Eric CHARDEN - 14 ans les gauloises

Publié le par Athalide

CHARDEN Eric

C’est peut être un des plus grands gâchis de l’histoire de la pop française. Charden sera passé à côté de sa carrière accumulant les erreurs et faisant souvent preuve d’une certaine indolence. Après des débuts prometteurs où il met son talent de compositeur au service de chanteurs à succès (notamment le jovial « Mais quand le matin » pour Claude François en 1967), il enregistre ses propres disques et rencontre un important succès avec « Le monde est gris, le monde est bleu » en 1968. Puis, il décide de chanter avec Stone et dès lors, en peu de temps, le couple à la ville et le duo sur scène rencontre un succès considérable enchaînant les tubes à une cadence infernale. Charden fait alors montre de son sens de la mélodie et livre des compositions qui, loin d’être toutes inoubliables, comportent pourtant leur lot de refrains imparables malgré des paroles un brin populo confiées aux œuvres de mercenaires de la variété. Puis le couple se sépare, Charden poursuit une carrière solo que la parenthèse Stone n’avait jamais totalement arrêtée. Il signe une comédie musicale (Mayflower en 1976), marque la jeune génération avec le générique du dessin animé Albator version 1978 puis San ku kaï et fracasse tout dans les boîtes de nuit de la côte d’Azur à Saint-Malo en 1979 avec le presque parodique « L’été s’ra chaud ». Il tente encore quelques albums ambitieux notamment avec Phil Manzanera, mais le public ne suit pas. Depuis, entre deux soirées revival années 70, on attend toujours son retour en grâce, d’un artiste qui n’en finit pas de traverser un désert que son dernier album (J’suis snob) n’arrêtera malheureusement pas.

 

  

 14 ans les gauloises (1974)

Enfant c'est le matin / Dis bonsoir au monsieur / L'enfant unique / 14 ans les gauloises / Sortie nocturne / Orchestral nocturne / Marie, Marie / Je te ferai un garçon / Le rêve / Je suis grand

 

14 ans les gauloises préfigure ce qu’aurait pu être la carrière de Charden. Abandonnant, pour un temps, le couple de parolier auquel il a habituellement recours avec Stone, il s’est attaché les services de l’excellent Guy Bontempelli. Ce dernier avec un art consommé de la nuance, a écrit un album-concept sur les pensées, désirs et dérives d’un adolescent de 14 ans ballotté entre son désir de s’affirmer et celui de panser ses blessures d’enfant-roi déchu. Une occasion pour Charden d’utiliser tout son talent de compositeur, alternant morceaux forts aux mélodies accrocheuses (« L’enfant unique ») et mélopées délicates (« 14 ans les gauloises »). L’explosion de son talent mélodique apparaît au grand jour dans « Sortie nocturne » titre jubilatoire, repris en instrumental, contant la « chevauchée fantastique » en vélo d’un ado au petit matin dans Paris. Le morceau titre rencontre un certain succès, mais les ventes de l’album restent bien en retrait des productions du duo. L’album sorti en 1974 marque pourtant un sommet dans la carrière de Charden, ce dernier en pleine forme vocale, est musicalement en verve et les orchestrations, confiées à Jean-Claude Petit, sans être originales, suffisent à mettre en valeur les compositions. Ce disque oublié dans les poubelles de l’histoire mériterait d’être édité en CD et redécouvert tant il regorge de belles compositions, aux paroles intelligentes. Reste qu’à l’écoute de l’album, l’auditeur restera sur une question sans réponse : que diable n'a-t-il poursuivit dans cette veine ?

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Manu 15/11/2006 16:53

Hé bien!
Quelle surprise de le voir au mileu de ta liste de premier choix, je suis dubitatif, mais à l'occasion il faudra que j'y jette une oreille attentive...