Van MORRISON - Astral weeks

Publié le par Athalide

Van Morrison - Astral weeks

Ce musicien originaire de Belfast après avoir fait partie des Them et signé leur plus grand tube (" Gloria ") les quitte et débute une carrière solo. Son premier album contient également son premier tube (l’entraînant " Brown eyed girl "). Mais Van Morrison, bien décidé à ne pas s’enferrer dans un style, change littéralement de traitement musical pour son deuxième album (Astral weeks) chef-d’œuvre de maturité pour un musicien de 23 ans. Jusqu’en 1973, il enchaîne albums de qualité contenant quelques titres inscrits désormais dans la mémoire populaire de " Moondance " à " Jackie Wilson said (I'm in heaven when you smile) ".

Ayant pris de plus en plus de recul avec le show-biz, l’inflexible Van Morrison poursuit depuis son bonhomme de chemin, jalonné d’albums encore intéressants même s’ils ne sont plus essentiels. Qu’importe, dès 1968 il avait déjà effectué la plus grande partie de sa contribution à la musique pop et inscrit son nom en lettres d’or au fronton des temples édifiés en l’honneur de la pop.

Astral weeks (1968)

In The Beginning : Astral Weeks / Beside You / Sweet Thing / Cyprus Avenue - Afterwards : The way young lovers do / Madame George / Ballerina / Slim slow slider

 Astral Weeks, album concept sorti en novembre 1968, fut enregistré à New York en trois jours. Van Morrison s’est entouré pour l’occasion de jazzmen réputés tels que le batteur Connie Kay (membre du Modern Jazz Quartet), le contrebassiste Richard Davis (vu avec Sarah Vaughan, Oscar Peterson, Eric Dolphy), le guitariste Jay Berliner (vu aux côtés de Charles Mingus).

D’entrée, il faut couper court à la rumeur qui veut que le caractère irascible de Van Morrison l’aurait contraint à ne pas enregistrer aux côtés des autres musiciens. Certes, les rapports entre les musiciens et l’intraitable Morrison ne furent pas très chaleureux du fait de la timidité de ce dernier, mais cela n’a nullement empêché le chanteur de Belfast d’enregistrer avec les autres dans les conditions du direct. Finalement, seuls les cordes et les cuivres furent rajoutés par la suite. C'est cette fraicheur et cette spontanéité qui marque à la première écoute. Il faut d’ailleurs féliciter le barde celtique d’avoir laissé la plus grande latitude à ces talentueux jazzmen.

Trois jours suffirent pour mettre en boite l’album. À l’écoute du résultat, on peut être inquiet pour ceux qui passent plus de trois mois en studios.

On retrouve sur ce disque tout ce que l’on aime chez Van Morrison : cette voix incroyable de puissance et d’expressivité, ces compositions de qualité et surtout ce swing redoutable qu’on ne trouve guère que dans la musique noire. Mais il y a encore beaucoup plus sur cet opus : des arrangements innovants pour l’époque opérant une synthèse entre le rock, la pop, la folk, la soul et le jazz. Van Morrison le ténébreux a créé un écrin pour des compositions souvent excellentes (v. not. les imparables " The way young lovers do " ou " Sweet thing ") et invente un alphabet qu’il n’utilisera plus guère mais qui marquera fortement d’autres artistes. Comment ne pas songer que les climats évocateurs d’Astral weeks n’aient pas influencé Nick Drake ?

Ce disque sans tubes, presque ignoré à sa sortie, va voir sa notoriété croître au fil des années jusqu’à devenir un disque référence. Astral weeks est sans conteste le meilleur album de l’Irlandais bourru à la carrière pourtant jalonnée de très bons disques (v. not. Moondance ou St Dominic’s preview). Il est également un des très grands albums de la pop.

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Azo 02/11/2006 18:25

Je discutais avec un collegue qui se trouve etre de Belfast. Nous allions a cette heure chercher nos sandwichs et nous ecoutions VM dans la voiture. J'appris a cette occasion que le souvenir le plus memorable pour le gars avec qui je bosse, c';etait ce fameux concert a Belfast ou Van vint en scene, le manteau sur les epaules, chanta trois quart d'eure et s'en fut.
Shocking isn't it?