New order ou le règne musical d'un ordre nouveau

Publié le par Athalide

New order ou le règne musical d'un ordre nouveauNew order

Des musiciens new wave purs et durs devenus les demi-dieux des dancefloors et dont chaque simple durant les années 80 allumait des incendies dans les clubs : la conversion a de quoi interloquer ! Incontestablement, New order est un groupe à part, parvenu à trouver la recette d’un cocktail explosif, mélangeant électronique et acoustique, alliant austérité et futilité, surcharge et minimalisme, oscillant entre le pompiérisme, l’emphase et l’authenticité.

Il reste un des seuls groupes de cette époque à être parvenu à résoudre l’impossible équation qui voulait que la musique dansante soit forcément décérébrante. Sur son nom, New order est parvenu à réconcilier un certain nombre de " mélomanes " et de fanas de musiques rythmées.

Aujourd’hui, même si le groupe continue de (se) produire, l’âge d’or est révolu, et quand on évoque New order, c’est celui de la grande époque auquel on songe avec nostalgie, celui où L’ordre nouveau symbolisait les noces réussies de la new wave et de l’électronique.

C’est sur les ruines fumantes du défunt Joy division que débute l’épopée de New order. Tandis que Ian Curtis se balançait encore au bout de sa corde, avec laquelle il avait mis un terme en mai 1980 à son mal être et par la même occasion à Joy division - dont il était le leader et le chanteur, les trois jeunes rescapés de l’aventure décident de changer de registre et forment New Order. Ainsi s’achève, après trois ans d’existence et autant d’albums (dont Closer à titre posthume), l’aventure Joy division. New order New order New order New order New order

En changeant de nom, ces musiciens décident également de changer de musique, et va ainsi s’opérer une des plus étonnantes mutation de l’histoire de la pop, car au fil du temps la formation va prendre ses distances avec la New wave froide et désespérée, pour s’orienter vers une pop synthétique et dansante. L’évolution tournera donc à la révolution et en étonnera plus d’un.

Pour l’heure, Bernard Sumner (guitare, clavier) tient désormais le chant, tandis que Peter Hook conserve la basse et Stephen Morris la batterie, Gillian Gilbert – compagne de Morris – venant prêter main forte à la formation aux guitares et synthés.New order New order New order

La formation ainsi composée fait paraître en 1981, Movement. L’album n’est pas convainquant notamment parce qu’il ne parvient pas véritablement à opérer la césure avec Joy division. Le fait que l’album contienne les derniers titres écrits par Joy division (" Ceremony ", " In a lonely place " sortis peu de temps avant l’album) et qu’il soit produit par Martin Hannett présent sur les albums de la défunte formation n’y est pas étranger. De plus, Bernard Sumner, singeant Ian Curtis, montre quelques faiblesses au chant.

Le groupe contribue à la création de l’Hacienda, club situé à Manchester dont l’inauguration a lieu en mai 1982. Rapidement, il deviendra le temple des musiques nouvelles et incarnera à lui seul le renouveau de la scène dance et électronique et sera le catalyseur des mouvements musicaux des quinze prochaines années. Il sera également un excellent moyen de diffusion de la musique de New Order et de son label Factory.New order New order New order

Le groupe, qui n’en oublie pas pour autant la musique, change de producteur, opère une véritable mutation et sort coups sur coups deux simples marquants (" Temptation " et " Everything's gone green ") qui percent dans les boîtes de nuit. New order

Mais c’est " Blue Monday ", maxi vendu dans une anonyme pochette en forme de disquette, qui met le feu aux poudres dans les clubs et permet au groupe d’augmenter sensiblement son audience sur toute la planète. Ce titre vendu à plus de trois millions d’exemplaires – qui sera plus tard remixé par Quincy Jones – avec son intro devenue désormais classique et ce son aisément reconnaissable mélangeant instruments acoustiques et électroniques le tout sublimé par la basse mélodieuse de Hook, trouve le juste équilibre entre le côté froid et martial de la New wave et l’hédonisme des morceaux dansants. New order

Ce succès phénoménal éclipse leur second album sorti sur la lancée, Power corruption and lies - à la pochette signée Peter Saville – et toujours orienté très dance. New order

À la suite, paraissent les excellents " Confusion " (septembre 1983) et " Thieves like us " (mai 1984), enregistrés avec le producteur new-yorkais Arthur Baker. New order

