Les livres de Kul

Mercredi 19 avril 2006 3 19 /04 /2006 16:01

Que d’os ! (Jean-Patrick Manchette)

Revoilà Eugène Tarpon, l’ex-gendarme reconverti en privé, qu’on avait déjà vu dans Morgue pleine (1973). Il est cette fois saisi d’une affaire de disparition d’une jeune fille non voyante. De cette trame simple, l’histoire va au fur et à mesure énormément se compliquer et devenir rapidement inracontable… Ce roman paru en 1976 ne compte pas parmi les œuvres majeures de Manchette (mieux vaut lire Fatale, sans doute son meilleur ouvrage). Ce dernier semble parfois se perdre dans une intrigue un peu tirée par les cheveux, dont il se demande comment il va bien pouvoir la finir. Reste, malgré tout, une promenade sympathique dans la France du milieu des années 70. Agréable mais pas indispensable.

 

Par Athalide - Publié dans : Les livres de Kul
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 26 avril 2006 3 26 /04 /2006 14:42

La mélancolie de Nino (Franck Maubert)

Ce livre paru en 2006, s’est fixé pour objectif au travers de la rencontre des proches de Nino Ferrer – son épouse, ses enfants, ses voisins, ses collaborateurs – de dresser un portrait de l’homme et de tenter de comprendre ce qui a bien pu conduire le chanteur à se donner la mort en août 1998. Les détails biographiques sont donc réduits au minimum et l’œuvre est presque passée sous silence.

Il en ressort un ouvrage d’une lecture agréable qui laisse pourtant sur sa faim. En effet, la rencontre des plus proches collaborateurs (le guitariste Mickey Finn, le patron des studios CBE Bernard Estardy, la chanteuse Radiah Frye) n’apporte pas l’éclairage qu’on était en droit d’attendre. L'auteur reste trop en surface. De plus, afin que le portrait dressé soit fidèle, nous aurions aimé que l’auteur interroge des personnes qui furent très proches de Ferrer et qui n’ont presque jamais parlé de lui. Ainsi, on aurait voulu entendre la discrète Diane Véret, la chanteuse Magali Pietri, le musicien Joël Segura qui vécurent ou collaborèrent un long moment avec l’exilé du Quercy.

Le livre est donc réservé aux fins connaisseurs de Nino Ferrer, plus qu’aux néophytes désireux de mieux connaître le chanteur.

Par Athalide - Publié dans : Les livres de Kul
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 5 mai 2006 5 05 /05 /2006 15:38

Touche pas à mon système (Simon Brett) éd. Le Masque et la Plume

Imaginez que vous soyez âgé d’une quarantaine d’année, et qu’après avoir fait de solides études vous travaillez depuis des années dans le même grand groupe. Imaginez que vous rongiez votre frein depuis quelque temps dans l’attente du départ à la retraite de votre chef afin de le remplacer. Imaginez maintenant qu’à quelques semaines du départ à la retraite dudit chef, le poste qui vous était promis vous soit ravi par un jeune cadre dynamique débarqué il y a peu de dieu sait où. Comme vous écumeriez de rage d’autant plus que votre famille vous tape sur le système et que votre situation financière n’est guère florissante !

Cette situation purement imaginaire, le protagoniste de Touche pas à mon système y est plongé jusqu’au cou, et le soir où il apprend la nouvelle de sa non-mutation il ne trouve rien de mieux pour passer ses nerfs, que de tuer un Sans domicile fixe. Croyez-vous pour autant qu’il soit pris de remords ? Non, il s’habitue à sa nouvelle situation de meurtrier et se dit que beaucoup de ses problèmes, tant privés que professionnels, pourraient bien s’arranger assez facilement : finalement un meurtre est si facile !

Cette histoire d’un homme sans remords qui va glisser peu à peu dans une série de meurtres afin de régler ses problèmes personnels est menée avec beaucoup d’humour par Simon Brett, qui sait tenir son lecteur en haleine jusqu’au dénouement final aussi cocasse qu’inattendu. Bref, de quoi passer un bon moment avec ce polar délicieusement amoral.

