Polar

Mercredi 19 avril 2006 3 19 /04 /2006 15:58

La chair de l’Orchidée (James Hadley Chase)

Ce roman paru en 1948 garde aujourd’hui encore toute sa fraîcheur. Sans être le chef-d’œuvre que d’aucuns annoncent – La petite vertu lui est supérieur – ce roman noir ne manque pas de qualités. Le lecteur se laisse rapidement emporté par l’art des rebondissements multiples que maîtrise parfaitement Chase. Ce bon polar, très noir, d’une grande violence qui entraîne le lecteur dans le monde redoutable de la folie et de la vengeance, comblera les amateurs du genre.

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Mercredi 19 avril 2006 3 19 /04 /2006 16:08

Je suis un roman noir (A.D.G.)

 

L’histoire part d’une idée simple mais excellente : le héros du polar n’est autre qu’un auteur de polar qui va se trouver mêlé à un chantage politique. Nous n’en dirons pas plus et laisserons le lecteur se plonger dans cet ouvrage tout à la fois noir et drôle où se rencontrent des personnages hauts en couleurs. Le monde politique, le milieu littéraire, la famille, rien n’est épargné. ADG contribue de nouveau, par cet ouvrage, à dépoussiérer les codes et conventions du bon vieux polar en apportant une touche de fantaisie et de nouveauté bienvenue.

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Vendredi 28 avril 2006 5 28 /04 /2006 09:39

Le dément à lunettes (Ed McBain)

 

On retrouve avec plaisir les flics du 87e district qui, cette fois, doivent enquêter sur une tuerie dans une librairie. Bref, rien que de très classique, sauf qu’il se trouve qu’une des victimes n’est autre que la petite amie de Bert Kling inspecteur appartenant lui aussi au 87e district. Si cet " épisode " n’est ni le plus abouti des 87e district, ni le plus original, l’ouvrage s’avère tout de même agréable. Il permet de retrouver les personnages récurrents de la série au début de leur pérégrination car le livre date de 1961.

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Jeudi 4 mai 2006 4 04 /05 /2006 14:35

William IRISH - La valse dans les ténèbres

De son vrai nom Cornell George Hopley Woolrich, est né en 1903 à New York. Issu d’un milieu aisé, après le divorce de ses parents, il suit son père ingénieur des travaux publics sur les chantiers au Mexique, à Cuba et aux Bahamas. A 15 ans il revient à New York vivre avec sa mère, pianiste de profession et poursuit ses études à la Columbia University. Contraint à l’immobilité à cause d’une maladie contractée durant ses études, il met à profit son temps libre pour écrire son premier roman fortement influencé par Scott Fitzgerald qui paraît en 1926 (Chef d’accusation). Puis Les enfants du Ritz, publié l’année suivante, reçoit un prix de 10 000 dollars. Hollywood le charge alors d’adapter le livre en scénario.

Il se marie en 1930 avec Violet Virginia Blackton, la fille d’un producteur, mais ce mariage est annulé au bout de trois semaines et il retourne vivre avec sa mère à New York, dans une sordide chambre d’hôtel de Harlem. Il semblerait que ce divorce l’ai convaincu de son homosexualité et de son impossible conversion à l’hétérosexualité (il aurait d’ailleurs laissé à sa femme une valise fermée contenant un carnet où aurait été reporté toutes ses aventures homosexuelles).

Essuyant refus sur refus pour la publication de ses nouveaux ouvrages, il subsiste en publiant des nouvelles dans les Pulps. Mais en 1940, il parvient enfin à se faire publier, et La mariée était en noir devient un succès tant public que critique (il sera couronné aux USA en 1949 par un Edgar et en France par le prix de littérature policière 1953). L’auteur est si prolixe durant ces années qu’il se fait publier sous trois noms : William Irish, Cornell Woolrich et George Hopley. Puis, Irish plonge dans un silence littéraire coïncidant avec la maladie puis le décès de sa mère en 1957. Cette dernière sera morte sans avoir jamais pu lire un seul des livres de son fils, ce dernier lui ayant formellement interdit.

