Barry Miles - McCartney many years from now.

Publié le par Athalide

Barry Miles, McCartney many years from now. Les Beatles, les sixties et moi. (Flammarion, Coll. "Pop Culture")


Voilà un livre dont la lecture s’avère aussi passionnante qu'indispensable pour le fan des Beatles. Barry Miles, ami du chanteur, a vécu de près l’aventure des 4 petits gars de Liverpool, qui devait les projeter  au firmament de la gloire planétaire. Le livre s’articule autour des interviews que l’auteur a recueilli auprès du bassiste surdoué et retrace son parcours extraordinaire au sens propre du mot : celui d’un garçon issu des milieux populaire qui deviendra en peu de temps l’une des personnalités les plus en vue et les plus riche du gotha du rock.

L’ouvrage contient une foule d’informations pertinentes et intéressantes et a le mérite d’offrir la version de McCartney sur un certain nombre de faits, d’enregistrements, de connaître ses opinions. Plus de 25 ans après Lennon, il repasse en revue l’essentiel des compositions des Beatles et indique qui a écrit quoi, qui joue quoi. Il raconte ses séances de travail avec son alter ego, leurs collaborations, etc…

Mais, ce qui finit par déranger à la longue c’est cette impression diffuse que McCartney cherche à tirer la couverture à lui et qu’il a trouvé en Barry Miles le biographe complaisant – voire l’hagiographe - pour mener à bien l’opération. Reste pourtant que l’ouvrage est une mine d’informations.

Désormais seul dépositaire de la mémoire Beatles depuis les décès de Lennon et de Harrison – car ce n’est certainement pas de Ringo Starr que viendra la contestation – McCartney raconte son histoire des Beatles, telle qu’il l’a vécu, de l’intérieur, avec des oublis et des ellipses. Mais cette histoire est sans aussi celle d’un homme blessé par l’équation désormais bien ancrée qui consiste à dire que les Beatles c’était avant tout et surtout Lennon. Alors pour tenter de rétablir l’équilibre et de prendre la place qu’il estime la sienne dans la légende, Paulo semble un peu pousser parfois…

Nous ne contestons pas que McCartney est un géant et les Beatles doivent autant à lui qu’à Lennon. Mais l’assassinat de ce dernier, qui stupéfia le monde, a malheureusement mythifié le fondateur des Beatles et ce n’est pas cet ouvrage qui permettra d’inverser la tendance à cette glorification complaisante de l’auteur d’Imagine. On ne peut pas combattre un mythe, et les tentatives de l’écorner se retournent souvent contre son auteur.

L’histoire est définitivement écrite : Lennon restera a jamais - dans l’imaginaire collectif - le génie foudroyé, le chantre de la paix, le poète crucifié et ce ne sont pas les mises au point de McCartney qui parviendront à modifier la donne, même si, en définitive la musique populaire doit peut-être beaucoup plus à McCartney qu’à Lennon. 

Publié dans Les livres de Kul

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