Paul McCARTNEY - Ram

Publié le par Kul

Mélodiste de génie, ayant participé à l’une des plus grandes opérations de dépoussiérage de la musique populaire au sein des Beatles, cet homme a écrit quelques-unes des plus belles pages de la pop. Devenu pour toujours un ex-Beatles, il a mené après la dissolution du groupe une carrière prolixe et à bien des égards intéressantes, que la presse rock a constamment sous-évaluée.

Ram (1971)

Too many people - Three legs - Ram on - Dear boy - Uncle Albert/Admiral Halsey - Smile away - Heart of the country - Moonkberry moon delight - Eat at home - Long haired lady - Ram on II - The back seat of my car

Ram est sans doute l’album le plus inspiré de l’ex-Beatles. S’il ne contient pas ses tubes les plus mémorables, il regorge au contraire de chansons inoubliables aux mélodies et arrangements efficaces et séduisants. Sur ce disque, il fait encore la preuve de son éclectisme et de sa capacité à être à l’aise dans tous les genres, de la ballade faussement country (« Heart of the country ») à la chanson rock (« Smile away »), en passant par les mélodies douces amères (« Ram on »), jusque dans la chanson à tiroir avec force enchevêtrement de thèmes (« Uncle Albert /Admiral Delsey »). Mais c’est surtout dans ce qu’il faut bien appeler les « ballades typiquement McCartienne » qu’il atteint les sommets de son art : donnez lui un piano et il dévoile bien souvent tout son génie mélodique (« Back seat of my car »).

Le plus étonnant chez Macca, c’est sa capacité, même dans ses morceaux les plus faibles (« Too many people »), de produire du joli et dans ses meilleurs moments du beau, de l’indubitablement beau, des mélodies simples et directes qui vont droit au cœur dès la première écoute. Et par-dessus tout, il a ce don rare de distiller des compositions respirant la joie de vivre (« Uncle Albert /Admiral Delsey »), la bonne humeur communicative (« Heart of the country »).

La parenté de certains morceaux avec la production Beatles est encore patente : Paul a encore du mal à s’écarter, pour le plus grand plaisir de l’auditeur, du chemin tracé par son ancien groupe (mais diable, pourquoi faudrait-il qu’il s’en écarte). Sans doute faut-il voir à travers certains titres, dont le splendide « Dear boy », la volonté de métisser les harmonies vocales typiquement Beatles à celles des Beach boys, et qui aboutira à produire le son typiquement Wings. En écoutant cet album, Lennon verra dans une des chansons (« Too many people ») une attaque en règle contre Yoko et lui, attaque à laquelle il répondra sur son album Imagine avec « How do you sleep ? », chanson autrement plus fielleuse et vacharde.

La déroutante pochette faite main, composée de coloriages maison et de diverses photos prises par Linda fera couler beaucoup d’encre. En effet, à l’intérieur de la pochette, une photo montrant deux scarabées en train de copuler laissera les fans des Beatles dubitatifs. La petite histoire veut que Lennon lorsqu’on lui rapporta la signification de l’acronyme Lily figurant sur le recto de la pochette (Linda I Love You) eut un rire amer à l’encontre de son ancien coéquipier.

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