Jean-Michel JARRE - Oxygène

Publié le par Athalide

JARRE Jean-Michel

Fils du compositeur de musique de film (Maurice Jarre), le jeune Jarre n’aura pourtant aucun contact avec son géniteur et ne peut donc être catalogué dans la rubrique " fils à papa ". Après avoir participé à quelques groupes de rock, il rejoint Pierre Schaeffer au GRM (Groupes de Recherches Musicales) et fait ses premières armes dans l’expérimentation musicale. Il écrit en 1971 Aor joué à l’Opéra de Paris, puis quitte le GRM, enregistre une musique de film (Les granges brûlées,1973) et mène une carrière de parolier (Christophe, Françoise Hardy, Gérard Lenormand). Il faut attendre la sortie de son album Oxygène pour que le grand public connaisse son nom. Le disque remporte un succès mondial. Deux ans plus tard il sort Équinoxe qui rencontre, lui aussi, les faveurs du public. Il inaugure la série de ses prestations scéniques géantes et gratuites avec un concert place de la Concorde à Paris qui, contre toute attente, réunira un million de personnes. Par la suite, Jarre publie le novateur Chants magnétiques et part donner des concerts dans la très fermée Chine populaire (Les concerts en Chine, 1982). Pour son album suivant (Zoolook), qui marque l’éclosion de l’échantillonnage, il cherche à se renouveler en s’entourant de prestigieux musiciens (Laurie Anderson, Marcus Miller, Adrian Belew). Puis en 1986, c’est la sortie de Rendez-vous, accompagnée de mega-concerts (Houston puis Lyon). Sa cote de popularité est au plus haut, la redescente va progressivement s’amorcer. Jarre a de plus en plus de mal à se renouveler, talonné qu’il est dans la musique électronique par la génération montante. Pas plus Révolutions, En attendant Cousteau, Chronologie qu’Oxygène 7-13 ne parviennent à enrayer le déclin de sa carrière. Il convie sur Métamorphoses paru en 2002, Natacha Atlas, Laurie Anderson ou encore Andrea Corr (des Corrs), mais ces interventions ne relèvent pas le niveau d’une production qui a définitivement perdu toute trace d’originalité et se normalise jusqu’à ne plus offrir aucune singularité. Son dernier opus, Aero, s’il apporte un indéniable progrès dans l’enregistrement en étant totalement conçu pour la technologie 5.1, ne parvient cependant pas à reconquérir le public.

OXYGENE (1976)

Oxygène part I / Oxygène part II / Oxygène part III / Oxygène part IV / Oxygène part V / Oxygène part VI

Jarre parvient au milieu des années 70 à sortir son premier véritable album. Après avoir essuyé nombre de refus polis des grandes maisons de disques persuadées que ce genre de disque n’intéresse pas le public, Jarre atterri chez Francis Dreyfus. À la surprise générale, Oxygène va rencontrer un succès aussi rapide que fulgurant à travers la planète, et symboliser à lui seul l’entrée de la musique synthétique dans les hit-parades.

Pourtant la musique électronique existe déjà depuis un moment, qu’il s’agisse des expérimentations réalisées dès le début des années 50 (par Pierre Schaeffer, Luciano Berio ou encore Stockhausen), des essais déprimants de Georges Harrison (not. Electronic sound en 1969), des longues fresques austères ou délirantes des Allemands de Tangerine Dream ou de Kraftwerk. Jusqu’aux Hot butter qui décrochent la timbale avec le synthétique et balbutiant " Pop corn " en 1972. Jarre ne peut donc être considéré comme le pionnier de ce genre.

Son véritable apport fut d’ouvrir la musique électronique au plus grand nombre, en la sortant des laboratoires expérimentaux du GRM ou des milieux branchés. Jarre y est parvenu en faisant preuve d’un sens de la mélodie et d’un talent pour faire surgir des atmosphères " spatiales " incitant à la rêverie et composant des morceaux (not. " Oxygène IV ") qui alliaient la simplicité de l’écriture pop à une production léchée et une maîtrise de l’orchestration électronique exemplaire. Une grande partie de la magie d’Oxygène réside dans l’art d’avoir su créer des climats éthérés et parfois angoissant et dans sa capacité à savoir ménager les thèmes d’ambiances et les thèmes musicaux forts. Jarre a su trouver les sons justes et la juste mesure entre les thèmes hypnotiques et entêtants et la fantaisie pop. Cet album est une vraie réussite, jusqu’à la pochette - formidable pendant imagé de la musique – dû au talent de Michel Granger. L’album recevra le Grand prix du disque de l’Académie Charles Cros.

Malgré les bonds technologiques successifs subis par l’électronique musicale, cet album enregistré à la maison n’a pas vieilli. Preuve qu’avec un minimum de moyens il était possible d’enregistrer des disques tenant la route, loin de la bouillie synthétique qui a fini par envahir nos ondes.

Par la suite les albums se succèderont sans retrouver la magie et l’état de grâce du premier album (malgré quelques disques intéressants tels que Équinoxe, Concerts en Chine, ou dans une moindre mesure Chants magnétiques).

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Commenter cet article

Chewie 20/05/2006 17:12

Quel comble pour un parolier "talenteux" de n'avoir fait sous son nom que des instrumentaux (sans compter le navrant titre Révolution, Révolutions et son binaire "Computer / No computer" (sic!). Le déclin de Jean-Michel Jarre commença le jour ou le commun des mortel pu, pour quelques milliers de francs (monnaie disparue aujourd'hui), s'équiper de matériel informatique et rivaliser depuis son garage avec le maître...élève qui finit par rapidement le dépasser!