Inconsolable du décès de sa mère, il sombre dans une profonde déréliction et trouve un réconfort dans l’alcool. En perte d’inspiration, il vit comme un reclus errant de chambres d’hôtel en chambres d’hôtel. Son diabète non soigné contraint le corps médical à l’amputer d’une jambe atteinte de gangrène. Il meurt d'une attaque à New York en 1968 en lèguant un million de dollars à l’Université de Columbia au nom de sa mère.

C'est au cimetière Ferncliff à Hartsdale à New York que réside désormais l'une des plus grandes figure du polar et un des grands écrivains du XXe siècle.

Les romans de Irish ont été portés à l’écran plus d’une vingtaine de fois. Il faut notamment retenir : La Mariée était en noir et La Sirène du Mississipi par François Truffaut, Fenêtre sur Cour d'Alfred Hitchcock, J’ai épousé une ombre par Robin Davis. Il faut malheureusement déplorer la dénaturation des romans d’Irish par le cinéma.

Parmi l’œuvre foisonnante de Irish on choisira notamment :

L’heure blafarde, La sirène du Mississippi (excellent roman intitulé en anglais Valse dans les ténèbres et que les éditeurs affublent du nom de la médiocre adaptation de Truffaut), Lady Fantôme, J’ai épousé une ombre.

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Jeudi 4 mai 2006 4 04 /05 /2006 16:15

Robin COOK (1931-1994)

Né en 1931, issu de la grande bourgeoisie londonienne, il suit le chemin tout tracé par sa famille et intègre le très huppé collège d’Eton en 1944. Cependant, assez rapidement, Cook se révolte quitte à 17 ans le prestigieux établissement, effectue son service national, travail dans l’affaire familiale, claque la porte et s’en va voir comment est le monde ailleurs. La France, les États-Unis, les Pays-Bas, l’Espagne (où des propos anti-franquistes lui vaudront de connaître les joies des geôles ibères), puis retour en Angleterre dans le quartier de Soho pour vendre des revues pornographiques et fréquenter la pègre londonienne. Ainsi, est la vie de Robin Cook : il a quitté les rivages de la gentry pour accoster sur la terra incognita des bas-fonds. Son ouvrage Vices privés, vertus publiques (1967), s’inspirera de cette période de sa vie.

Dans les années 60, il se fait viticulteur en Italie, puis chauffeur de taxi à Londres. C’est durant cette période qu’il commence à écrire (Crème anglaise en 1962 suivi de quelques autres romans) mais le succès tardant à venir, il abandonne. Il faudra attendre son emménagement dans l’Aveyron au milieu des années 70 pour qu’il trouve le temps entre ses occupations variées (ouvrier agricole, couvreur) de se lancer de nouveau dans l’écriture. Après cette longue période de maturation, sans doute nécessaire pour amorcer cette nouvelle façon d’aborder le roman, il sort Le soleil qui s’éteint en 1982. Puis, l’année suivante, il ouvre le cycle de l’Usine (The Factory), mettant en scène un Sergent du bureau A14 des décès des décès non élucidés avec Il est mort les yeux ouverts. Ce polar, couronné par le prix mystère, sera porté à l’écran par Jacques Deray sous le titre On ne meurt que deux fois (avec Michel Serrault et Charlotte Rampling). Il poursuit le cycle avec en 1984, Les mois d'avril sont meurtriers, également adapté pour le cinéma par Laurent Heynemann en 1986 avec Jean-Pierre Marielle dans le rôle principal. La série comprendra encore quatre autres volumes : Comment vivent les morts (1986), J'étais Dora Suarez (1990), Le mort à vif (1993) et enfin Quand se lève le brouillard rouge paru à titre posthume en 1994 et qui achève le cycle.

Il est décédé en France d’un cancer le 30 juillet 1994. Il fut nommé chevalier des arts et lettres en 1991.

Ce qui frappe chez Cook, ce sont la noirceur et la dureté du monde qu’il décrit. Il y a finalement peu de place pour l’espoir et l’optimisme. L’avenir est sombre et la société une machine à attendrir les viandes. De ses romans des années 80 sourdent une violence et un désespoir latent. Ainsi, le personnage central du cycle de L’Usine, Sergent sans nom et sans beaucoup d’illusions, individu hanté et brisé par un drame intime, met toute sa hargne et son énergie à résoudre des meurtres non élucidés.

