L’écoute d’une station de radio pendant plus d’une heure et demi, lundi dernier, nous a plongé dans une abyssale interrogation : comment diable se fait-il qu’au 21e siècle les horoscopes aient encore leur place à la radio ? La question mérite d’être posée. Quand on sait le prix d’une minute d’antenne, le maintien d’un horoscope dans la grille des programmes a de quoi étonner. Sans compter le coût engendré pour l’élaboration de ces pronostics hasardeux dont la radio doit s’acquitter.
Il faut croire qu’il existe un public pour ce genre de foutaises pseudo-scientifiques. Certains esprits chagrins objecteront que l’horoscope, s’il n’apporte rien, est à tout le moins distrayant et que cette distraction ne fait de mal à personnes. Mais a-t-on jamais cherché à mesurer les conséquences néfastes des horoscopes sur les personnes les plus crédules et les plus fragiles ? Car il doit bien y avoir des individus qui écoutent scrupuleusement ces fadaises et qui organisent leur journée en fonction des prophéties débitées par ces pythies de l’ère radiophonique. Quand on voit le nombre de français ayant recours exceptionnellement ou habituellement aux conseils d’une voyante, le contraire serait étonnant !
Face au caractère suranné, voire ringard, des horoscopes, nous proposons aux radios un programme original qui viendrait avantageusement remplacer l’horoscope : la réhabilitation des Augures. À Rome, ils étaient chargés de prédire l’avenir en observant certains signes, dont le vol des oiseaux. Notre pays, qui s’est abondamment servi dans l’héritage de la civilisation Romaine, a étonnement laissé de côté les Augures. Il est temps de réparer cette erreur.
À l’heure de la grippe aviaire, nous ne doutons pas que cette proposition rencontre un écho favorable chez bon nombre de directeurs d’antennes. D’autant plus que l’observation des cygnes avait, il y a quelques semaines, le vent en poupe, ce qui est – reconnaissons-le – un excellent présage pour notre projet.
Cette évolution permettrait aux radios de joindre l’utile à " l’agréable ", en conjuguant divertissement et veille sanitaire, ce qui en terme d’image n’est jamais néfaste.
Vu dans le journal officiel du 12 avril 2006 : Arrêté du 22 mars 2006 relatif à l’aide incitative à l’agriculture raisonnée. Par un raisonnement a contrario faut-il en conclure que l’agriculture ne se soumettant pas aux normes de l’agriculture raisonnée est irraisonnée, c'est-à-dire, échappant à la raison, à toute logique, bref irrationnelle ?
Alors que penser de ceux qui l’ont recommandé et de ceux qui la pratiquent: sont-ce des insanes ?
Années 80 : Que sont mes chanteurs devenus, que j’avais de si près tenus…
À scruter les ondes à s’en saigner les oreilles, il faut malheureusement convenir qu’aujourd’hui tout fout le camp et notamment la qualité musicale. Et nous ne pouvons qu’avoir une pensée émue pour tous ces jeunes qui n’ont pas connu les heures glorieuses de la musique où la verve des paroliers se trouvait mêlée au génie mélodique de compositeurs inspirés, ce fabuleux " Monde d’hier " que furent les " années 80 " et dont nous devons par devoir de mémoire leur conter l’épopée.
Les années 80, plus communément appelées " les eighties " par les fins lettrés de l’univers pop, furent une période musicale heureuse et lumineuse. Le transistor était en perpétuelle fête, et les tourne-disques n’en finissaient pas de faire leurs quarante-cinq tours. La galette noire, pas encore détrônée par le roi CD, se portait plutôt bien et jamais au grand jamais nous n’aurions eu l’idée de pirater la musique. Il faut dire que nous avions à cette époque bien trop de respect pour nos artistes qui nous le rendaient bien.
L’URSS prenait ses aises en Afghanistan, le Liban s’entredéchirait pour des raisons qui nous dépassaient (et pourtant nous n’étions pas très grand à l’époque, c’est tout dire) mais nous vivions dans un monde idyllique, loin des tracas du MP3, de l’Internet et des batteries de portables qui se déchargent toujours quand on en a besoin. Nous n’étions pas encore " aware ", tout juste " has been ", et le fin du fin était d’être " too much ".
Quand il nous arrive de reparler de cette décennie dorée avec d’autres vétérans, le terme authenticité s’impose avec évidence.
