Robert WYATT - Rock bottom

Publié le par Athalide

WYATT Robert - Rock bottom

Après avoir débuté sa carrière en 1963, il forme trois ans plus tard le groupe Soft machine dans lequel son jeu de batterie fait merveille. Il quitte la formation après la parution de leur quatrième album, le bien nommé Fourth, et fonde Matching Mole en 1972. C’est alors que le troisième album est en pleine phase de maturation que Wyatt fait une grave chute qui le cloue sur une chaise roulante. Il abandonne groupe et batterie et entame une carrière solo ouverte par l’album Rock bottom (1974) suivi de près par Ruth Is Stranger Than Richard. Puis il met entre parenthèse sa carrière pour devenir porte-parole du parti communiste britannique. Ce long silence radio est rompu par la sortie de l’album Dondestan (1991), suivi six ans plus tard par Shleep puis Cuckooland (2003).

Rock Bottom (1974)

Sea song / A last straw / Little red riding hood hit the road / Alifib / Alife / Little red Robin Hood hit the road

Deuxième album solo de Wyatt (après The end of an ear), mais premier album de sa période post-Soft Machine et Matching mole, ce disque est surtout celui de l’après accident. En effet, peu de temps avant, vraisemblablement sous l’empire d’alcools et de drogues, Wyatt a fait une chute du troisième étage et en est ressorti définitivement privé de l’usage de ses jambes. Contraint d’abandonner la batterie, Wyatt va mettre un terme au projet d’album qu’il mûrissait pour son groupe Matching mole et compléter le matériel prévu pour en faire un album solo.

Le projet prend forme durant son séjour à l’hôpital. Peu de temps après sa sortie, Wyatt rentre en studio pour graver Rock bottom entouré de ses amis musiciens dont Nick Mason, batteur de Pink Floyd, qui produit l’album.

Rock bottom, aux ambiances souvent étranges et pesantes, voire morbides, est au carrefour de la pop traditionnelle, du rock progressif et du jazz. L’originalité du disque vient tout à la fois des arrangements complexes (avec bandes inversées, claviers arrangés), des structures ouvertes des compositions, mais également de l’utilisation du timbre de voix particulier de Wyatt. Les passages récités par Ivor Cutler ( not. sur " Little red riding hood hit the road ") renforcent cette sensation d’angoisse, distillant une fausse douceur onirique déclinant vers un mauvais rêve. À l’inquiétude saisissante suscitée par les cuivres de " Little Red Riding Hood Hit The Road ", succède des morceaux apparemment plus légers (" Sea song ") mais plombés par la tonalité grave du disque qu’expliquent les circonstances douloureuses de sa maturation.

Avec Rock bottom, étonnant à plus d’un titre et dont l’humour n’est pas absent, Wyatt créé au delà de sa douleur une œuvre riche et difficile ; une pièce sans équivalent.

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aurelio 27/05/2007 22:06

J'aime cet album! C'est un des meillieurs que j'ai jamais écouté. Il est vraiment touchant, parce-qu'il conduit dans la part la plus profonde de l'ame. [Excusez mon Français... je ne l'écris pas chaque jour!]

Athalide 14/02/2007 12:30

Bien vu, je m'en vais de ce pas corriger cette impardonnable erreur !

neilimes 14/02/2007 03:59

Heu Nick Mason était le batteur des Pink Floyd et surtout pas un claciériste (c'était Wright...). Sinon la critique est plutôt bonne.
Désolé d'aoir à rammener ma fraise...
Bon courage votre site le mérite !
Emilien