A noter que le roman a été adapté en film en 1990 et est sorti sur nos écrans sous le titre Business oblige avec dans le rôle principal Michael Caine.http://www.boosterblog.com

Par Athalide - Publié dans : Les livres de Kul
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 9 mai 2006 2 09 /05 /2006 14:10

Albert SPEER (Joachim Fest) éditions Perrin

Speer : l’énigme

Le parcours de Speer est une énigme. Ce jeune homme issu d’une famille bourgeoise libérale, devenu nazi fasciné par Hitler, puis architecte du régime pour enfin être nommé ministre de l’armement, va devenir au cours d’une irrésistible ascension l’un des hommes les plus importants de l’Etat national-socialiste, qu’il va accompagner jusqu’à sa chute.

Condamné à 20 ans de prison par le Tribunal de Nuremberg, il purgera sa peine et profitera de ses années de détention pour écrire ses mémoires. Libéré en 1966, il décède en 1981 sans pour autant que le mystère entourant son parcours d’homme sans qualité mais doué de tant de talents soit totalement levé. En effet, le livre achevé, Speer demeure une énigme indéchiffrable : qui était-il réellement ? Un arriviste prêt à tout pour faire carrière ? Un artiste placé hors du champ politique ? Un nazi convaincu ? Un opportuniste ? Sa reconnaissance de sa responsabilité était-elle feinte ou réelle ?

Reste que la biographie de Joachim Fest, bien documentée et d’une lecture agréable, si elle ne permet pas de percer à jour le mystère Speer, apporte en revanche bien des éclaircissements sur le fonctionnement du régime, du pays et sur les conflits entre caciques dont la préoccupation essentielle, en pleine guerre, ne semble pas être le sort du peuple allemand.

Le livre a donc le mérite de tracer un portrait étonnant de l’Allemagne nazie en nous plongeant au cœur des rouages du IIIe Reich,

Par Athalide - Publié dans : Les livres de Kul
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 11 mai 2006 4 11 /05 /2006 14:16

Les 25 ans de la mort de Bob Marley

 

 

Bob Marley, par Francis Dordor (éd. Librio)

Il y a tout juste 25 ans disparaissait l’une des grandes figures du Reggae. En ce jour anniversaire, pour ceux qui connaîtraient très peu (ou mal) l’œuvre et la vie de Bob Marley, il n’est peut être pas inutile de se plonger dans ce court ouvrage de Francis Dordor qui présente le double intérêt d’être assez complet sans être exhaustif et à un prix tout à fait abordable. Vous découvrirez ainsi la vie de ce musicien qui a marqué l’histoire de la pop de son empreinte. Un seul regret : il ne nous est malheureusement jamais indiqué la véritable genèse du reggae, ni à qui revient la paternité de cette musique et du son que popularisa Marley (il est vrai que la question fait encore débat v. le procès intenté par Aston Barrett à la veuve de Marley).

Au passage, cet ouvrage nous apprend la divergence de conception sur l’extension du reggae qui opposa Bob Marley et les Wailers. Le premier pensait qu’il fallait jouer dans les pays occidentaux pour étendre l’influence du reggae et son message tiers-mondiste à connotations spirituelles. Les Wailers, quant à eux, estimaient que le reggae ne devait se développer qu’en Jamaïque. Il est amusant de relever que ce conflit n’est pas sans rappeler, à grand trait, l’opposition doctrinale qui avait opposé, fut un temps, Staline – partisan d’un développement du communisme à la seule URSS – et Trotsky – favorable à la révolution communiste mondiale. C’est finalement Marley qui avait raison et qui permit au reggae de pénétrer ainsi l'Occident (au passage, on peut se dire que le monde eut peut être été bien différent si Trotsky l'avait emporté sur Staline).

L’artiste est aujourd’hui encore bien présent, mais son héritage hétéroclite où s’entremêle musique, politique et religion reste encore obscur. L’idolâtrie béate et malsaine, bien exploitée par les spécialistes des produits dérivés, à laquelle se livre encore de nombreux fans vient accentuer la confusion.

Loin de la légende et du mythe, et derrière la fumisterie du Rastafarisme et les fumées opaques de la ganja, il y a la musique de Marley dont l’authenticité ne peut être discutée. L’artiste lègue une œuvre importante au patrimoine pop. Même pour ceux que le traitement reggae agace, les disques de Marley ont de quoi séduire car si ce dernier fut une des figures de proue de la musique reggae, il fut avant tout et surtout un excellent mélodiste, en témoigne les diverses reprises (dont celle de Clapton) qui permirent à Marley de devenir la star internationale du Reggae.

