Jeudi 23 février 2006

Polnareff, c’est un peu le Elton John français : même exubérance, même instrument de prédilection, même élasticité vocale et surtout même talent de mélodiste. Fils du musicien Léo Poll, premier prix de conservatoire, il décide après divers petits boulots de faire la manche dans la rue, troque son piano pour une guitare, est repéré et devient le premier chanteur beatnick français. Dès lors, son physique et sa voix particulière, son don mélodique et ses conceptions musicales vont contribuer à tirer la production française vers le haut, en la rapprochant de la production anglo-saxonne. Dès 1971, et une poignée de succès après, il s’attache à la production d’albums et fait un triomphe sur scène. Sa propension au scandale s’amplifie, laquelle lui vaut des déboires judiciaires avant de connaître, à cause d’un agent indélicat, des déboires fiscaux qui le contraignent à l’exil. Parti aux États-Unis, sa production ne gagne pas au change malgré un petit succès d’estime (" Jesus for tonight "). Il revient sur le devant de la scène début 80 avec le très réussi album Bulles suivi par l’injustement méconnu Incognito. Puis c’est une longue absence interrompue par le décevant Kama sutra, puis un Live at the Roxy et un simple (" When I’m in love ") destiné à faire patienter un public avide de nouvelles compositions. Depuis, de sorties annoncées et toujours repoussées d’un nouvel album, le fan se console en réécoutant les anciens disques.

POLNAREFF'S (1971)

Voyage / Né dans un Ice-cream / Petite, petite / Computer’s dream / Le désert n’est plus en Afrique / Nos mots d’amour / … Mais encore / Qui a tué grand maman / Hey you woman / Monsieur l’Abbé / A midi, à minuit

Polnareff’s sorti en 1971 est jusqu’à aujourd’hui le meilleur album de Polnareff avec ses rythmiques pop mâtinées d’orchestrations flamboyantes dans la tradition musicale d’un Michel Legrand. Le début de l’album avec ses morceaux enchaînés les uns aux autres approchent de la perfection (notamment l’instrumental " Voyages " et " Ice cream "), même si les paroles ne sont pas à la hauteur. La fin de l’album, moins enthousiasmante malgré un rafraîchissant instrumental permettant de retrouver le swing de Polnareff au piano (" ... Mais encore "), est illuminée par deux somptueuses compositions : l’émouvant " Qui as-tué grand maman " et le diamant noir " Nos mots d’amour ", mélodie imparable remarquablement orchestrée par Bill Sheperd et magnifiquement interprétée par Polnareff. Polnareff’s est le dernier album de l’enfant terrible de la chanson française où l’influence de la musique anglaise de la fin des années 60 est aussi prégnante. Il témoigne d’une époque où le mélange des genres (pop, jazz, classique, chanson) avait encore droit de cité sans que personne n’y trouve rien à redire.

Par Athalide - Publié dans : Les meilleurs albums-de-la-vie de-l'univers
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Commentaires

Salut, je suis tout à fait d'accord avec toi concernant Polnareff's et je t'invite à venir lire mon dernier post... sur Polnareff sous un angle un peu différent !
Commentaire n°1 posté par Julien le 06/12/2006 à 13h56
Bonjour,
Avec ce Polnareff's somptueux (oui, Voyages !!!), j'avoue avoir un faible pour Polnarêve, moins varié peut-être mais avec des joyaux comme Le prince en otage. Tous ces morceaux, malheureusement, il y a bien peu de chances de les entendre lors de sa tournée de 2007...
Commentaire n°2 posté par Ska le 08/12/2006 à 17h38
Et si, lors de sa tournée, Michel polnareff, a bien chanté prince en otage et la guitare était hormis présente
excellente tournée the ze tour 2007, on en redemande encore et encore
Surfette
Commentaire n°3 posté par Surfette le 30/05/2009 à 01h33

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