À l’époque, où communiquer avec deux pots de yaourts reliés par une ficelle relevait d’une véritable prouesse technique pour les presqu’ados que nous étions, se tramait une révolution technologique que nous ne soupçonnions pas et dont nous allions percevoir les premiers soubresauts au travers des ondes qui se faisaient tout à la fois libre et FM. En ce temps là, nous n’avions qu’une vision parcellaire et partielle de la décennie formidable dont nous étions à la fois les acteurs et les témoins, mais confusément nous sentions sous nos pas la marche de l’histoire s’accomplir et nos épaules frêles s’inclinaient légèrement sous le poids de la responsabilité qui nous incombait. La nuit il nous arrivait de nous réveiller, dodelinant de la tête, cillant à plusieurs reprise sous le choc de l’événement, n’en revenant pas d’avoir la chance extraordinaire de vivre un tournant de l’Humanité.
La vision syncrétique de l’Univers eighties, permet aujourd’hui de s’apercevoir que ce sentiment d’importance était réalité. Il est désormais possible de dresser le constat de cette décennie abracadabrantesque où la chanson fut portée au pinacle par quelques fous chantant animés de leur seule foi dans une musique généreuse et dansante loin de toute contingence commerciale ou marketing.
Les eighties se caractérisaient avant tout par une éthique du son, dont le symbole et la figure de proue résidait dans l’utilisation raisonnée et raisonnable du synthétiseur. Début 80, une tabula rasa était opérée. Abolis bibelots d’inanité sonore : batterie, basses et autres instruments acoustiques étaient mis au tas. L’ère bénie du tout synthétique s’ouvrait, où chacun face aux possibilités incommensurables de la machine pouvait enfin s’extirper des sonorités convenues pour créer son propre son. Et chacun y allait de sa petite cuisine pour inventer son climat et devenir le maître d’œuvre de son propre jeu d’artifice sonore.
Phil Spector prenait alors chaque jour un sacré coup de vieux et se trouvait ringardisé à jamais devant les prouesses de ces nouveaux sorciers du son. On avait jamais entendu son de basse si sautillant et si " juste " que sur " Les musiques noires " de Thierry Pastor, ni groove plus trépidant que sur " Les démons de minuit " des défunts Images. Et nous n’en revenions pas que certains des plus brillants initiateurs de ce mouvement fussent français.
Les boîtes à rythmes remplaçaient avantageusement les batteurs, en étant les gardiennes d’une frappe métronomique seule capable d’éviter la subjectivité émotionnelle d’un drummer de sessions. Les bases rythmiques devenaient le terrain d’une lutte acharnée pour le triomphe de l’originalité, et chacun redoublait d’effort pour prendre une longueur d’avance dans la conquête du son. L’heure était à l’audace et à la témérité. La rigueur était enfin de rigueur mais la fantaisie n’était pourtant pas absente (en témoigne JJ Lionel). La chanson savait être populaire sans être facile (Licence IV, Pit & Ric n’auraient aujourd’hui plus leur place tant les paroles des chansons ont été reléguées au second plan). Tout était permis, et les tenants du " no limits " pouvaient enfin s’exprimer librement. Le néo-romantisme tenait enfin ses hérauts avec Tenue de soirée, talonné de près par David & Jonathan, tous deux marchants sur les traces des mythiques Peter & Sloane. Les divas du dancing se donnaient rendez-vous sur la modulation de fréquence. La simple évocation de Jackie Quartz, Rose Laurens ou Julie Piétri suffit à nous replonger dans le même contentement béat où nous propulsaient leurs récitals d’antan. Aucun courant musical n’était proscrit en témoigne la vague du néo-rockabilly dont les plus grands représentants s’appelaient Jesse Garon, les Forbans ou bien encore le talentueux Billy (qui n’eut malheureusement pas la carrière qu’il méritait).
Mais la musique savait être également radicale avec des groupes tels qu’Indochine aux paroles presque aussi limpides qu’un Haïku de Kyoshi Takahama, ou encore les Avions dont la musique nous faisait planer. Ces groupes savaient exprimer le désœuvrement, la révolte et la colère d’une partie de la jeunesse sans jamais toutefois franchir les limites de la bienséance.
