur.
- John Lennon tout de blanc vêtu porte la couleur du deuil dans les pays orientaux.
- Paul est le seul pied-nu : c'est ainsi que l'on enterre les morts dans certains pays. De plus il tient sa cigarette de la main droite alors qu'il est gaucher !
- Sans oublier que ces quatre individus traversent la rue de l'Abbaye... sans doute pour l'accompagner dans sa dernière demeure (et le mur au dos de la pochette ne
peut qu'être celui d'un cimetière)
- Le véhicule sur la droite de la pochette est le corbillard
- La coccinelle sur la droite est immatriculée LMW 28 IF
L = living
M = McCartney
W = was
IF = si
Ce qui signifie que « McCartney aurait eu 28 ans s'il avait été vivant ».
C
Q
F
D
Après tous ces signes patents vous n'êtes toujours pas convaincu de la mort de
l'ex-fab four ? Remettriez-vous la parole de Lennon en doute lorsqu'il affirmait sur la chanson "How do you sleep ?" en 1971 "Those freaks
was right when they said, you was dead" ("Ces fanatiques avaient raison quand ils ont dit que tu étais mort")
Le sosie lui-même s'est permis - il faut dire que depuis la mort du vrai McCartney, le faux a mené une carrière plus
qu'honorable - de faire un clin d'oeil plutôt déplacé à toute cette histoire en intitulant son album concert Paul is live (Paul est vivant)
!
- Comme d'habitude (C. François / J. Revaux / G. Thibaut)
- Aïcha (J-J. Goldman / Cheb Khaled / E. Benzi)
- Les feuilles mortes (J. Kosma / J. Prévert)
- Boléro (M. Ravel)
- Roméo et Juliette Opus 64 (S. Prokofieff)
- La vie en rose (Louiguy / E. Piaf)
- Born to be alive (P. Hernandez)
- Tableaux d'une exposition (M. Ravel / arrangement pour orchestre de l'oeuvre de M. Moussorgsky)
- Moi Lolita (L. Boutonnat / M. Farmer)
A la lecture de ce classement, constitué principalement de chansons récentes, il apparaît que la musique française n’a rien perdu de son dynamisme.
Pour mémoire nous rappelerons que la chanson la moins vieille dans ce Palmarès date de 2000 (« Moi Lolita » interprétée par Alizée) suivi de « Aïcha » créée par Cheb Khaled en 1996 et « Désenchantée » (1991). Ensuite, on bascule directement à la fin des années disco avec l’inépuisable « Born to be alive » (1979).
Puis, le classement revient aux valeurs sûres avec des morceaux repris aux quatre coins du monde dont « Comme d’habitude » qui dans ses habits américains taillés par Paul Anka n’en finit pas d’être repris à toutes les sauces, idem pour « Les feuilles mortes » adaptée par Johnny Mercer en 1949 et devenu depuis un standard du jazz. La situation est sensiblement la même pour « La vie en rose » de Piaf qui peut d’ailleurs être entendue dans le dernier James Bond, Casino Royal sorti fin 2006, signe patent de la vitalité de la chanson française dans le monde.
Enfin, le classement fait la part belle à la musique classique, Ravel fait aussi fort que le duo Boutonnat / Farmer en plaçant deux titres dans ce hit-parade (avec son redoutable « Boléro » et son orchestration effectuée en 1922 des Tableaux d'une exposition œuvre pour piano écrite par Moussorgsky en 1874). La véritable interrogation soulevée par ce classement concerne la présence d’un compositeur russe (Prokofieff) parmi tous ces français. Si quelqu’un peut éclairer notre lanterne…
(NB : Ce classement est tiré du très officiel classement effectué par la SACEM et disponible sur son site internet)
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