Voyage au bout de l’enfer : j’ai parlé avec un Sarkozyste !

Publié le par Athalide

Voyage au bout de l’enfer : j’ai parlé avec un Sarkozyste !

Parler avec « un homme de droite » est une expérience saisissante qu’il faut avoir vécu au moins une fois pour se rendre compte de l’insondable bêtise qui anime cet animal politique très particulier qu’est le Sarkozyste. Loin du militant de base, son vote se veut le reflet d’un choix posé, programme contre programme, d’une réflexion profonde sur la société, les rouages de l’être humain.

Avertisssement : Si cher lecteur, il te venait l’envie de te lancer dans cette expérience no-limit sache qu’un minimum de précautions doivent être prises : de préférence choisir une pièce en rez-de-chaussée (pour éviter toute tentation de défenestration), qui plus est avec du public (afin de ne pas céder à une violence certes légitime mais inutile) car sache ami qu’il te sera difficile de ne pas céder à l’emportement, d’être saisi d’une envie soudaine d’ouvrir une fenêtre pour t’aérer un peu le cerveau devant cette succession de pensée néo-libérale pré-mâchée labellisée TF1 et répétée mécaniquement avec cet air d’argumenter que l’électeur de droite partage avec les aras aux couleurs chatoyantes : tout en devanture et rien dans la tronche ! Le Sarkozyste est une sorte de mécanique réflexive plaquée sur du vivant ! (Claude Bergson : aucun rapport même éloigné avec son homonyme)

Florilège d’un dialogue instructif…

Lorsqu’on interroge le Sarkozyste sur son choix à la présidentiel, il nous indique que « la Ségolène » était incompétente et qu’il n’y avait aucune alternative au vote Sarkozyste. Et si l’on ose avancer le nom de Bayrou, pourtant centriste de droite, le Sarkozyste dit sa haine du centrisme : « qu’est-ce qu’être au centre ? C’est être nulle-part en vérité » nous assène-t-il avec une énergie qui fait plaisir à voir.

Le Sarkozyste bon teint roule généralement en 4x4 et s’il n’en a pas les moyens, c’est tout du moins ce qu’il aimerait faire s’il le pouvait – sans doute espère-t-il que son Président du pouvoir d’achat lui donnera l’occasion de s’acheter le véhicule de ses rêves en travaillant plus.

Le Sarkozyste aime le clinquant et le voyant, il porte à son poignet, à l’image de son idole, une grosse Breitling ou s’il se veut plus discret une montre Cartier afin de bien faire ressentir à son interlocuteur qu’il a réussi dans la vie.

Le Sarkozyste scolarise ses enfants dans le privé pour ne pas que sa progéniture soit mise en contact avec la canaille prolétaire qui hante les établissements publics. D’ailleurs il nous affirme que « l’enseignement dans le privé est meilleur que celui du public » et qu’il a « lui-même constaté que les enseignants étaient toujours en grève dans le public » (l’engeance communiste est partout !)

Interrogé sur l’augmentation éhonté des émoluments de son César de pacotille (200 % d’augmentation), le Sarkozyste défend bec et ongle son Président en indiquant qu’il travaille plus que son prédécesseur et qu’il est donc normal, à ce titre, qu’il gagne plus (toujours l’antienne : travailler plus pour gagner plus !)

Nous l’interrogeons sur cette fameuse culture du résultat et lui indiquons qu’à notre avis avant de réclamer une augmentation de salaire, encore faut-il pouvoir présenter des résultats constatables par tous. A cet argument le Sarkozyste reste stoïque. Mais il avance qu’il connaît ce genre d’homme, prompt à l’action, « un arriviste certes, pas forcément très honnête non plus », mais seul capable de faire bouger les choses et dans le bon sens afin d’effectuer les réformes dont la France a besoin. Nous pensons avancer le terme « d’homme providentiel » mais nous ravisons au dernier moment…

Lorsqu’on ose lui dire que ce n’est pas parce que son président est sur tous les fronts, et parce qu’on le voit beaucoup s’agiter sur nos écrans TV qu’il traite en profondeur les problèmes, le Sarkozyste nous tance de bien vouloir être un peu patient car d’ici peu « les premiers impacts de sa politique apparaîtront ».

Concernant le social : le Sarkozyste n’est pas contre la justice sociale mais à la condition que ce ne soit « pas toujours les mêmes qui payent » car il me fait remarquer que lui « n’a jamais droit à rien » et que ce sont « toujours les mêmes qui profitent du système » pendant que « les autres » - et il me lance un regard qui se veut de connivence… et oui les autres, il n’y a guère que dans ces moments-là qu’il semble y penser…

Interrogé sur les substantielles baisses d’impôts accordé aux plus fortunés de nos compatriotes, le Sarkozyste indique qu’il « est normal de récompenser les plus méritants car après tout cet argent ils ne l’ont pas volé » et il précise qu’il faut favoriser cette population qui finalement nous fait cadeau de sa présence alors qu’elle pourrait aller s’expatrier fiscalement dans des pays plus cléments. Il insiste sur le fait qu’en définitive ce sont eux qui créent les richesses et créent de l’emploi (et pas le syndicaliste de base de la CGT osons-nous avancer afin de le conforter dans sa position).

Sur l’obscénité du comportement de son auguste président, avec un mode de vie plus proche d’une star du show-biz que d’un représentant de la nation française, le Sarkozyste indique que si ce comportement l’irrite parfois un peu, ce dernier est en train de changer et que au moment du vote, il ne savait pas que son candidat était comme ça…

L’intervieweur, ayant commencé à se taillader les veines avec le capuchon de son stylo Bic, a préféré mettre un terme à l’entrevue avant que l’entretien ne finisse en Walpurgis avec sacrifice humain à la clé…

Publié dans Fulgurances lumineuses

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Laurent 04/05/2008 22:55

Pour répondre à Monsieur Bernard, et conclure positivement sur ce sacrifice humain (hem), je dirais qu'il met des oeillères s'il croit qu'il y aura de moins en moins moins d'improductifs. Tout le sens de nos sociétés repose sur la réduction du temps de production, (=gain de productivité pour nos chers sarkozystes) et l'accroissement du temps libre. Enfin du moins pour la minorité de travailleurs qui bénéficient de ces "privilèges" de temps tandis que les autres les servent. Tout ça parce qu'on refuse obstinément d'abandonner une certaine idée du travail, à l'heure ou une usine entière tourne avec 3 bonhommes !

seb de la mancha 23/04/2008 21:02

Bonjour monsieur Bernard, je suis improductif (car fonctionnaire) et sale gauchiste mais ... patientAu gré des résultats des élections, je travaille pour des sarkozistes ou des gauchistes mais il semble que les sarko... se fassent discrets en ce moment et moins révérents devant leur idole !Pour ce qui est de m'écraser la gueule, même pas peur !

Monsieur Bernard 23/04/2008 13:40

Encore la racaille communiste qui tente de discréditer la droite...mais quoi que vous en pensiez, nous avons gagné et nous allons vous écraser la gueule à vous les gauchistes et autres improductifs..

Carmelo 23/04/2008 13:37

Je crois que c'est plutôt une sorte d'amalgame de divers profils droitiers que l'on rencontre au hasard de la vie...mais effectivement c'est ressemblant..quoique l'expression "la Segolène" me rappelle la véhémence d'une femme plus âgée