Rock et satanisme : les messages sataniques cachés dans les chansons rock

Publié le par Athalide

ROCK ET SATANISME : les messages sataniques cachés dans les chansons


Depuis sa création, le rock a été considéré comme une musique corruptrice ; assez rapidement elle devint pour certains esprits chagrins une musique inspirée par le diable. En cela, elle rejoignait son lointain ancêtre le Blues qui, depuis que Robert Johnson avait, selon la légende, scellé un pacte avec le diable après l’avoir croisé à un carrefour («Crossroads »), avait la réputation d’être une musique diabolique. L’ampleur médiatique prise par le rock devait inévitablement s’attirer les foudres de tous les censeurs car cet engouement rapide et massif de la jeunesse pour cette musique nouvelle ne pouvait qu’être suspect et déclencher peur et incompréhension de la société. Cette génération montante à l’entrée des années 60 qui sera à l’initiative de la contre-culture ne fit rien pour calmer les craintes et inquiétudes. Au contraire, elle jetait de l’huile sur le feu bien décidée à faire exploser la chappe de plomb qui pesait notamment sur les sociétés occidentales.

En 1966, Lennon affirme « Nous sommes plus populaire que le Christ ». Il n’en fallait pas plus pour semer trouble et désordre dans la communauté chrétienne notamment américaine et pour que le Ku Klux Klan menace de mort les Beatles. L’année d’après les Rolling stones publient Their satanic majesties request. De là à voir dans tous ces agissements la main de Satan, il n’y a qu’un pas qui va être franchi allègrement.

L’utilisation de bandes passées à l’envers dès le milieu des années 60, notamment par les Beatles (sur le simple « Rain ») devait susciter les plus vives inquiétudes de la part, notamment, des fondamentalistes protestants américains. Il s’en trouva alors certains pour scruter de près chaque enregistrement, chaque pochette à la recherche du Malin.

Dès lors, à force de chercher ils trouvèrent et en torturant les enregistrements les coïncidences sonores furent légion. Ainsi en écoutant à l’envers « Break on through (to the other side) » des Doors paru en 1967, certains entendirent la phrase « I’m satan ».

 

 

Tandis que « Strawberry fields for ever » des Beatles passé à l’envers permettait d’entendre « I worship Satan » (« Je vénère Satan »).

 

 

A l’écoute rien de flagrant ou de probant. Mais ces allégations étaient suffisantes pour tenter de jeter le discrédit sur ces musiques nouvelles et faire peur aux parents inquiets pour leurs chérubins. La vitesse supérieure était passée avec L’album blanc des Beatles. L’utilisation de bandes passées à l’envers semblait patent, notamment sur la chanson « I’m so tired » où certains exégètes crurent entendre Lennon dire « Paul is a dead man, miss him, miss him, miss him ».

 

 

Il n’y avait pas à s’affoler puisque le dit Paul McCartney était en pleine forme et bien vivant [sauf pour quelques personnes vigilantes qui savent très bien que McCartney est mort et enterré depuis 1966 : Lennon ne clôt-il pas « Strawberry fields » par le lugubre « I burried Paul » (j’ai enterré Paul) ? ]*. Le problème vint du fait que Charles Manson, boucher hippie de la côte Ouest prétendit avoir puisé son inspiration du massacre de Sharon Tate et de ses amis dans l’écoute dudit Double blanc. L’illuminé sataniste apportait ainsi de l’eau au moulin des croisés anti-rock : cette musique était bien le nouvel instrument de Lucifer pour faire passer son message et corrompre la jeunesse et cette fois là, il y avait crimes de sang. Plus de doute possible, c’était donc bien la musique du diable ! Et ce n'est pas le tube des Rolling stones de l'année 68 ("Sympathy for the devil") qui ferait changer d'avis les croisés anti-rock .
* Sur la mort de Paul McCartney cliquez ici.
(Ci-dessous Lennon effectuant le "salut cornu" )

Avec 1968 et la libéralisation des mœurs, chacun n’hésita pas à brocarder tous les signes religieux et le rock stigmatisa ce mouvement. Ainsi en 1971 les Aphrodite’s child, issus pourtant de la très orthodoxe Grèce, ornèrent leur pochette du chiffre du malin (666) et un groupe de hard rock choisi comme dénomination Messe noire (Black sabbath).

Un cap fut franchi avec Led Zeppelin. Le groupe trainaît déjà depuis sa création en 1968 une réputation sulfureuse. De notoriété publique Jimmy Page était un adepte de la magie blanche et des signes ésotériques (le fait même qu’il ait perdu un tout jeune enfant devait d’ailleurs faire naître une des rumeurs les plus abjectes de la pop). Il habitait d’ailleurs dans le manoir d’un ancien grand occultiste britannique, Aleister Crowley qui figurait sur la pochette de Sergent Pepper’s lonely hearts club band. Lors de la sortie de Led Zeppelin IV en 1971, avec sa pochette sans nom, floquée de signes cabalistiques, tout était réuni pour que le « scandale » éclate. Les intégristes de tout poil se penchèrent sur l’objet du délit et découvrirent ce qu’ils souhaitaient trouver. Dans « Stairway to heaven » le couplet : “If there's a bustle in your hedgerow, don't be alarmed now, it's just a spring clean for the May queen. Yes, there are two paths you can go by, but in the long run there's still time to change the road you're on » à l’envers devenait « Here's to my sweet Satan. The one whose little path would make me sad, whose power is Satan. He'll give you 666, there was a little toolshed where he made us suffer, sad Satan. ».

