Sarkozy - C'est sa première surprise partie !

Publié le par Athalide

Il avait annoncé une surprise, nous nous attendions secrètement à ce qu'il nous fasse une Delors à 7 / 7. Malheureusement, il n'en est rien...

Etes-vous candidat à l'élection présidentielle ?
Ma réponse est oui. (Quelle surprise !)
Pourquoi ?
C'est une décision mûrement réfléchie. A titre personnel, elle n'était pas évidente (ah, oui ?). Cette décision m'engage ; c'est le choix d'une vie. C'est une lourde responsabilité vis-à-vis des Français auxquels je demande de me faire confiance. Je me sens la force, l'énergie et l'envie de proposer une autre vision de la France. J'ai l'ambition de créer une nouvelle relation avec les Français (tiens ça nous rappelle quelqu’un) qui repose sur deux mots : confiance et respect, confiance en la parole donnée et respect de chaque Français pris individuellement. (Sur le respect de la parole donnée sa mémorable volte-face sur la privatisation de GDF décrédibilise quelque peu le propos. Pour un rafraîchissement de la mémoire v. ses déclarations faites à Chinon le 6 avril 2004 : http://www.dailymotion.com/video/xgv7a_sarkozy-gdf)
Quel contenu donnez-vous à cette nouvelle relation ?

Faire de la France le pays où «tout peut devenir possible». Et cela pour tout le monde, mais d'abord pour ceux qui ont connu des épreuves, se sentent fragiles ou qui pensent que «rien n'est jamais pour eux». Quand tout sera redevenu possible, quand la promotion sociale, le droit à la propriété (Y’a-t-il droit mieux protégé en France ? Il est dans la déclaration universelle des droits de l’Homme (article 17 : « La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité ») et donc reconnu constitutionnellement), une meilleure école pour ses enfants, un meilleur salaire pour soi, une réelle égalité entre hommes et femmes, seront des objectifs réalisables pour chacun, alors les Français retrouveront le goût de vivre ensemble. Et la nation française sera à nouveau un exemple pour le monde.
Pourquoi maintenant cette annonce de candidature ?
Je m'étais engagé auprès du président de la République à ce que 2006 soit consacré au travail gouvernemental et que la campagne ne démarre qu'en fin d'année. J'ai respecté mon engagement (au moins un !). Dans cette campagne je dirai tout avant afin de pouvoir tout faire après. Notre démocratie a besoin de franchise, d'honnêteté, de vérité. (...)

Vous êtes en pré-campagne depuis des années. Qu'est-ce qui va changer désormais ?
Depuis des années, j'ai la même volonté de renouveler le débat public. Je vais maintenant m'adresser à tous les Français, sans exception. Je pense entre autres aux catégories de la population auxquelles nous n'avons pas assez parlé : aux fonctionnaires (de police ?), aux Français les plus récents (les nouveaux-nés ?), aux femmes, aux jeunes, à ceux qui n'ont plus d'espoir. Je vais leur parler de la France et de leur avenir (ça risque d’être passionnant). J'appelle la droite républicaine et le centre à s'ouvrir aux idées nouvelles (lesquelles ?) afin que tous les Français puissent se reconnaître en nous.

Votre programme sera-t-il UMP ?
Lionel Jospin avait dit, en 2002, que son programme n'était pas socialiste. L'électorat socialiste l'a «compris». Il n'a pas voté pour lui. Qu'on ne compte pas sur moi pour tenir un discours qui ne soit pas fidèle aux valeurs de la droite et du centre (là-dessus nous lui faisons confiance !). J'aime mon pays, je crois aux vertus du travail, du mérite, de la récompense et de l'effort. Mais je ne suis pas un conservateur car je crois au mouvement (au mouvement ou à la vaine agitation ?). L'ordre n'est acceptable que s'il est en mouvement (avec à sa tête un agité?). L'ordre juste, c'est juste de l'ordre (belle campagne en prévision entre d’un côté un candidat prônant l’ « ordre en mouvement » et un autre ne jurant que par « l’ordre juste » : ce sont donc des candidats représentants les forces de l’ordre). Je veux que l'avenir redevienne une promesse et cesse d'être une menace. Les Français attendent des raisons d'espérer (Une référence à Herbert Léonard ?). Il n'y a de fatalité que pour ceux qui renoncent. Je n'en serai jamais.

Le mot rupture fait-il encore partie du vocabulaire de Nicolas Sarkozy ?
Oui car je veux rompre avec une façon de faire de la politique. Rompre, ce n'est pas la crise. A ceux qui voudraient m'appeler à la continuité, je pose la question : êtes-vous sûrs d'être en harmonie avec les Français ? Je veux rompre avec l'idée que l'on peut travailler moins et gagner plus (nous supposons que la vraie rupture ce serait de travailler plus et de gagner moins), qu'en accueillant tout le monde, on peut intégrer convenablement, qu'on démocratise l'enseignement en abaissant le niveau des diplômes. A mon poste de ministre, j'ai profondément changé les choses (ah ? première nouvelle !). Je veux remettre la société française en mouvement (pour aller où ? Droit dans le mur ?).

Ségolène Royal n'incarne-t-elle pas mieux cette rupture ?
Le PS a choisi l'immobilisme. Je veux incarner le mouvement. Dans un monde qui bouge si vite qui peut penser que l'on peut demeurer immobile. Je veux une rupture tranquille (c’est donc lui la « Force tranquille » à moins qu’il ne soit « le changement dans la continuité »). Cela fait quatre ans et demi que je gère la sécurité de la France (souvenons-nous avec quelle maestria il est arrivé à foutre le feu aux banlieues). Cela demande beaucoup d'expérience et de maîtrise. Je veux les mettre au service de la France.

Quelle rupture incarnez-vous par rapport à Jacques Chirac ?
On peut être fidèle à son histoire, fier de son bilan et proposer pour les cinq années à venir un autre chemin. Je souhaite un président responsable (l’actuel serait-il irresponsable ?) et des contre-pouvoirs plus forts (si c’est de la presse dont il est fait allusion, il est certain que celle-ci tenue majoritairement par ses amis [Bouygues, Lagardère et Dassault] serait un sacré contre-pouvoir s’il devenait président). Imaginer l'avenir et l'incarner c'est désormais ma mission (messianique ?).

On vous dit atlantiste, communautariste et libéral...
On dit tant de choses fausses et caricaturales ! (s’inclut-il dans ce « On » ???) Communautariste ? C'est un message. Je n'accepte pas qu'on importe des usages et des coutumes non conformes à nos valeurs républicaines. Atlantiste ? On est d'autant plus indépendant qu'on est amis. Libéral ? Cela serait réducteur. Je crois en la liberté. Mais je ne suis pas un idéologue. Et je pense que l'Etat et les services publics ne doivent pas être condamnés à l'impuissance (mais à disparaître ?). Ils ont tous leur rôle dans la société moderne que je veux bâtir.

Le PS est désormais en ordre de marche derrière sa candidate. A l'UMP, vous en êtes loin
Rarement la famille politique que je préside n'a été aussi rassemblée. Je n'y considère personne comme un adversaire
(on avait pourtant cru que…).

Ce qui n'empêche pas des velléités.

Ce ne sont pas des velléités, ce sont des talents (d’Achille ?). Je les prends en compte car toutes les ambitions sont légitimes.

Jacques Chirac a eu 74 ans hier. Que lui souhaitez-vous ?
D'être heureux (vraiment touchant !).

(reproduction de l'interview publiée dans la presse régionale)

Publié dans Brèves

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