Lézards zé les lettres

Publié le par Athalide

En regardant la liste des personnes nommées ou promues dans l’ordre des Arts et des Lettres (http://www.culture.gouv.fr/culture/artsetlettres) on reste sceptique à la lecture des récipiendaires, notamment eu égard aux fonctions occupées par certains. Certes en matière de goût et de couleurs tous les goûts sont dans ma nature comme le chantait Dutronc, nous ne disserterons donc pas des heures sur les mérites respectifs de Micheline Dax ou de Raphaël Mezrahi ou encore sur ceux de Muriel Robin ou de Pascal Legitimus. On s’étonnera simplement qu’un « Président de société » (c’est le cas d’un certain Yves-Thibault de Silguy que des Révolutionnaires distraits ont oublié de raccourcir) puisse recevoir ce type de décoration (à quand un « abonné au gaz » ou un « RMIste » ?) et nous ne ferons pas les malins en nous demandant si le Raymond Devos de la liste ne doit sa décoration qu'à une simple confusion avec un joueur de trombone récemment disparu.

Plus sérieusement (tout est relatif comme nous le confiait récemment notre coiffeur avant son départ hâtif - mais à pied - pour la taule), cette nomination est l’occasion de s’interroger (le terme est un peu pompeux, soit !) sur l’attribution de ces décorations à des personnalités occupant des fonctions « sensibles ».

Nous sommes ainsi très étonné que ce genre de décorations soit attribuée à un premier président de la Cour de cassation (Guy Canivet pour ne pas le nommer) : car cela pourrait susciter des suspicions de collusion ou de renvois d’ascenseurs - ce qui n’est jamais très bon pour l’image de la justice qui se doit d’être indépendante par rapport à l’exécutif (c’est pas nous qu’on le dit – on se permettrait pas - c’est Montesquieu).

De même l’attribution de cette décoration à Patrick Poivre d’arvor laisse également planer un doute sur la véritable indépendance de ce journaliste face au pouvoir en place (certes on a pas attendu cette nomination pour avoir des doutes, mais...).

Enfin, encore plus étonnant, nous pension (ce n’est plus de la naïveté mais de la bêtise à ce point) que les hommes d’Église trop accaparé par le spirituel se tenaient à l’écart de ce genre de coteries et que la vanité et l’orgueil était un péché sévèrement réprimé par Dieu et que ça pourrait même coûter une place au Paradis. Que nenni ! puisqu’on retrouve un Cardinal et un Vicaire : ah ! Vanitas vanitatum, et omnia vanitas ! (c’est pas nous qu’on le dit non plus c’est l’Ecclésiaste)

Et nous ne nous demanderons pas au prix de quels silences coupables des chansonniers (Jean Amadou) ou des comiques (Nicolas cantelou) l’ont également reçue…

Le plus triste dans cette affaire, c’est l’empressement que chacun met pour obtenir ces décorations tant convoitées.

Napoléon à propos de la légion d’honneur avait déclaré en 1802 : « C'est avec ces hochets qu'on mène les hommes » : le visionnaire, deux cent ans plus tard, rien de nouveau sous le soleil…

Publié dans Brèves

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