Tété – Par monts et vallons (2003)
Voilà un album de Tété en concert, où, accompagné de sa seule guitare acoustique, il égrène les chansons de son premier album et rode sur scène celles destinées à sortir quelques mois plus tard sur La faveur de l’automne. Il démontre ses qualités scéniques ainsi que sa capacité à saisir l’attention de son auditoire avec des interventions souvent amusantes (écoutez son propos introductif pour la très drôle " Une bonne paire de claques ") et fait montre de la qualité de son jeu de guitare et de sa voix.
L’ensemble est de bonne facture et d’une écoute agréable, recommandée pour les inconditionnels du chanteur qui monte, comme pour les curieux.
Crosby Stills Nash & Young – Looking forward
Cet album tant attendu marque le retour de quatre personnalités hors du commun qui signent là, pour leur grand retour, un disque où l’on retrouve la flamme des albums d’autrefois soutenus par des harmonies vocales époustouflantes et des soli de guitares rageurs des deux duettistes Young et Stills...
Nous aurions aimé écrire cela, malheureusement le disque est, comment dire, euh… Merdique ? Oui, c’est ça, Looking forward est un bon gros disque merdique.
HOLDEN, Chevrotine (2006)
Avec ce troisième album, disque de la maturité, Holden fait souffler sur la scène française une fraîcheur revigorante avec des compositions acidulées bien arrangées. En plus d’un étonnant duo avec Jean-Louis Murat (" L’orage "), cet opus comporte quelques solides compositions enthousiasmantes telles " Ce que je suis " et " Sur le pavé " (qui a d’ailleurs les potentialités d’un tube) portées par la très belle voix de la chanteuse Armelle Pioline. Une bonne occasion de (re)prendre contact avec ce groupe surprenant et attachant, avec une vraie originalité dans le ton.
CHRISTOPHE - Best of
Disque 1 : Petite fille du soleil / Ne raccroche pas / La Dolce vita /Aline / Les marionnettes / Les mots bleus / Mère tu es la seule / Mes passagères / Belle / Cette vie-là / Main dans la main / Daisy Épouvantail / Les paradis perdus / J'ai entendu la mer / Une autre vie / Samouraï Succès fou / Le dernier des Bevilacqua
Disque 2 : Aline / La fine di un amore (Petite fille du soleil) / Dimmi si, dimmi no (Pour un oui, pour un non) / Non ti amo piu (Je ne t'aime plus) / Christina / Sopra i tetti azzuri del mio pazzo amore / Estate senza te (J'ai entendu la mer) / Le marionette (Les marionnettes) / Sei cambiata (Tu n'es plus comme avant) / Io sono qui (J'ai remarché) / Le dire parole blu (Les mots bleus) / Les jours où rien ne va / Fait chaud ce soir / L'amour toujours l'amour / Mal / Tu es folle /Good-Bye, je reviendrai / La vie c'est une histoire d'amour
Christophe vient de faire paraître une compilation disponible en simple ou en double albums. Pas de quoi s’affoler me direz-vous dans la mesure où il en sort une presque chaque année. Certes, sauf que cette fois pour aguicher le chaland, en plus des titres habituellement présents, se trouvent quelques inédits en laser. A savoir que le disque propose les versions transalpines de ses succès : " Io sono qui " (j’ai remarché), " Le dire parole blu " (Les mots bleus), " Sei cambiata " (tu n’es plus comme avant), " Non ti amo piu " (Je ne t’aime plus), " Le marionnette " (Les marionnettes), " Dimmi si, dimmi no " (Pour un oui pour un non), " Soppra I tetti azzuri, del mio pazzo amore ". Mais le disque contient également la chanson " Mal " une des deux seules collaborations avec le parolier Etienne Roda-Gil, et qui n’avait eu les honneurs d’une réédition.
L’autre point étonnant, c’est l’absence de chansons tirées de ses deux derniers albums : il est en effet dommage de n’avoir pas saisi l’occasion de cette compilation pour ouvrir l’acheteur sur ses dernières compositions. Il n’en demeure pas moins que les apports de cette énième compil’ sont faibles et que le Sieur Christophe serait bienvenu de nous livrer un disque de nouveautés d’un niveau au moins égal à Comm’si la terre penchait paru en 2002.