Afin de ne pas être confondu avec son parfait homonyme spécialisé dans le thriller médical, Robin Cook est vendu sur le marché anglo-saxon sous le pseudonyme de Derek Raymond, alors qu’en France les deux auteurs sont vendus sous le même, donc mieux vaut prendre garde avant de se lancer dans un achat.

 

Bibliographie :

Crème anglaise (The crust on its uppers), 1962

Bombe Surprise, 1963

A state of Denmark, 1964

The legacy of the stiff upper lip, 1966

Vices privés, vertus publiques (Public parts and private places), 1967

La Rue obscène (Tenants of Dirt Street, 1971)

Le soleil s'éteint (Sick Transit), 1982 (livre paru d’abord en France)

On ne meurt que deux fois (He died with open eyes), 1983 (L’Usine)

Les mois d'avril sont meurtriers (The devil's home on leave), 1984 (L’Usine)

Comment vivent les morts (How the dead live), 1986 (L’Usine)

Cauchemar dans la rue (Nightmare In The Street), 1988

J'étais Dora Suarez (I was Dora Suarez) 1990 (L’Usine)

Le Mort à vif  (Dead man upright), 1993 (L'Usine)

Mémoire vive (autobiographie) (Hidden Files), 1992

Quand se lève le brouillard rouge (Not Till the Red Fog Rises), 1994 (L’Usine)

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Jeudi 18 mai 2006 4 18 /05 /2006 15:32

Charles WILLIAMS, Mieux vaut courir

Un homme en cavale, accusé du meurtre d’un policier, traqué par les forces de l’ordre, finit par trouver refuge dans une maison inoccupée. Malheureusement, la propriétaire, une jeune et belle écrivain en panne d’inspiration, revient chez elle. L’assassin présumé la séquestre mais, profitant d’un moment d’inattention, la jeune femme parvient à prendre la fuite…

Ainsi débute, Mieux vaut courir polar haletant publié par Charles Williams en 1958. L’auteur de Fantasia chez les ploucs parvient une nouvelle fois en partant d’une trame simple (un individu accusé à tort d’un meurtre et qui va devoir tout mettre en œuvre pour prouver son innocence) à embarquer le lecteur dans des aventures menées tambour battant en s’appuyant sur son talent de conteur et son art consommé du suspens. De rebondissements en rebondissements, l’écrivain s’amuse à plonger son héros – au demeurant fort sympathique – dans des situations de plus en plus inextricables pour notre plus grand plaisir, et parvient à nous surprendre jusqu’à la dernière page : du grand art !

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Vendredi 19 mai 2006 5 19 /05 /2006 15:44

Colin DEXTER

Né le 29 septembre 1930 à Stamford (Lincolnshire). Après des études menées à Stamford, il part pour le service national puis à son retour intègre le Christ’s college à Cambridge d’où il sort diplômé en 1953. L’année suivante, il débute sa carrière d’enseignant en grec et en latin dans les Midlands pendant treize ans puis rejoint Oxford où il s’établit définitivement. En 1966, une surdité l’oblige à se retirer de l’enseignement, il devient membre de la commission des examens à Oxford jusqu’en 1988.

C’est après la lecture d’un mauvais roman policier durant des vacances familiales pluvieuses, que Dexter, persuadé qu’il pourra faire mieux, se lance dans l’écriture d’un roman policier en 1972. Il paraîtra en 1975 sous le titre Le Dernier Bus pour Woodstock, dans lequel apparaît l’inspecteur Morse du Criminal Investigation Department. Ce dernier, figure haute en couleur, cruciverbiste redoutable, mélomane adorant Wagner, fin lettré et amateur de bières sera chargé de résoudre des enquêtes dans sa bonne ville de Oxford. Morse, célibataire endurci, personnage lunaire et iconoclaste est secondé par le fidèle Sergent Lewis souffre douleur de l’inspecteur. Ce binôme détonnant - où se mêlent les raisonnements tortueux de Morse et la rationalité de son subordonné - fonctionne à merveille et rend la résolution des enquêtes passionnante. Morse avec ses manies de vieux garçon et ses penchants pour la boisson est l’exact inverse du Sergent Lewis.