La France pouvait donc s’enorgueillir de régner sur le monde de la pop, même si dans le domaine des groupes la confusion était totale. Les Communards étaient britanniques et les brillants Gold français, le rouge monarchique et les ors républicains se trouvaient mêlés, quand, dans le même temps, l’ambiance swingin’ London s’était invitée à Paris, ville bercée dans un son et lumière permanent. De mémoire d’hommes on avait jamais connu période si faste. Chaque jour apportait son lot de nouveaux talents et l’on ne compte plus ces artistes arrivés à éclosion avant même le printemps. Le monde se donnait rendez-vous dans les émission de la bande FM : ainsi sans sectarisme l’Autriche de Falco (" Der Komissar ") côtoyait tout doucement le Ghana de Bibie sans que personne n’y trouve rien à redire.
Les chanteurs n’étaient pas de sombres idiots dégotés pour leur physique mais de fins lettrés. Les noms de groupes se puisaient chez Godard (Alphaville) et on rendait sans cesse hommages au répertoire classique : Beethoven (" Midnight blue " de Louise Tucker), Henry Purcell (" Cold song " de Klaus Nomi), Chopin (" Lemon incest " de Charlotte Gainsbourg) étaient à l’honneur et faisaient une entrée remarquée sur la scène pop. Eh dieu, qu’ils avaient belle allure parés de leurs nouvelles orchestrations taillées sur mesure !
Dans ce maelström de musique, les paroles ne s’en trouvaient pas sacrifiées, bien au contraire ! Après les calamiteuses années disco, les eighties marquaient le grand retour des chansons à texte. Un vent de liberté soufflait sur les plaines de France, et certains ne se gênaient pas pour poser de vraies questions et mettre les pouvoirs publics en face de leurs responsabilités : que deviennent les valses de Vienne, s’interrogeait inquiet Feldman, quand d’autres voulaient savoir si nous venions pour les vacances ? Le quotidien si souvent oublié trouvait sa place dans la variété dansante. Ainsi les mythiques Kazero dans leur extraordinaire " Thaï na na " réinsufflait un peu de civisme en remettant à l’honneur le rôle du paillasson (" Comme ça j’aurai pas à repasser derrière vous… mais oui, mais oui Madame "). Cette génération spontanée avec à leur tête notamment Partenaire particulier signaient des textes que Roland Barthes n’aurait pas désavoués tant cette génération semblait s’être nourrie de son Degré zéro de l’écriture.
Les dinosaures de la variété, trop vieux pour s’adapter, auraient été bien inspirés de suivre l’exemple de Lennon et commanditer leur propre assassinat pour éviter l’humiliation dont ils allaient faire les frais en décrochant totalement face à cet afflux de sang neuf. Pourtant, certains, bien conscients du risque d’être ringardisés, prenaient brillamment le train en marche alignant succès sur succès avec des chansons époustouflantes. C’est le cas du sémillant Michel " Connemara " Sardou qui, avec son sens de la mesure et le talent qu’on lui connaît, prenait à bras le corps les problèmes contemporains (les guerres de religion, le rôle des femmes, le bac G, etc.) pour les transformer en excitants pour dancefloor. D’autres profitaient de l’occasion pour remonter la pente et faire montre de leur immense talent passé sous l’étouffoir des années 70 : à ce titre la démarche artistique suivie par Herbert Léonard est exemplaire. Remonté sur les planches " Pour le plaisir ", il finit les eighties sur les chapeaux de rut en véritable bombe sexuelle sadienne (" Sur des musiques érotiques ", " Tu ne pourras plus jamais m’oublier ", " Laissez-nous rêver ", etc.).
Même Gilbert Montagné, perdu de vue depuis son " The fool " à l’orée des années soixante-dix, mettait le feu aux pistes avec ses tubes animés d’une je-ne-sais-trop-quelle force aveugle (v. not. le démentiel " On va s’aimer ").
C’était une époque bénie des dieux : on prenait des tickets en partance pour des voyages décoiffants avec Desireless, François Valéry magnifiait " à la française " la rythmique de " Billie Jean " pour son " Elle danse, Marie elle danse ", envoyant définitivement dans les cordes le pauvre Jackson. Même les rescapés de l’ère punk se trouvaient sommés de se convertir ou de périr (v. Elli Medeiros, Tristan, etc.).
