Le grand Meaulnes (Jean Albicocco)

Publié le par Athalide

Le grand Meaulnes (Jean-Gabriel Albicocco) 1967

" Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189... Je continue à dire " chez nous ", bien que la maison ne nous appartienne plus. Nous avons quitté le pays depuis bientôt quinze ans et nous n'y reviendrons certainement jamais. "

Avant qu’à la rentrée ne déferle la nouvelle adaptation du chef-d’œuvre d’Alain-Fournier (par Jean-Daniel Verhaegue), il faut rappeler que Jean Albiccoco a en 1967, avec la caution morale de la sœur de l’écrivain (Isabelle Rivière à qui est dédié le film), tourné une adaptation (définitive) de ce merveilleux roman.

On imagine avec peine comment Yvonne de Galais pourrait être mieux incarnée que par la fragile Brigitte Fossey et qui pourrait surpasser Jean Blaise dans le rôle d’Augustin Meaulnes ?

Pour l’heure, il faut voir Le grand Meaulnes de Albicocco car le réalisateur est parvenu à rester totalement fidèle au roman, restituant même les dialogues-clés, sans pour autant livrer une adaptation servile. Il est arrivé à imprimer sa lecture sans jamais trahir l’auteur et à conserver la féerie et le mystère de l’ouvrage, contentant tout à la fois les exégètes du Grand Meaulnes et les fanas de cinéma.

Si le parti pris esthétique, avec force utilisation de filtres, peut dérouter, il s’avère en réalité efficace pour renouer avec la magie du roman. À ce titre la scène de la fête au domaine perdu est de toute beauté, magnifiquement soutenue par la musique de Jean-Claude Bourtayre.

Film poétique et délicat, Le grand Meaulnes mérite beaucoup mieux que l’oubli dans lequel il est étrangement tenu.

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