Louis Guilloux - La Maison du peuple / Compagnons

Publié le par Athalide

Louis Guilloux - La Maison du peuple / Compagnons

Avec simplicité et pudeur, Louis Guilloux peint la pauvreté et la misère dans la France d’avant 1914 (La maison du peuple, 1927) et d’après (Compagnons, 1931). Il s’agit des premiers écrits de l’auteur du Sang noir : on y retrouve déjà toutes les qualités de cet immense écrivain malheureusement peu lu et peu étudié. Il faut lire ou relire Guilloux, écrivain sensible et pudique qui n’a jamais oublié sa modeste extraction et les combats que son père simple cordonnier a mené pour retrouver un peu de dignité à travers la lutte et le militantisme socialiste. C’est le sujet de La maison du peuple qui vient rappeler combien il fallu aux « prolétaires » d’âpres combats pour se voir reconnaître quelques droits. Si La maison du peuple vibrant hommage rendu à son père et à la cohorte de travailleurs anonymes désirant faire évoluer le monde vers plus de justice, s’achève par la déclaration de la Guerre de 14, Compagnons quant à lui prend racine après celle-ci. Ce récit, émouvant par sa simplicité, compte les derniers jours de Kernevel petit et humble artisan. Difficile après avoir refermé l’ouvrage de ne pas être hanté par cet homme.

Publié dans Les livres de Kul

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solko 19/10/2008 22:30

Plusieurs billets consacrés à L Guilloux sont consultables sur mon site. Bien à vous.

rotko 21/02/2007 13:01

ah louis Guilloux  ! il merite qu'on parle de lui ! un extrait du "pain des rêves" : un récit presqu'autobiographique. la vie avec le grand père, substitut du père absent.
"Il y avait tant d’années qu’il répétait tous les jours les mêmes gestes - tant d’années, toute une vie - qu’il était devenu, à l’égard de bien des choses comme un somnambule. On aurait dit qu’il ne nous voyait pas du tout et qu’il mangeait sans le savoir, sans hâte et sans lenteur, avec un air d’application et d’ignorance tout semblable à celui qu’il avait dans le travail.Est-ce que manger était un plaisir ? Manger et travailler, tout se confondait dans une même nécessité, absolue dans son monotonie"