Gérard Manset - Les petites bottes vertes

Publié le par Athalide

Gérard Manset - Les petites bottes vertes

Décidément Manset ne fait rien comme tout le monde et parvient encore à surprendre. Celui qui s’est toujours tenu à l’écart des médias, refusant de faire de la télé, l’individu peu disert et loquace sur sa vie privée a décidé après presque 40 ans de “clandestinité” de faire tomber le masque avec cet ouvrage paru à la Nrf où Manset livre des pans entiers de son existence.

Même si le livre porte la mention “roman”, cela ne trompe personne et il s’agit bien d’une autobiographie très littéraire avec un style bien affirmé dans laquelle il se livre sans fard et sous une lumière crue. Manset avait promis, il y a de cela quelques années, qu’il donnerait des clés pour comprendre son œuvre : l’amateur sera comblé par ce déluge d’informations très intimes.

L’opération est risquée car avec cette surexposition, Manset quitte l’ombre pour la lumière violente de sa propre surexposition. Son statut d’Aède, hiératique, méditatif et mystérieux en prend un coup, pourtant tout n’a pas été dit, et beaucoup même reste à dire.

Le récit emprunte les chemins discontinus de la mémoire, ce qui rend parfois difficile le rétablissement de chaque événement dans sa chronologie. Dans ce livre Manset se raconte : son enfance, ses parents, son frère, sa famille, les paysages des premiers temps, sa période minet du drugstore, ses amours, ses aventures, sa banlieue…

Ce qui rend la lecture encore plus passionnante, c’est la rencontre au fil des pages des figures emblématiques de l’univers Manset et plus généralement de la chanson française. On croise ainsi, le producteur Bernard Estardy (avec qui il avait enregistré La mort d’Orion), le chanteur René Joly, le parolier Roda-Gil, le génial Nino Ferrer, etc. Et puis il y a aussi tous ceux qu’ils ne nomment pas, où dont il a travesti les noms et qu’on devine… Apparaît également ce rendez-vous manqué avec Patrick Dewaere quand il s’appelait encore Maurin.

Et par-dessus tout, il y a la figure omniprésente de son ami Malek avec qui il avait monté le studio de Milan - antre mythique où Manset a confectionné l’imparable 2870 et tant d’autres albums indispensables - et à qui le livre s’adresse (et à qui s’adresse sans doute la chanson « Quand on perd un ami » sur son précédent opus).

Voilà donc une passionnante plongée dans l’univers d’un des artistes français les plus intéressant de sa génération. Mais derrière toutes ces révélations, le mystère demeure… qui est donc Manset ?

Pour ceux qui ne connaîtraient pas le musicien Manset cliquez ici

Publié dans Les livres de Kul

Commenter cet article