Nick Drake - Pink moon

Publié le par Athalide

Nick DRAKE - Pink moon

Nick Drake a traversé le monde musical à la vitesse d'une météorite. Artiste lunaire, doté d'un excellent jeu de guitare acoustique et féru de poésie, il se lance très tôt dans l'écriture de chansons.  Puis il décide de tout sacrifier à cette passion, abandonne ses études, fait quelques concerts, finit par être signé dans une maison de disques et publie son premier opus : Five leaves left (1968). Reconnu par la presse mais boudé par le public, Nick Drake sort deux ans plus tard Bryter layter. L'album une nouvelle fois excellent ne parvient pas à séduire le public pas plus que son dernier disque Pink moon paru en 1972. Le jeune homme, découragé et en proie à de graves problèmes personnels songe à tout arrêter et retourne vivre chez ses parents. Il y est retrouvé mort à l'automne 74. Après avoir connu une longue période d'oubli, l'oeuvre de Nick Drake ressort de l'ombre et attire de plus en plus d'amateurs séduits par ses albums délicats aux mélodies finement ciselées. Ce retour en grâce d'un artiste discret mais essentiel n'est que justice tant ses trois albums sont chacun dans leur genre des chefs-d'oeuvre essentiels.

Pink moon (1972)

Pink moon / Place to be / Road / Wich will / Horn / Things behind the sun / Know / Parasite / Free ride / From the morning

Pink moon est le dernier album de Nick Drake enregistré peu de temps avant que l'artiste ne perde définitivement pied dans ses problèmes personnels et que ne s'accélère sa descente vertigineuse dans la dépression. Mis en boîte en deux nuits, avec pour seule présence à ses côtés l'ingénieur du son de ses débuts, Nick Drake accompagné de sa guitare acoustique accouche dans la douleur d'un des plus beaux et douloureux albums. Nick le tourmenté, après avoir ajouté un lumineux trait de piano sur le titre éponyme, laissera le reste du disque dans l'épure complète, mais non dans le dénuement tant son jeu de guitare est riche, véloce et subtil. Drake l'obscur, poète maudit, jette au grand jour son incommunicabilité devenue insupportable ("Know"), son mal être ("Parasite") et ses angoisses. Mais le disque ne sombre pas dans le désespoir le plus noir grâce au dernier morceau ("From the morning") d'une beauté et d'une quiétude saississante. C'est d'ailleurs de cette chanson que sont extraits les vers gravés en guise d'épitaphe sur sa pierre tombale, lui qui quitta ce monde (suicide ou accident ?) un jour triste d'automne 74. 

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