Le sens du progrès était perceptible et nous devenions tous d’un coup des fervents hégéliens. Mais n’allez pas croire que tout fut rose durant ces années. Le coup de semonce avait été tiré un soir de juillet 1982 à Séville où les Allemands nous firent payer cher l’Alsace et la Lorraine (qu’on aurait bien donnés pour une place en finale soit dit en passant, il suffisait simplement de le demander gentiment). Mais nous n’y avions guère prêté attention et nous avions tort. Après les décès de Balavoine et de Dalida, il était clair que les années 80 s’en iraient avant l’arrivée des années quatre-vingt-dix. Et pour une fois nous avions raison.
Dès lors, s’opéra un grand retour en arrière, tous ceux qui avaient adoré les années 80 prirent un air affecté de dédain dès qu’un Rubik’s cube était dégainé. Dans un surprenant retournement, les eighties eurent désormais mauvaise presse. Les foules abêties réclamèrent à grand cri le retour à la tradition. Le progrès technique chèrement acquis durant presque une décennie fut voué à disparaître. La bêtise était en marche et c’est peu dire que le progrès ne pesait guère lourd devant ce rouleau compresseur. L’ère du tout synthé commença à décliner. Les musiciens regagnèrent les studios, les instruments acoustiques furent ressortit de leurs étuis et la marche du progrès triomphant stoppa nette. Les esthètes du son assistèrent impuissants à ce formidable retour en arrière, combat d’arrière-garde des Anciens contre les Modernes, c'est-à-dire de la Réaction contre les forces progressistes. Si un mouvement musical fut résolument moderne et social ce fut bien le courant des années 80. Il ne faut donc pas s’étonner que cette période soit systématiquement foulée du pied ou simplement ignorée par les tenants de l’ordre nouveau qui n’est jamais que le retour de l’ancien.
Aujourd’hui les années 80 sont loin, ce vent de liberté qui souffla sur le monde et déracina le mur de Berlin est tombé. Le vague à l’âme saisit le cœur des rescapés des rêves échoués quand musique rimait avec créativité, liberté et imagination. Au seuil de nos nuits illuminées, dans un demi-sommeil magnétique, nous nous surprenons parfois à penser que les eighties ne sont pas encore tout à fait mortes et qu’il suffirait d’une étincelle pour que d’un coup tout reprenne.
Imaginez un soir de gala à Las Vegas, lorsque sous les feux des projecteurs se présenteraient resplendissant dans leurs habits de lumière les " Four François ", combo magnifique constitué de François Feldman, François Valéry, Frédéric François et Jean-Pierre François. Avouez que ça aurait d’la gueule ! !
Tout ça pour ça !
Il faudra bien un jour, si l’on souhaite réconcilier les abstentionnistes avec la démocratie, et ramener à la raison les électeurs partis chez les extrèmes que cessent les élections pour convenances personnelles.
Dernier exemple en date, les élections municipales tenues dimanche dernier à Bordeaux. Un bref rappel des faits s’impose : maire de Bordeaux depuis 1995, Juppé a été contraint de quitter son poste à la suite de sa condamnation à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.
Ce jeune retraité de la fonction publique – alors même qu’il n’a de cesse que de vouloir que les français travaillent plus longtemps – a décidé alors d’occuper son temps libre en donnant des cours sur la mondialisation à l’École nationale d'administration publique de Montréal dans l’attente que sa peine d’inéligibilité prenne fin. Puis de retour au bercail après un an d’errance Québécoise, le brave Alain a décidé de retrouver tous ses mandats.
D’un claquement de doigt il a obtenu que la majorité municipale présente sa démission collective pour provoquer de nouvelles élections. Et tout cela dans le seul but que le délinquant repenti retrouve son fauteuil de maire.
Un homme soucieux du bien public plus que de son intérêt personnel ne se permettrait pas ainsi de dilapider les finances publiques car la plaisanterie à un coût : l’organisation des élections est estimée entre 250 000 et 350 000 euros. Mais Juppé s’en fout comme en atteste l’article intitulé " Parlons chiffres mais parlons-en vraiment " figurant sur le site officiel de la campagne de Juppé http://www.juppe-bordeauxacoeur.com. Dans cet article, on apprend que " En réalité, [les élections] ne coûteront rien aux contribuables Bordelais " et après une démonstration héroïque il est indiqué que : " … les seuls coûts effectifs de cette campagne sont supportés par l’Etat, c'est-à-dire par l’ensemble des contribuables français, cela comme pour des dizaines d’élections partielles chaque année ; c’est le coût de la démocratie ".
