Camping

Publié le par Athalide

Camping, Fabien Onteniente (2006)

Voilà un film dont on se dit qu’il y a fort à parier que seule la bande annonce soit drôle. Mais, poussé par la curiosité, on y va avec le secret espoir de passer un bon moment avec des acteurs sympathiques, qu’il s’agisse de l’ancienne génération (Brasseur, Demongeot) ou de la plus si jeune relève (Lanvin, Dubosc, Seignier).

Le réalisateur Fabien Onteniente (v. Jet set) a utilisé une des recettes classiques du cinéma comique : la rencontre de deux univers différents entraînant un choc des cultures. En l’occurrence ici, le cinéaste va faire se rencontrer un chirurgien esthétique du 16e arrondissement (campé par Gérard Lanvin) et sa fille obligés de côtoyer une bande de vacanciers-types estampillés beaufs. Si ce long métrage n’est pas la réussite comique de l’année (bien que dans l’ambiance vacances il s’en sorte mieux que le calamiteux Bronzés 3), il permet cependant de passer un moment somme toute pas désagréable.

Dubosc, alias Patrick Chirac et sa R21 de folie, en fait des tonnes dans son éternel registre du beauf dragueur attifé d’un maillot de bain avec poutre apparente. Si les gags ne font pas tous mouche, il parvient dans la masse à déclencher quelques rires et de nombreux sourires (il faut le voir danser !). Gérard Lanvin en chirurgien esthétique, peu sympathique et rigide est une nouvelle fois impeccable, tout comme le vieux couple Brasseur et Demongeot.

Il faut bien reconnaître une qualité à ce film, c’est d’avoir sur recréer l’ambiance de ces Camping français avec leurs lots d’habitués qui viennent chaque année à la même date et aux mêmes emplacements passer leurs vacances. Le quotidien de ces estivants avec les animations camping, la queue aux douches, les tournois de volley, les apéros anisés et la boîte de nuit (en l’occurrence ici le Shogun) est particulièrement bien rendu. On regrettera tout de même l’absence du concours de pétanque, grand rendez-vous des campeurs français !

Le point de vue adopté par le réalisateur n’est pas celui de la raillerie méchante, ni une charge envers ces prétendus " beaufs " mais un regard plutôt distancé et amusé d’où une certain tendresse n’est pas absente (il est vrai que le réalisateur n’est quand même pas fou au risque de se couper d’une partie de son public). En définitive, il est fort à parier que Camping réussira là où le dernier Bronzés a échoué car à coup sûr, ce film laissera des traces dans le vocabulaire des adolescents et fera parler de lui dans les campings cet été !

Publié dans Les films de Kul

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