Jean-Claude VANNIER - L'enfant assassin des mouches (1972)
L'enfant, la mouche et les allumettes / L'enfant au royaume des mouches / Danse des mouches noires garde du roi / Danse de l'enfant et du roi des mouches / La roi des mouches et la confiture de roses / L'enfant assassin des mouches / Les gardes volent au secours du roi / Mort du roi des mouches / Pattes de mouches / Le papier tue-enfant / Petite agonie de l'enfant assassin
Un an après Melody Nelson se retrouvent au générique de ce disque instrumental Vannier et Gainsbourg. Le premier, pas encore fâché avec le second, vient rue de Verneuil faire écouter ses nouvelles bandes à Gainsbourg. Ce dernier se sent inspiré par la musique et pond dans la nuit ce petit conte cruel intitulé " L’enfant assassin des mouches ". Ici s’arrête la contribution de Gainsbourg. Musicalement, c’est du Vannier pur jus avec son art consommé des arrangements d’orchestre, son éclectisme musical, son inventivité et ses trouvailles. Le tout débouche sur un album étonnant, très ancré dans le rock symphonique 70.
Sans être le chef-d’œuvre qu’on était en droit d’attendre de Jean-Claude Vannier, cet album instrumental ingénieux à défaut d’être génial, avec ses quelques passages savoureux et vivifiants, démontre une nouvelle fois tout le talent de cet homme et la richesse du patrimoine musical français qui continue toujours de dormir au fond des sous-sols des maisons de disque en attendant une réédition éventuelle.
PRINCE - 3121 (2006)
Le dernier Prince est une bonne surprise, non pas tant sur la forme que sur le fond car malheureusement le musicien reste fidèle à une enveloppe sonore - qui a fait son succès - constituée de synthés omniprésents.
La bonne surprise vient de la qualité des compositions. Seul ou en duo le Kid de Minneapolis étale la large palette de ses talents de chanteur, de musicien (très souvent il joue seul) de compositeur capable de passer de titres largement empreints de funk ("Incense and candles") parfois lascif ("The dance") parfois mâtiné de pop, entraînant son auditoire jusque sur les rivages latino (l'agréable "Te amo corazon").
Prince est un surdoué, à l'aise dans tous les genres.Sur ce disque on le sent facile et l'on se dit, malgré la qualité de son dernier opus, que l'ancien Love symbol n'a pas encore livré l'album qu'on est en droit d'attendre de lui. Ce disque laisse au moins espérer que le meilleur est peut être à venir...
Cloclo mania : le chic est toc
Typique le disque sur lequel on ne s’appesantit pas plus de 30 secondes par plages. La ligne directrice de cette compil est assez floue : elle mélange tout à la fois versions rares du chanteur-électricien (" Donna donna " en japonais), hommages commandés pour le disque (au générique : Arthur H, Erik Truffaz, etc.), diverses reprises effectuées au gré des époques, et titres originaux pillés par le champion du monde de la reprise guimauve.
Le hic de cette compil’ réside dans l’indigence des notes de pochettes où l’annotateur (pour ne pas l’accabler davantage nous tairons son nom) se transforme en hagiographe du Chef de clan des plus célèbres majorettes de France (le fait que l’un des fils de Claude François soit intégré dans le projet n’y est sans doute pas pour rien) et tresse des couronnes de lauriers à Béatrice Ardisson, qui se trouve être la personne à l’origine de la compil’ (ceci expliquant peut-être cela). Et dieu sait que l’auto-célébration n’a pas lieu d’être lorsque l’on s’aperçoit de l’énorme bévue commise par les auteurs de ce fatras sans queue ni tête : ainsi, contrairement à ce qui est indiqué sur la pochette, " I go to Rio " n’est pas chantée par l’obscur groupe américain Pablo Ruiz, mais par son créateur Peter Allen : une paille !
Voilà donc, la crème du produit chic et toc à offrir à la maîtresse de maison lors des soirées branchées et qui déclenchera parmi le parterre d’abrutis invités – et dont vous faites partis - les commentaires les plus flatteurs (" exquis ", " étonnant ", " magnifique ", " cocasse ", etc.). De quoi, une fois passé la porte pour rentrer chez soi, lâcher péremptoirement tel Daladier de retour de Munich : " Ah ! Les cons, s’ils savaient… ".