Le groupe poursuit alors une démarche commercialement suicidaire. En effet, outre les pochettes sur lesquelles ne figure généralement aucun nom de groupe ni aucun signe distinctif permettant d’attirer le chaland, New order se paie le luxe de ne jamais intégrer dans ses albums ses hits sortis uniquement en simples. De plus, la formation se montre très peu et reste avare en interview. Pourtant, cette démarche ne nuit ni à leurs ventes, ni à leur notoriété. Elle ne leur évite pas non plus d’être un peu hâtivement rangés dans la catégorie des groupes commerciaux sous-prétexte qu’ils font une musique dansante et ont des chiffres de vente à faire pâlir d’envie beaucoup d’artistes, pour le coup, résolument commerciaux dans leur démarche et leur production.New order New order

En 1985, Low-life, leur troisième opus, confirme l’évolution du groupe qui s’oriente franchement vers une techno-pop-évolutive en poussant loin le souci de production. Sumner a pris de l’assurance au chant et sa voix ainsi que la basse de Peter Hook sont une véritable marque de fabrique du groupe. Les simples accompagnant la sortie de l’album (" Shellshock " et " The perfect kiss ") sont d’excellente facture et symptomatiques de l’évolution suivie par le groupe qui, pour la première fois, apparaît en photo sur la très réussie pochette signée Peter Saville.

L’automne 1986 voit la sorti de Brotherhood, et " Bizarre love triangle " se taille la part du lion dans les charts. Ce disque marque l’apogée d’un style et d’un son forgé au travers des années par une formation souvent copiée mais rarement égalée. " State of the nation ", morceau le plus fort du disque, symbolise à lui seul cette perfection.New order

L’année suivante paraît le double album Substance, excellente compilation des succès et face B. Ce disque permet aux amateurs ayant raté la sortie des simples et des maxis - car New Order présente la particularité de ne pas intégrer aux albums ses hits ayant cartonnés dans les charts - de réparer leur erreur et rattraper leur retard en leur offrant les douze premiers simples, faces B incluses. Cette compilation permet de prendre la mesure de l’évolution du groupe opérée en moins de sept ans. Il est la meilleure porte d’entrée dans l’univers New order. La sortie est accompagnée par le simple " True faith " (présent sur Substance) produit par Stephen Hague (v. son travail avec Pet shop boys).New order

Même si en 1989, Technique, leur nouvel album enregistré à Ibiza, se vend bien, il marque un coup d’arrêt dans l’évolution du groupe. New order qui avait contribué à forger le son des années 80 se trouve désormais à la traîne, et le succès remporté ne peut masquer le tarissement de l’inspiration d’un groupe à bout de souffle.

Les tensions au sein de la formation ainsi que le désir de voler de ses propres ailes conduit chacun des membres à prendre du recul par rapport à New Order. Ainsi Bernard Sumner s’acoquine avec l’ancien Smiths Johnny Marr pour former le noyau dur d’Electronic. On le retrouve également aux côtés des Chemical brothers. Peter Hook lance les groupes Revenge et Monaco et plus récemment se lancera dans le projet Freebass (2005), tandis que les deux autres (Morris et sa compagne Gillian) forment The other two New order

À l’occasion du Mondial italien en 1990, le simple " World in motion ", destiné à soutenir l’équipe anglaise de football, rencontre un beau succès. Succès cependant insuffisant pour remettre à flot leur label Factory ; et c’est finalement Warner qui publie en 1993 Republic nouvel opus décevant du groupe même si l’enthousiasmant " Regret " se vend très bien aux USA. Puis le groupe disparaît. New order

Après plus de huit ans d’absence, New order revient sur le devant de la scène avec le très remarqué Get ready (auquel participe Billy Corgan, ancien leader des Smashing Pumpkins). Sur sa lancée le groupe part en tournée mais sans Gillian Gilbert remplacée par Phil Cunningham. Puis en 2005, la formation Mancunienne sort Waiting for the sirens call qui renoue très ouvertement avec le son forgé dans les années 80.

Discographie

Movement (1981)

Power, corruption & lies (1983)

Low-life (1985)

Brotherhood (1986)

Technique (1989)

Republic (1993)

Get ready (2001)

Waiting for the Siren’s call (2005)New order

 

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Publié dans Kulturock

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seb 18/06/2006 17:24

Très fine analyse de l'évolution de ce groupe qui s'est dilué avec le temps dans une pop moins convaincante comme en témoigne leurs deux derniers opus.
Et que dire de ces générations de mancuniens qui ont fait (et continuent) leurs premiers pas à la mythique Hacienda.  Oh Manchester !