Lacout et Lançon - La mise à mort de Jean-Edern Hallier

Publié le par Athalide

Dominique Lacout & Christian Lançon -  La mise à mort de Jean-Edern Hallier (2006, éd. Presses de la renaissance)

L'écrivain et polémiste Jean-Edern Hallier est décédé le 12 janvier 1997 à 60 ans, alors qu'il circulait à vélo seul dans une rue de Deauville.
Cet ouvrage rappelle les combats menés par l'écrivain contre Tapie notamment ou encore le "gang de Solutré" (Kiejman, Dumas, Fabius, etc.). Mais c'est surtout le bras-de-fer engagé contre Mitterrand qui se trouve au centre de l'enquête. Hallier a apporté son soutien à l'homme du 10 mai 1981. Il en attend en remerciement une émission de télévision qu'il animerait sur TF1. L'Elysée après s'y être engagé traîne les pieds, Hallier, lui, les met dans le plat et entre en dissidence en menaçant de révéler les secrets du chef de l'Etat (son cancer, son passé vichyste, sa jeunesse houleuse, et surtout l'existence d'une fille naturelle) : la guerre est déclarée entre les deux hommes.
Mitterrand jugeant l'écrivain incontrôlable va alors mobiliser les services de la Cellule élyséenne pour barrer la route au "Fou Hallier".
L'intérêt de cet ouvrage est double : d'une part, il rappelle tous les combats menés par Hallier des plus douteux ou futiles aux plus courageux. D'autre part,  et surtout, il confirme ce que l'écrivain avait toujours clamé : les persécutions, les écoutes, les filatures, les manoeuvres d'intimidations d'un régime prêt à tout pour assurer la préservation de quelques secrets.
Les moyens utilisés pour surveiller et décourager Jean-Edern Hallier font frémir : c'est une grande partie de l'appareil d'Etat qui est mis à contribution. Les auteurs en recoupant un certain nombre d'informations indiquent même qu'un contrat a été mis sur la tête de l'auteur de L'honneur perdu... afin de l'éliminer physiquement. Pour Hallier le commanditaire était Roland Dumas comme il devait l'affirmer dans son dernier ouvrage paru de son vivant (Les puissances du mal). Bien que plus nuancés, les auteurs ne semblent pas sur ce point le contredire.
Le livre - bien documenté - s'achève sur un soupçon : Jean-Edern Hallier n'a-t-il pas, en définitive, été assassiné ? Beaucoup d'éléments laissent planer le doute et ce sont sur ces doutes que l'ouvrage se clôt.
A la fin du livre on se dit que la France est un étrange pays dans lequel on peut en toute impunité persécuter un écrivain et museler la presse.
Aujourd'hui, pareil choses pourrait-il de nouveau se dérouler ? Oui, assurément seulement il n'y a plus aucune raison de le faire car un écrivain de la trempe - et du courage - de Hallier il n'y en a plus, reste juste des valets venant quémander leur prébende.



Publié dans Les livres de Kul

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