 

 

Certains y découvrirent également – en écoutant à l’envers “Yes there are two paths you can go by but in the long run, There's still time to change the road you're on” – les paroles suivantes : “Glory glory to my sweet satan, there was a little child born, it makes me sad, whose power is satan” : deux références dans la même chanson c’était déjà beaucoup, mais il apparut que les imp(r)udents Led Zeppellin n’étaient d’ailleurs pas coupable de ce seul forfait, le couvert était resservi dans la chanson « Black dog » figurant sur le même album, où certains crurent entendre "Oh Satan, won't you tear flesh in my song."

 

 


La décennie 70, avec l’arrivée des groupes de Hard rock, Heavy metal, Death metal etc., donnaient un coup d’accélérateur à l’usage de la symbolique satanique, signe ô combien évident pour les pourfendeurs du rock que le mouvement de corruption de la jeunesse était bien entamé et bientôt irréversible. Plus tard, l’arrivée du rock satanique devait les conforter dans leur opinion. Même les sages Eagles firent les frais de cette chasse au Malin. Les anti-rock découvrirent des messages louant Satan dans leur succès planétaire « Hotel california » paru en 1976. « And I was thinking to myself, this could be heaven or this could be hell. Then she lit up a candle, and she showed me the way. There were voices down the corridor, I thought I heard them say... » (« Et j'ai pensé à moi-même, ceci peut être le paradis ou l'enfer. Puis elle a allumé une bougie, et elle m'a montré le chemin. Il y avait des voix dans le hall, j'ai pensé que j'ai les entendu dire... » ) devenait à l’envers: « Yeah Satan, oh he organized his own religion. Yeah, we know he should. Oh, it was delicious. He cooks them in a vat he fixes for his son which he gives away », c’est-à-dire : « Oui, le diable, oh, il a organisé sa propre religion. Ouais, nous savons qu'il doit. Oh, elle était délicieuse. Il les cuisine dans un chaudron qu'il répare pour son fils qu'il vend. »
 
Les métallurgistes de Judas priest eurent également droit à leur procès après les suicides - l'un réussi, l'autre avorté - de deux adolescents américains. Le prêtre Judas (tiens ! tiens !) était accusé d’avoir conduit ces deux adolescents au suicide en diffusant des messages subliminaux et des messages à l’envers sur leur disque. Le groupe fut blanchi par la justice.

Le mouvement devait se poursuivre suite aux différentes morts de fans de musiques sataniques à travers le monde. Certes, chez des jeunes gens déjà fragiles le caractère morbide de certains textes ou musiques ainsi qu’une certaine imagerie peut parfois les conduire au suicide. A une autre époque, des jeunes se suicidaient après la lecture des livres de Soren Kierkegaard sans qu’on y cherche la main du démon ou à interdire ses ouvrages.

Finalement l’univers de la "musique à l’envers" suspectée de satanisme c’est un peu l’auberge espagnole : on n'y trouve que ce qu’on y apporte, rien de plus !
Pour en savoir plus sur le subliminal dans le rock et sur les liens entre le rock et le satanisme on se reportera avec profit sur l'ouvrage suivant :
Henry Chartier, La musique du diable. Le rock et ses succès damnés, éd. Camion blanc, coll."Camion Noir", 770 p.

Publié dans Kulturock

Commenter cet article

Alex 15/05/2017 17:17

Anton Lavey apparaît sur le dos de la pochette d'Hotel California

pascal dulonton 10/02/2011 16:53



Les Zeppelin a fait peut etre un message satanique mais cela reste le meilleur groupe de rock du monde



FONZIEK 19/06/2010 20:45



Supers articles. De toutes manières dès que des groupes se rebellent on pense au satanisme. En même temps chacun est libre de ses actes et pensées. Avant de voir le mal dans les paroles
subliminales, écoutons ces morceaux cultes normalement. Longue vie au rock !!!



Brad 07/10/2009 11:54


Pour ce qui est de Judas priest, il s'agit entre autre de la chanson Painkiller à l'endroit. Pour ma part j'aime beaucoup cette chanson et je l'écoute parfois en boucle pendant des heures. En
tendant l'oreille ou lorsque je suis bien dans ma peau je ne trouve pas le passage. Par contre j'ai pu remarquer que fatigué ou déprimé l'on entend les mots "do it" fais le (il s'agit du suicide).
J'ai vu un reportage qui montrait les deux jeunes qui avaient écouté cette chanson en boucle avant que l'un d'eux ne coure prendre le fusil de son père pour tenter de se suicider. Je pense
personnelement qu'il y a une part de poudre aux yeux et d'entretien du mystère, mais peut être également une volonté moins avouable, difficile à établir devant des tribunaux. Libre à chacun d'en
penser ce qu'il veut (ce qui ne m'empêche pas de tjrs écouter cette chanson et d'être là aujourd'hui).


e pluribus 25/09/2009 19:07


ALEISTER Crowley