Bel exemple de civisme : ça ne coûte rien à la commune (ce qui entre nous reste à prouver) car c’est l’État qui paye donc allons-y gaiement ! Sauf que dans cette belle démonstration, ils oublient de préciser qu’en définitive ce sont les contribuables français qui devront s’acquitter de l’addition engendrée par la volonté d’un homme de retrouver ses mandats après avoir été condamné par la Justice. Ce doit être ça l’externalisation des coûts !
Les Bordelais pas rancuniers pour un sou, lui ont rendu son trône aux termes d’une élection où le score important n’était pas celui de l’UMP mais celui des abstentionnistes (près de 56 % d’électeurs ne se sont pas déplacés).
Reste que le véritable coût de ces élections, c’est l’augmentation de la défiance des citoyens envers la démocratie sans d’ailleurs qu’aucun homme politique ne s’en soucie.
Le taux de participation de 44,1 % ne semble étonner personne. A ce titre les propos de Juppé sur cette élection sont éloquents : "C'est une belle victoire, le taux de participation pour une élection partielle est inespéré. Il s'agit d'un score net, un formidable encouragement, nous avons mouillé la chemise mais le résultat est au rendez-vous" (Le Monde)
Traduction : Juppé savait que le taux de participation serait très faible, mais il n’en a cure, l’essentiel c’est le résultat : retrouver son fauteuil de maire jusqu’en 2008, date à laquelle, les Bordelais comme l’ensemble des français seront appelés à renouveler leurs élus municipaux.
Étrange conception de la démocratie lorsqu’elle est uniquement utilisée à des fins personnelles… oui vraiment étrange !
Une envie de dépaysement ? Nous vous conseillons d'aller vous promener sur le site officiel de la Corée du Nord : c'est un peu comme une balade effectuée dans un pays du temps jadis. Cela aurait le charme désuet des vieilles chromos de livres d'histoires oubliés, si ce n'était que ce pays existe et qu'il est entre les mains d'un dictateur de la plus belle espèce – Kim Jong Il : sorte de monarque du socialisme ayant succédé à son père - faisant supporter au malheureux peuple coréens les pires brimades.
Entre les "célèbres maximes de Kim jong-il" - c'est-à-dire de l'ancien dirigeant de la République populaire de Corée et père de l'actuel dictateur (« Seuls ceux qui ont connu à leurs dépens la valeur de leur patrie, sont capables de donner sans hésitation leur jeunesse et leur vie pour elle. ») et un rappel des tâches et de l'objectif de l'Etat ("Le système social mis en place en RPDC est axé sur l'homme: les masses laborieuses y sont maîtres de tout et tout est destiné à leur service* (…°) Le gouvernement de la République et le peuple coréen, sous la direction du Parti du Travail de Corée, honoreront éternellement Kim Il Sung comme Président éternel de la RPDC*, défendront et développeront ses idées et ses réalisations pour achever l'œuvre révolutionnaire Juche.") le site rappel les grandes oeuvres du régime et ses objectifs maniant avec un sens aiguë les admonestations comminatoires.
Ci-dessous, nous joignons un extrait d'un communiqué en date du 20 novembre 2006, trouvé sur le site officiel de la Corée du Nord et qui en donne la tonalité !
« Les forces belliqueuses sud-coréennes doivent renoncer à agir inconsidérément
Le secrétariat du Comité pour la réunification pacifique de la patrie a publié le 18 novembre une déclaration relative à ce que les soi-disant « professeurs » de l’école militaire de l’armée de l’air sud-coréenne avaient poussé leur culot jusqu’à parler d’une attaque préventive contre notre République lors d’un quelconque « symposium international sur les forces aériennes » tenu sous les auspices communs de l’«Institut de recherche de la gestion » de l’Université Yonsé de Corée du Sud et de l’Institut Land des Etats-Unis.
Faisant remarquer que leurs paroles étaient très dangereuses étant propres à faire éclater une guerre nucléaire dans la péninsule coréenne* à l’appui des sanctions et pressions et des manœuvres de guerre des Etats-Unis contre notre République, la déclaration a affirmé que comme nous l’avons déjà dit, nos forces de dissuasion nucléaire étaient un bouclier au service de la paix face aux sanctions et à la menace nucléaire US contre notre République et nullement destinées à viser la Corée du Sud. (...)
Et de continuer :
L’« attaque préventive contre le Nord » est le synonyme de la provocation d’une guerre nucléaire.