George Steiner & Antoine Spire - Barbarie de l’ignorance (Double CD, Harmonia Mundi)
Voilà un disque d’entretiens tout à fait stimulant. George Steiner penseur de l'après cataclysme (les deux guerres mondiales, les génocides), de la culture et du rapport au mal est interrogé par Antoine Spire sur sa vie, sa conception du judaïsme, les éléments saillants de sa pensée (la culture, la barbarie, le sens, la pensée Heideggerienne).
L’auteur de Dans le château de Barbe-Bleue au cours de cet entretien brillant, intelligemment aiguillonné par Spire, livre quelques grands axes de sa pensée humaniste. Si on peut ne pas toujours être d’accord avec Steiner, avec ses partis pris contre la culture moderne, son rapport élitiste à la culture classique, il n’en est pas moins vrai que l’on ressort revigoré de cette écoute stimulante et enthousiasmante qui oblige l’auditeur à s’interroger sur lui-même et sur la société qui l’entoure.
Extrait : " Nous avons devant nous un bilan terrible. Chacun de nous doit se poser des questions éventuellement désagréables pour lui-même. Pour moi cette situation est cauchemardesque. Je suis entouré de gens qui me sollicitent pour signer des pétitions contre le racisme, contre la chasse à courre ou pour je ne sais quelle cause ; je refuse de signer. En effet, si dans ma rue à Cambridge où j’ai une très belle maison, dans ma rue à Genève où j’ai un joli studio, arrivait demain matin une vague de réfugiés affamés, si des Tziganes ou des Roumains, des Hongrois ou des Slovaques – les juifs d’aujourd’hui – se mettaient à uriner sur ma maison, à se soulager dans mon jardin, à dévaliser ma voiture, comment me comporterais-je ? Je ne le sais pas.
Mes collègues qui signent des pétitions et font de beaux discours ne le savent pas non plus. Il y a peut-être parmi eux des gens qui se comporteraient formidablement bien, qui garderaient tout leur calme, toute leur chaleur humaine, toute leur volonté de secours et de compréhension, et devant ceux-là je tire mon chapeau, mais devant les autres ? … J’espère que pour ma part j’aurais une bonne réaction, mais je ne le sais pas. Et jusqu’à ce que je le sache je ne vais pas faire de l’éloquence ".
Paul Anka - Rock Swings (2005)
Un vieux chanteur à succès des années 50-60 reprenant Nirvana ("Smells like teen spirit"), The Cure ("The lovecats"), Pet shop boys ("It's a sin"), REM ("Everybody hurts"), Lionel Richie ("Hello"), Oasis ("Wonderwall"), Billy Idol ("Eyes without a face") : l'affiche a de quoi surprendre ! L'étonnement se poursuit lors de l'écoute car Paul Anka a opté pour un traitement jazzy avec Big Band à l'appui. Le pari était risqué, le résultat est surprenant, parfois réjouissant et souvent amusant ("Jump" de Van Halen à la sauce grand orchestre de jazz, fallait oser !). Mettez le disque sur la platine, fermez les yeux : vous aurez l'impression sur certaines plages d'être au coeur d'une soirée dansante sur le Pacific Princess... une expérience dont on ne ressort pas tout à fait indemne !
Sébastien Tellier – Sessions (2006)
Cet album est issu de sessions acoustiques réalisées en décembre 2005. Tellier revisite son répertoire accompagné du pianiste Simon Dalmais. Il en résulte un disque aux climats feutrés et sombres même si les titres ne sortent pas toujours grandis de ces réinterprétations (v. not. « La ritournelle » bien meilleure dans sa version Politics). La véritable surprise provient de la reprise d’une chanson de Christophe, La dolce vita, médiocre composition qu’il parvient pourtant à magnifier par une interprétation étonnante, signe que ce musicien iconoclaste a plus d’une corde à son arc. Avec cet opus Tellier confirme son immense talent ainsi que sa propension naturelle à être toujours là où on l’attend le moins. Reste maintenant à confirmer avec un nouvel album totalement original qui saura se hisser un cran au-dessus du parfois magique Politics
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