Bernard LAVILLIERS - O gringo

Publié le par Athalide

Bernard LAVILLIERS - O gringo

Le baroudeur stéphanois poursuit depuis le début des années 70 une carrière jalonnée d'albums exigents mais inégaux.

O gringo (1980)

Rock city / La salsa / Traffic / O gringo / Sertao / Attention fragile / Pierrot la lame / Stand the ghetto / Kingston / Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

Fini la France et Saint-Étienne, Lavilliers rapporte de ses voyages de l’autre côté de l’Atlantique ce disque empli des parfums et des effluves du nouveau continent (" O gringo "), teinte ses compositions des rythmes locaux (l’efficace " Stand the ghetto " enregistré à Kingston) reggae capté lors de son séjour en Jamaïque et ramène dans ses filets une " Salsa " du plus bel effet. De Kingston à New York, il a accumulé dans sa besace souvenirs d’amour (la délicate " Attention fragile ") et impressions de voyage, faisant alterner les ambiances et les humeurs.

Mais le disque n’est pas un catalogue couleur d’agence de voyages sur les destinations du Sud. Lavilliers chante le plus souvent la misère au soleil (" Sertao ") et la violence de certains quartiers offrant des instantanés et des portraits ("  Pierrot la lame ") qui en disent plus long que bien des discours sur l’Amérique du Sud. Mais le disque est également parcouru des tressaillements de la violence des grandes villes occidentales (le très nerveux et réussi " Traffic " ou encore " Rock city ") dont n’est pas étranger son séjour à New York.

Le disque se clôt avec la très réussie reprise de " Est-ce ainsi que les hommes vivent ? ", poème d’Aragon mis en musique par Léo Ferré dans les années 60, qui ramène l’insatiable voyageur sur le vieux continent.

O gringo par sa diversité musicale, sa variété de climats et la qualité de l’écriture reste un des meilleurs albums de Lavilliers : dépaysement garanti.

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