Par Athalide - Publié dans : Les livres de Kul
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 12 mai 2006 5 12 /05 /2006 09:30

Mourir au paradis (Christin – Chagnaud – Mougnier) Dargaud, 2005

Mourir au paradis est un huis clos sanglant ayant pour toile de fond une gated city (c'est-à-dire une véritable petite ville avec habitations, commerces et lieux de loisirs entourée de hauts murs et surveillée jour et nuit par une police privée afin d’éviter que des indésirables ne fassent irruption dans ce ghetto de riches). Si le lieu de l’action – fort prisé aux USA - est original, malheureusement le scénario s’épuise assez vite et, malgré le graphisme attrayant de l’album, l’intérêt au fil des pages fond plus vite que neige au soleil. Les personnages sont bien trop stéréotypés pour pouvoir s’y attacher et la chute de l’histoire bien trop prévisible et précipitée pour séduire le lecteur. Bref, à fuir de toute urgence sauf à vouloir mourir d’ennui fut-ce au paradis.

Par Athalide - Publié dans : Les livres de Kul
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 23 mai 2006 2 23 /05 /2006 10:53

Le sursis (BD en deux tomes) de Gibrat, Dupuis coll. « Air libre », 1999

Dans un petit village du sud de la France, Julien vient chercher refuge dans la maison de sa tante qui l’a élevé. En effet, le jeune homme vient de fausser compagnie à ses camarades embarqués dans un train en partance pour l’Allemagne dans le cadre du STO.
Ce garçon, déclaré mort suite à un concours de circonstance, se terre dans une maison située en plein cœur du village et observe de son grenier la vie du village durant l’Occupation, avec ses résistants, ses miliciens, ses collabos. Julien au fur et à mesure des événements s’interroge de plus en plus sur son statut. De spectateur passif va-t-il devenir un spectateur engagé voire un acteur de cette période troublée ?
Cette bande dessinée signée Gibrat  aux graphismes originaux et agréables restitue bien la vie quotidienne d’un petit village durant les heures noires de l’Occupation. Le tout est bien mené, d’une lecture agréable avec un ton et une approche originale et qui conduit subtilement à s’interroger sur l’engagement et la destinée humaine.

Par Athalide - Publié dans : Les livres de Kul
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 27 juillet 2006 4 27 /07 /2006 13:10

Nicolas Sarkozy :Témoignage crétin

France 2, TF1, Europe 1, Le Point, etc : notre vénéré ministre de l’intérieur, chantre du parler vrai, a bénéficié d’un tapage médiatique que beaucoup d’écrivains confirmés doivent lui envier. Il faut dire qu’avec un tirage initial ambitieux de 130 000 exemplaires - signe que l’éditeur compte faire du bouquin une des très grosse vente de l’été - il va falloir mettre le paquet pour que les nouvelles aventures du petit Nicolas soient lues par les plagistes.

De sa vision des institutions, de l’économie, de la justice, tout le monde en réalité s’en cogne, ce qui par contre suscite davantage d’intérêt ce sont les déboires sentimentaux du petit Nicolas avec Cécilia.

Après avoir étalé sa vie privée dans tous les journaux, ce dernier s’est retrouvé dans une situation proche du ridicule lorsque la dite Cécilia a joué les filles de l’air avec un grand patron de la publicité et que lui-même s’est consolé dans les bras d’une journaliste du Figaro (Anne Fulda).

Il est fort à parier que le lecteur restera sur sa faim car les détails croustillants seront passés sous silence. Ainsi il ne sera sans doute pas indiqué que le fameux amant de madame sera démis de ses fonctions au sein de la société Publicis Events au motif que ses incartades ont fait perdre le contrat qui la liait à l’UMP.

Dans les extraits disponibles dans la presse, il apparaît surtout que le lecteur aura droit à des tombereaux de banalité déversés avec aplomb. Ainsi sur cette déconfiture sentimentale Nicolas " Cartland " Sarkozy écrit : " Peut-être cela m'a-t-il obligé à sortir de moi cette part d'humanité qui sans doute me faisait défaut ". Le lecteur devra prendre garde à ne pas se noyer dans ce flot de grands sentiments humains. Il en profite également pour nous ressortir le couplet désormais classique du " On est comme tout le monde, la preuve ! " avec cette phrase touchante d’humanité : " Ce que nous avons vécu dans ma famille, des millions de gens l'ont vécu. Leurs souffrances, leurs doutes, leurs espérances, sont les mêmes que les nôtres ". Sans relever au passage que les fameux millions de gens n’étalent pas leur vie dans les magazines et ne l’orchestrent pas selon des plans médias bien ciblés.