Les forces belliqueuses sud-coréennes qui servent de valets à la guerre nucléaire américaine doivent savoir clairement qu’elles ne pourront éluder en aucune façon la défaite ignominieuse et cuisante de même que leurs maîtres devant notre riposte juste et impitoyable*".
*C'est nous qui soulignons
Pour aller plus loin sur la Corée du Nord, on peut lire :
- Guy Delisle, Pyongyang (L'Association, 176 p.)
Excellente BD sur la vie d’un « touriste » occidental en Corée du Nord et qui relève bien les absurdité du régime coréen ainsi que l’enfer vécu par la population de ce pays).
- Jasper Becker – La famine en Corée du Nord 1998 : un peuple meurt (1998, éd. L’esprit frappeur)
Malgré le caractère ouvertement daté du bouquin, sa lecture reste intéressante pour tout ce qu’elle apprend sur ce pays : les travailleurs suivent deux heures d’endoctrinement chaque matin avant le travail et une heure le soir après le travail. Le dictateur a fait construire en plein marasme économique un stade de 200 000 places quasiment jamais utilisé, la nuit on entend dans les rues des villes la musique des orchestres qui accompagne les travailleurs à l’usine, etc. Pauvre peuple Coréen soumis au joug d’un des totalitarismes les plus véhément et véritablement enfermé dans le pays le plus verrouillé au monde, où la population est la plus surveillée et qui a eu, comme le rappelle cet ouvrage, le privilège rare de crever de faim (la famine fut telle que l’ouvrage rapporte des faits de cannibalisme dont la véracité est plus que vraisemblable).
Références de l'article cité :
http://www.kcckp.net/fr/news/news_view.php?19+101
Site de la République populaire démocratique de Corée :
Cinq titres pour un artiste : aujourd’hui Paul McCartney
Un choix de cinq titres connus ou moins connus, pittoresques voire énigmatiques, pour découvrir un autre aspect d’un artiste. Un choix partial et contestable alors n’hésitez pas à affirmer votre mécontentement et votre choix en proposant votre propre sélection !
- « Every night » (McCartney, 1970) : Paulo tout seul comme un grand à tous les instruments, de surcroît en pleine forme vocale : simplicité superbement émouvante : believe me Mama !
- « Dear friend » (Wings wild life, 1972) : tempo bancal, pour une chanson offrant la paix des braves à Lennon. Ambiance feutrée pour une confession déchirante lorsque montent les violons.
- « With a little luck » (London town, 1977) : Macca avec force synthé aux sons délicieusement surannés, une partie de basse comme souvent inventive et une voix incroyablement présente.
- « Keep under cover » (Pipes of peace, 1982) : le revoilà pour un titre alternant doucereuse mélancolie et swingue majeur. En d’autres temps, ce titre aurait figuré sur Abbey road et la critique l’aurait trouvé génial !
- « Beware my love » (Wings at the speed of sound, 1974) : souvent médiocre dans les rocks classiques, Macca sait parfois être efficace lorsqu’il joue les gros bras comme sur ce titre. Incroyable interprétation vocale bien rock, rauque et rogue dans une posture assumée de rodomont phallocrate !
Voyage au bout de l’enfer : j’ai parlé avec un Sarkozyste !
Parler avec « un homme de droite » est une expérience saisissante qu’il faut avoir vécu au moins une fois pour se rendre compte de l’insondable bêtise qui anime cet animal politique très particulier qu’est le Sarkozyste. Loin du militant de base, son vote se veut le reflet d’un choix posé, programme contre programme, d’une réflexion profonde sur la société, les rouages de l’être humain.
Avertisssement : Si cher lecteur, il te venait l’envie de te lancer dans cette expérience no-limit sache qu’un minimum de précautions doivent être prises : de préférence choisir une pièce en rez-de-chaussée (pour éviter toute tentation de défenestration), qui plus est avec du public (afin de ne pas céder à une violence certes légitime mais inutile) car sache ami qu’il te sera difficile de ne pas céder à l’emportement, d’être saisi d’une envie soudaine d’ouvrir une fenêtre pour t’aérer un peu le cerveau devant cette succession de pensée néo-libérale pré-mâchée labellisée TF1 et répétée mécaniquement avec cet air d’argumenter que l’électeur de droite partage avec les aras aux couleurs chatoyantes : tout en devanture et rien dans la tronche ! Le Sarkozyste est une sorte de mécanique réflexive plaquée sur du vivant ! (Claude Bergson : aucun rapport même éloigné avec son homonyme)
Florilège d’un dialogue instructif…
Lorsqu’on interroge le Sarkozyste sur son choix à la présidentiel, il nous indique que « la Ségolène » était incompétente et qu’il n’y avait aucune alternative au vote Sarkozyste. Et si l’on ose avancer le nom de Bayrou, pourtant centriste de droite, le Sarkozyste dit sa haine du centrisme : « qu’est-ce qu’être au centre ? C’est être nulle-part en vérité » nous assène-t-il avec une énergie qui fait plaisir à voir.
