Joyeux anniversaire (à propos du 11 septembre)

Publié le par Athalide

 

Hier c’était " l’anniversaire du 11 septembre " : mais de quel anniversaire s’agissait-il exactement ? Celui des attentats New-Yorkais semble-t-il.

Nous aurions aimé en ce jour de commémoration qu’un événement n’en éclipsât pas un autre car hier c’était  également le 33e anniversaire du coup d’état au Chili.

Le 11 septembre 1973, le général Pinochet soutenu – pour ne pas dire plus – par les USA effectuait un coup d’état militaire. Le Palais présidentiel de La Moneda était pilonné par l’aviation et Allende acculé au suicide. S’ensuivit une grande vague de terreur à travers tout le pays. Les partisans d’Allende, démocratiquement élu faut-il le rappeler, étaient pourchassés et enfermés dans les Stades transformés pour l’occasion en immense prison à ciel ouvert. D’autres étaient tout simplement éliminés sans autre forme de procès (v. le martyr enduré par le chanteur Victor Jara).

Les États-Unis, " champion autoproclamés de la démocratie " aidaient ainsi au renversement de la plus vieille démocratie d’Amérique du Sud et engageaient le pays dans une dictature de près de 27 ans. Le régime militaire chilien est responsable de la mort ou de la disparition de 2 279 personnes (rapport Vérité et réconciliation, 1990), de l'emprisonnement de 100 000 personnes et à l’origine de l’exil d’environ un million de personnes.

La souffrance endurée pendant près de trente ans par tout un peuple ne méritait-elle pas qu’on s’y arrêtât un instant ?

Trop loin, trop pauvre, trop vieux et sans doute trop obscène de rappeler à ceux frappés d’amnésie (et en première ligne George W. Bush) que la ligne de fracture du monde n’est pas entre les bons et les méchants, les victimes et les bourreaux, les peuples civilisés et les barbares.

En cette période où le manichéisme est de mise et la simplification outrancière (pour ne pas parler de simplisme) de rigueur, fêter ces deux anniversaires aurait sans doute contribué à brouiller les cartes et à rendre compte de la complexité du monde. Les médias ne voulaient pas être complices de cette double trahison : la leur et celle des États-Unis.

(Si l'histoire du Chili vous intéresse: procurez-vous les films de Patricio Guzman et notamment le portrait qu'il a consacré à Salvador Allende)

 

 

Publié dans Brèves

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George W Bush 22/09/2006 17:49

Merci pour ce débat passionnant

Henry Kissinger 22/09/2006 16:33

oui, une différence de termes

Lucilio 22/09/2006 14:40

"...y'a une différence?"  Oui.

Lucilio 22/09/2006 14:39

"J'appelle cela une pétition de principe."  Tu appelles cela comme tu veux : la liste des innombrables attaques du gouvernement Allende contre le régime démocratique chilien est bien établie par les faits, les documents et les témoignages.   "Ce vote n'avait aucune légitimité et aucune base légale !"  On peut discuter de la légalité, encore que rien dans l'ordre juridique chilien n'empêchait le parlement d'adopter la résolution du 22 août 1973. Par ailleurs, il est amusant de reprocher au parlement chilien un non-respect à 100% de la légalité alors même qu'Allende violait systématiquement depuis trois ans cette même légalité. Quant à la légitimité, les parlementaires qui votèrent cette résolution avaient été élu par 60% de la population.   "Et mettre en oeuvre une dictature militaire.  Pas forcément, l'histoire latino-américaine regorge d'épisodes de ce genre où l'armée débarque un gouvernement mais qui remet presque immédiatement le pouvoir au civil.   "...sans coup d'état de Pinochet, il n'y aurait pas eu de crimes, des stades transformés en prison, etc."  Même remarque qu'au dessus, l'Amérique latine a connu, durant toute son histoire des dizaines et des dizaines de coup d'État (par exemple la Bolivie avec une moyenne d'un coup d'État tous les deux ans) qui ne se soldèrent que par très peu et même souvent pas de victimes du tout, seulement l'exil des perdants. Il est certain que les parlementaires chiliens pensaient à ce cas de figure (un peu à l'image de ce que l'on voit aujourd'hui avec le coup d'État soft en Thaïlande) lorsqu'il firent appel à l'armée pour faire cesser les activités illégales et anticonstitutionnelles du gouvernement Allende.   "Tu acceptes les causes de la dictature..."  Je n'accepte rien, j'explique comment et pourquoi a eu lieu le coup d'État.   "...en te félicitant du coup d'état..."  Faux. Rien dans mes propos ne permet de tirer de telles conclusions.   "...mais tu en rejette les conséquences..."  Faux. Je condamne les crimes commis durant la dictature militaire.   "...il faut être bien naïf pour penser que quand les militaires ont le pouvoir ils le rendent au peuple immédiatement."  Il n'y a absolument rien de naïf là-dedans. Un simple exemple historique le démontre : la révolution des oeillets au Portugal, la même année, qui fut également un putsch militaire.   "...le soutien apporté par les USA à tous ces événements!!!!"  On a déjà démontré plus haut qu'il n'existe aucune preuve de l'implication des États-Unis dans le coup d'état qui renversa Allende (même s'il étaient au courant de sa préparation).

Carmelo 22/09/2006 14:32

"Tout d'abord, Pinochet n'était pas libéral, mais conservateur. "
y'a une différence?