SAINT-PREUX - Le piano sous la mer (1972)

Publié le par Athalide

SAINT-PREUX – Le piano sous la mer (1972)

Le Départ / Le Voyage / L'Appel de la Sirène / La Tempête / Le Naufrage / Le Piano sous la mer 1 / Le piano sous la mer 2 /  Le concert sous-marin / La rencontre / L'ivresse des profondeurs / Le gouffre amer / L'abîme 

Saint-Preux dans sa discothèque idéale ? Diantre, voilà de quoi s’attirer la raillerie des objecteurs d’inconscience !

La muzak de Saint-Preux serait lénifiante et insignifiante. L’argument pourrait être recevable sauf que les excellents instrumentistes (Pierre-Alain Dahan derrière les toms, Claude Engel à la guitare) permettent de mettre le feu à ces compositions doucereuses pour déboucher sur un mélange souvent réussi entre musique pseudo-classique et rock débridé dans la grande tradition des groupes plus ou moins obscurs de la fin des années 60 avec batterie déchaînée et soli de guitares tantôt planants, tantôt rugueux.

Certes, Saint-Preux n’évite pas quelques facilités, les répétitions et les réminiscences classiques et pop (ça sent parfois le Santana, le Hendrix ou le Jethro tull à plein nez) mais la greffe prend et la qualité des musiciens permet de glisser du convenu à une forme d’originalité bienvenue.

D’aucuns diront que le tout est peut-être un peu daté !  Reste qu’aujourd’hui, plus personne n’oserait (et surtout ne pourrait) sortir un album de ce type, aussi inclassable de surcroît sous l’étiquette peu vendeuse de « Conte musical » !

A cette époque Saint-Preux c’est avant l’heure, Rondo Veneziano branché sur le 10 000 volts, Clayderman passé du bouillon cube au LSD, André Rieu accompagnant son Viandox d’amphétamines, bref, l’exubérance pop croisée avec la rigueur du conservatoire et l’easy listening ! Dans ses pires moment l’album débouche sur de la gentille musique d’ascenseur, dans ses meilleurs, sur de la pop-symphonique du meilleur effet animée par une section rythmique en pleine forme et un guitariste parfait dans le registre repris de justesse placé « en liberté surveillée ».

Ajoutons à cela que la prise de son dû à René Ameline est excellente ce qui ne gâche rien, bien au contraire !

Le genre a bien entendu ses limites, limite qui seront largement franchies par Saint-Preux lui-même. Par la suite ce dernier s’auto-parodiera jusqu’à bégayer sa musique en se répétant inlassablement ! Cet album témoigne d’une époque où chacun avait la liberté de publier des œuvres iconoclastes ; en cela il est déjà digne d’éloges !

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