Le Sarkozyste bon teint roule généralement en 4x4 et s’il n’en a pas les moyens, c’est tout du moins ce qu’il aimerait faire s’il le pouvait – sans doute espère-t-il que son Président du pouvoir d’achat lui donnera l’occasion de s’acheter le véhicule de ses rêves en travaillant plus.
Le Sarkozyste aime le clinquant et le voyant, il porte à son poignet, à l’image de son idole, une grosse Breitling ou s’il se veut plus discret une montre Cartier afin de bien faire ressentir à son interlocuteur qu’il a réussi dans la vie.
Le Sarkozyste scolarise ses enfants dans le privé pour ne pas que sa progéniture soit mise en contact avec la canaille prolétaire qui hante les établissements publics. D’ailleurs il nous affirme que « l’enseignement dans le privé est meilleur que celui du public » et qu’il a « lui-même constaté que les enseignants étaient toujours en grève dans le public » (l’engeance communiste est partout !)
Interrogé sur l’augmentation éhonté des émoluments de son César de pacotille (200 % d’augmentation), le Sarkozyste défend bec et ongle son Président en indiquant qu’il travaille plus que son prédécesseur et qu’il est donc normal, à ce titre, qu’il gagne plus (toujours l’antienne : travailler plus pour gagner plus !)
Nous l’interrogeons sur cette fameuse culture du résultat et lui indiquons qu’à notre avis avant de réclamer une augmentation de salaire, encore faut-il pouvoir présenter des résultats constatables par tous. A cet argument le Sarkozyste reste stoïque. Mais il avance qu’il connaît ce genre d’homme, prompt à l’action, « un arriviste certes, pas forcément très honnête non plus », mais seul capable de faire bouger les choses et dans le bon sens afin d’effectuer les réformes dont la France a besoin. Nous pensons avancer le terme « d’homme providentiel » mais nous ravisons au dernier moment…
Lorsqu’on ose lui dire que ce n’est pas parce que son président est sur tous les fronts, et parce qu’on le voit beaucoup s’agiter sur nos écrans TV qu’il traite en profondeur les problèmes, le Sarkozyste nous tance de bien vouloir être un peu patient car d’ici peu « les premiers impacts de sa politique apparaîtront ».
Concernant le social : le Sarkozyste n’est pas contre la justice sociale mais à la condition que ce ne soit « pas toujours les mêmes qui payent » car il me fait remarquer que lui « n’a jamais droit à rien » et que ce sont « toujours les mêmes qui profitent du système » pendant que « les autres » - et il me lance un regard qui se veut de connivence… et oui les autres, il n’y a guère que dans ces moments-là qu’il semble y penser…
Interrogé sur les substantielles baisses d’impôts accordé aux plus fortunés de nos compatriotes, le Sarkozyste indique qu’il « est normal de récompenser les plus méritants car après tout cet argent ils ne l’ont pas volé » et il précise qu’il faut favoriser cette population qui finalement nous fait cadeau de sa présence alors qu’elle pourrait aller s’expatrier fiscalement dans des pays plus cléments. Il insiste sur le fait qu’en définitive ce sont eux qui créent les richesses et créent de l’emploi (et pas le syndicaliste de base de la CGT osons-nous avancer afin de le conforter dans sa position).
Sur l’obscénité du comportement de son auguste président, avec un mode de vie plus proche d’une star du show-biz que d’un représentant de la nation française, le Sarkozyste indique que si ce comportement l’irrite parfois un peu, ce dernier est en train de changer et que au moment du vote, il ne savait pas que son candidat était comme ça…
…
L’intervieweur, ayant commencé à se taillader les veines avec le capuchon de son stylo Bic, a préféré mettre un terme à l’entrevue avant que l’entretien ne finisse en Walpurgis avec sacrifice humain à la clé…
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