Le tout s’achève sur une phrase qui arracherait une larme à un bourreau : " Cécilia est ma femme. Elle est une partie de moi. Quelles que soient les épreuves que notre couple a traversées, pas une journée ne s'est déroulée sans que nous nous soyons parlé." Dans un style davantage proche de Jeunes & Jolies que de Prosper Mérimée, le grand timonier de l’UMP retrouve son âme de collégien : " Aujourd'hui, Cécilia et moi nous sommes retrouvés pour de bon, pour de vrai et sans doute pour toujours ". Voilà le lecteur rassuré…

En réalité, le meilleur se trouve dans la préface. C’est là que le véritable talent de comique du petit Nicolas apparaît. Elle débute comme une chanson de Goldman (" D'aussi loin que je me souvienne… ") et puis une fois le train mis sur les rails, l’ " auteur " enfile les lieux communs les uns à la suite des autres et les formules chocs tocs (" rendre l’impossible envisageable " ; " dans un monde qui bouge à toute vitesse, l'immobilisme est la posture la plus risquée "). Lao Tseu a du souci à se faire !

Tout cela tient à la fois de la rédaction du collégien appliqué (" Je crois que tout se mérite et qu'au final l'effort est toujours payant "), de la dissertation de philo ratée (" Je veux expliquer ici qu'il n'y a pas de fatalité pour celui qui veut bien oser, tenter, entreprendre ") et de la lettre de motivation rubrique " pourquoi je suis fait pour le poste " (" J'aime construire, agir, résoudre les problèmes ").

Le pire est à venir : " trouver des marges de manœuvre, m'a toujours passionné " clame-t-il avec candeur. Le " toujours " interroge : quel type d’enfant était ce gars là ? Tout petit (déjà) refusait-il de frayer avec ses semblables trop occupé à trouver des marges de manœuvre ? A qui voudrait-il faire croire qu’à 8 ans alors que chaque garçonnet veut être pompier ou footballeur celui-ci voulait être chercheur es marge de manœuvre ?

Loin de s’arrêter en si bon chemin, le petit Nicolas se penche sur sa famille et là, c’est Sans famille, Les misérables, et les œuvres complètes de Zola réunis dans un seul paragraphe. Il dépasse la stratosphère de la bêtise pour rejoindre la mésosphère en se dépeignant comme un gamin pauvre, enfant d’immigré avec un nom imprononçable (ce qu’on lui concède car Sarkozy de Nagy-Bocsa c’est plutôt lourd à porter).

" La politique n'était pas une tradition familiale. Tout même aurait dû m'en éloigner : je n'avais ni relations ni fortune, je n'étais pas fonctionnaire et j'avais un nom qui, par sa consonance étrangère, en aurait convaincu plus d'un de se fondre dans l’anonymat ".

Il faut croire que le petit Nicolas a pris le taureau par les cornes car aujourd’hui le carnet d’adresse est plutôt bien rempli et côté fortune on est loin des fins de mois d’un Rmiste. Quant au passage sur le nom, il faudrait lui rappeler que des ministres dotés d’un patronyme étranger il y en a toujours eu (v. not. le cas Poniatowski).

Au passage on appréciera le " je n’étais pas fonctionnaire " censé, sans doute, rassurer l’électeur libéral sur les convictions de son héros.

La dernière phrase fait froid dans le dos : le petit Nicolas ne brigue pas des mandats, il veut " conquérir les plus hautes responsabilités ". Espérons que sa conquête passera par les élections.

Finalement, ce livre nous apprend au moins une chose : le ministère de l’intérieur laisse du temps libre puisqu’on peut trouver des heures pour écrire ces salmigondis et d’en faire la promotion. Pendant ce temps, le nombre de voitures brûlées le 14 juillet dépassait celui de l’année précédente preuve qu’on ne peut pas tout faire : s’occuper de ses affaires personnelles et s’occuper de celles de la France. Le petit Nicolas a, depuis longtemps, fait son choix !