L’inspecteur fera son apparition dans treize romans jusqu’en 1999, date à laquelle Colin Dexter met un point final à ses enquêtes avec le roman Remords secrets.

Les enquêtes de l’inspecteur Morse, primées à de nombreuses reprises (il a notamment reçu en 1989 le Gold Dagger Award pour Mort d’une garce), ont fait l’objet d’une très populaire série télévisée en Grande-Bretagne. À la manière d’Hitchcock, Colin Dexter apparaît dans chaque épisode tourné entre 1987 et 2001. La série a pris fin avec le décès de John Thaw qui incarnait Morse à l’écran.

Bibliographie

1 - Last Bus to Woodstock, 1975 (Le Dernier bus pour Woodstock)

2 - Last Seen Wearing, 1976 (Portée disparue)

3 - The Silent World of Nicholas Quinn, 1977 (Les Silences du professeur)

4 - Service of All the Dead, 1979 (Service funèbre)

5 - The Dead of Jericho, 1981 (Mort à Jericho)

6 - The Riddle of the Third Mile, 1983 (Casse-tête en trois temps)

7 - The Secret of Annexe 3, 1986 (Le Secret de l'annexe 3)

8 - The Wench Is Dead, 1989 (Mort d'une garce)

9 - The Jewel That Was Ours, 1991 (Bijoux de famille)

10 - The Way through the Woods, 1992 (À travers bois)

11 - The Daughters of Cain, 1994 (Les Filles de Caïn)

12 - Death is now my Neighbour, 1996 (La Mort pour voisine)

13 - The Remorseful Day, 1999 (Remords secrets)

Il faut ajouter un recueil de nouvelles non traduit en France intitulé Morse's Greatest Mystery (1993)

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Vendredi 1 septembre 2006 5 01 /09 /2006 09:43

David GOODIS - Rue barbare

Nous avons déjà eu l'occasion de le dire : Goodis est un des géants du roman noir américain et du roman tout court. Épaves (Street of the lost), réédité sous le titre Rue barbare depuis l'adaptation cinématographique réalisée par Gilles Béhat en 1984, confirme brillamment l'extraordinaire talent de l'écrivain.

Tout commence lorsqu'un type rentrant chez lui après une harassante journée de travail vient porter assistance à une jeune fille nouvellement arrivée dans le quartier et qui vient de se faire violemment agresser. Dès lors, ce dernier, qui se tenait volontairement à l'écart de la vie du quartier, de sa violence et de ses trafics va se retrouver, bien malgré lui, plongé au coeur de l'horreur et tenu de renouer avec ses anciennes fréquentations dans une longue descente aux enfers.

A partir de cette trame simple Goodis dépeint la désespérance et l'horreur quotidienne des laissés pour compte et livre là, un de ses meilleurs ouvrages.

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Mardi 26 septembre 2006 2 26 /09 /2006 07:30

Jean-Hugues Oppel - Piraña matador

A Santa Cruz de natividad, bled paumé d'Amérique du Sud, débarque Jorge-Luis Alfaques, tueur à gages chargé d'exécuter un des leaders syndicaux de l'exploitation minière...

Piraña matador n'évite pas les poncifs des romans noirs situés en Amérique du Sud, mais Oppel se sort avec les honneurs de cet exercice de style, en nous livrant un polar bien meilleur que son calamiteux Six-pack sorti quelques années plus tard.

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Lundi 9 octobre 2006 1 09 /10 /2006 19:27

Max Allan Collins - La course au sac
Une histoire de vol et de vengeance sur fond de maffia : voilà qui sent le réchauffé et on part donc un peu échaudé, mais à l'arrivée ce livre est une bonne surprise.
Nolan, le personnage central, flirt avec les stéréotypes mais s'avère en définitive attachant et presque original : voilà donc de quoi passer un bon moment même si l'ouvrage ne révolutionne pas le genre.
(Mieux vaut commencer par lire La vie en rouge dont La course au sac est le second volet, même si ce dernier se suffit à lui même)

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