William IRISH

Publié le par Athalide

William IRISH - La valse dans les ténèbres

De son vrai nom Cornell George Hopley Woolrich, est né en 1903 à New York. Issu d’un milieu aisé, après le divorce de ses parents, il suit son père ingénieur des travaux publics sur les chantiers au Mexique, à Cuba et aux Bahamas. A 15 ans il revient à New York vivre avec sa mère, pianiste de profession et poursuit ses études à la Columbia University. Contraint à l’immobilité à cause d’une maladie contractée durant ses études, il met à profit son temps libre pour écrire son premier roman fortement influencé par Scott Fitzgerald qui paraît en 1926 (Chef d’accusation). Puis Les enfants du Ritz, publié l’année suivante, reçoit un prix de 10 000 dollars. Hollywood le charge alors d’adapter le livre en scénario.

Il se marie en 1930 avec Violet Virginia Blackton, la fille d’un producteur, mais ce mariage est annulé au bout de trois semaines et il retourne vivre avec sa mère à New York, dans une sordide chambre d’hôtel de Harlem. Il semblerait que ce divorce l’ai convaincu de son homosexualité et de son impossible conversion à l’hétérosexualité (il aurait d’ailleurs laissé à sa femme une valise fermée contenant un carnet où aurait été reporté toutes ses aventures homosexuelles).

Essuyant refus sur refus pour la publication de ses nouveaux ouvrages, il subsiste en publiant des nouvelles dans les Pulps. Mais en 1940, il parvient enfin à se faire publier, et La mariée était en noir devient un succès tant public que critique (il sera couronné aux USA en 1949 par un Edgar et en France par le prix de littérature policière 1953). L’auteur est si prolixe durant ces années qu’il se fait publier sous trois noms : William Irish, Cornell Woolrich et George Hopley. Puis, Irish plonge dans un silence littéraire coïncidant avec la maladie puis le décès de sa mère en 1957. Cette dernière sera morte sans avoir jamais pu lire un seul des livres de son fils, ce dernier lui ayant formellement interdit.

Inconsolable du décès de sa mère, il sombre dans une profonde déréliction et trouve un réconfort dans l’alcool. En perte d’inspiration, il vit comme un reclus errant de chambres d’hôtel en chambres d’hôtel. Son diabète non soigné contraint le corps médical à l’amputer d’une jambe atteinte de gangrène. Il meurt d'une attaque à New York en 1968 en lèguant un million de dollars à l’Université de Columbia au nom de sa mère.

C'est au cimetière Ferncliff à Hartsdale à New York que réside désormais l'une des plus grandes figure du polar et un des grands écrivains du XXe siècle.

Les romans de Irish ont été portés à l’écran plus d’une vingtaine de fois. Il faut notamment retenir : La Mariée était en noir et La Sirène du Mississipi par François Truffaut, Fenêtre sur Cour d'Alfred Hitchcock, J’ai épousé une ombre par Robin Davis. Il faut malheureusement déplorer la dénaturation des romans d’Irish par le cinéma.

Parmi l’œuvre foisonnante de Irish on choisira notamment :

L’heure blafarde, La sirène du Mississippi (excellent roman intitulé en anglais Valse dans les ténèbres et que les éditeurs affublent du nom de la médiocre adaptation de Truffaut), Lady Fantôme, J’ai épousé une ombre.

Publié dans Polar

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