Par Athalide - Publié dans : Les livres de Kul
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 12 décembre 2006 2 12 /12 /2006 10:10
Dominique Lacout & Christian Lançon -  La mise à mort de Jean-Edern Hallier (2006, éd. Presses de la renaissance)

L'écrivain et polémiste Jean-Edern Hallier est décédé le 12 janvier 1997 à 60 ans, alors qu'il circulait à vélo seul dans une rue de Deauville.
Cet ouvrage rappelle les combats menés par l'écrivain contre Tapie notamment ou encore le "gang de Solutré" (Kiejman, Dumas, Fabius, etc.). Mais c'est surtout le bras-de-fer engagé contre Mitterrand qui se trouve au centre de l'enquête. Hallier a apporté son soutien à l'homme du 10 mai 1981. Il en attend en remerciement une émission de télévision qu'il animerait sur TF1. L'Elysée après s'y être engagé traîne les pieds, Hallier, lui, les met dans le plat et entre en dissidence en menaçant de révéler les secrets du chef de l'Etat (son cancer, son passé vichyste, sa jeunesse houleuse, et surtout l'existence d'une fille naturelle) : la guerre est déclarée entre les deux hommes.
Mitterrand jugeant l'écrivain incontrôlable va alors mobiliser les services de la Cellule élyséenne pour barrer la route au "Fou Hallier".
L'intérêt de cet ouvrage est double : d'une part, il rappelle tous les combats menés par Hallier des plus douteux ou futiles aux plus courageux. D'autre part,  et surtout, il confirme ce que l'écrivain avait toujours clamé : les persécutions, les écoutes, les filatures, les manoeuvres d'intimidations d'un régime prêt à tout pour assurer la préservation de quelques secrets.
Les moyens utilisés pour surveiller et décourager Jean-Edern Hallier font frémir : c'est une grande partie de l'appareil d'Etat qui est mis à contribution. Les auteurs en recoupant un certain nombre d'informations indiquent même qu'un contrat a été mis sur la tête de l'auteur de L'honneur perdu... afin de l'éliminer physiquement. Pour Hallier le commanditaire était Roland Dumas comme il devait l'affirmer dans son dernier ouvrage paru de son vivant (Les puissances du mal). Bien que plus nuancés, les auteurs ne semblent pas sur ce point le contredire.
Le livre - bien documenté - s'achève sur un soupçon : Jean-Edern Hallier n'a-t-il pas, en définitive, été assassiné ? Beaucoup d'éléments laissent planer le doute et ce sont sur ces doutes que l'ouvrage se clôt.
A la fin du livre on se dit que la France est un étrange pays dans lequel on peut en toute impunité persécuter un écrivain et museler la presse.
Aujourd'hui, pareil choses pourrait-il de nouveau se dérouler ? Oui, assurément seulement il n'y a plus aucune raison de le faire car un écrivain de la trempe - et du courage - de Hallier il n'y en a plus, reste juste des valets venant quémander leur prébende.



Par Athalide - Publié dans : Les livres de Kul
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 13 décembre 2006 3 13 /12 /2006 10:26
Louis Guilloux - La Maison du peuple / Compagnons

Avec simplicité et pudeur, Louis Guilloux peint la pauvreté et la misère dans la France d’avant 1914 (La maison du peuple, 1927) et d’après (Compagnons, 1931). Il s’agit des premiers écrits de l’auteur du Sang noir : on y retrouve déjà toutes les qualités de cet immense écrivain malheureusement peu lu et peu étudié. Il faut lire ou relire Guilloux, écrivain sensible et pudique qui n’a jamais oublié sa modeste extraction et les combats que son père simple cordonnier a mené pour retrouver un peu de dignité à travers la lutte et le militantisme socialiste. C’est le sujet de La maison du peuple qui vient rappeler combien il fallu aux « prolétaires » d’âpres combats pour se voir reconnaître quelques droits. Si La maison du peuple vibrant hommage rendu à son père et à la cohorte de travailleurs anonymes désirant faire évoluer le monde vers plus de justice, s’achève par la déclaration de la Guerre de 14, Compagnons quant à lui prend racine après celle-ci. Ce récit, émouvant par sa simplicité, compte les derniers jours de Kernevel petit et humble artisan. Difficile après avoir refermé l’ouvrage de ne pas être hanté par cet homme.
Par Athalide - Publié dans : Les livres de Kul
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander

W3C

  • Flux RSS des articles

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus