"Et vous dites, mes amis, que l'on ne doit pas discuter des goûts et des couleurs ?

Mais toute la vie n'est qu'une querelle sur les goûts et les couleurs."

NIETZSCHE, Ainsi parlait Zarathoustra

 

 

Plein le Kul


Presque un an et déjà plein le Kul !!!

Alors en attendant que passent les quatre prochaines années, plongeons nous dans la Kulture :

Une anthologie des "meilleurs-albums-de-la-vie-de-l'univers" sorte de discothèque idéale.

Une anthologie des Meilleurs-livres-du-système-solaire sorte de bibliothèque idéale

Une anthologie des Meilleurs-films-de-la-vie-du-monde sorte de cinémathèque idéale

Une rubrique Panthéon afin de rendre hommage à quelques personnalités Kultissimes.

Une rubrique fort astucieusement intitulée Livres de Kul proposant des critiques d’ouvrages (romans, essais, BD, etc.)

Une rubrique très judicieusement dénommée Films de Kul proposant des critiques de films récents ou non.

Une rubrique très malicieusement intitulée Disques de Kul proposant des critiques de disques, que l’actualité le requiert ou non.

Une rubrique Citation du jour à n’utiliser qu’à la tombée de la nuit

Une rubrique Brèves dont le titre même justifie de n’en pas dire plus long

Et encore plein d’autres choses…

Les quatre prochaines années vont être longues, et nous profitons de l'occasion pour remercier les électeurs sarkozystes  ! (Eh ! Vous pouviez pas partir à Londres pour payer moins d'impôts ?)

Athalide

Jeudi 3 juillet 2008
T'habites a combien de kilomètres de Tours ?
par Athalide publié dans : Brèves
Vendredi 6 juin 2008
Histoire d'un cliché


Cette photo, vous l'avez déjà vu au moins une fois mais nombreux sont ceux qui, comme nous, n'y ont jamais prêté beaucoup d'attention car le cliché n'est pas en soi très réussi.
Que voit-on, à première vue ?
L'ex-Beatles John Lennon, la tête penchée en avant. Photo banale en vérité, sauf qu'il s'agit d'une des dernières photos de la star britannique avant qu'elle ne meurt car le cliché a été pris le jour même de sa mort : le 8 décembre 1980.

Regardons de nouveau ce cliché : on s'aperçoit alors qu'à côté de Lennon se tient un personnage avec des verres fumés visiblement rose, un léger sourire semble se deviner sur ses lèvres et on le comprend car  voilà vraisemblablement un fan qui a attendu très longtemps son idole pour  lui faire signer un autographe.

En réalité, de cette photographie on sait à peu près tout et son histoire a de quoi glacer les sangs.
Le 8 décembre 1980 ce fan qu'on aperçoit sur la photo s'est dès le début de la matinée posté devant la résidence de Lennon à New york, l'imposant Dakota builing situé pas très loin de Central park.

Il l’attend et lorsque Lennon sort enfin, il est 17 heures. Il s’approche alors de l'auteur d'Imagine et lui demande de lui dédicacer son album. La star s'exécute et c'est à ce moment que le cliché est pris ce qui explique que Lennon soit incliné vers l'avant. Ensuite, le chanteur monte dans sa limousine qui doit le conduire dans un studio d'enregistrement.

Vers 23h00 la voiture ramenant Lennon stoppe devant le Dakota. Le fan est toujours là devant l'entrée de l'immeuble. Lennon le salut d'un "Hello" et s’engouffre sous le porche du Dakota. Le fan sort son arme, met le genoux à terre et vide froidement son chargeur dans le dos de l'ex-Beatles. Cinq balles l'atteignent. Lennon parvient cependant à gagner l'entrée de l'immeuble et s'écroule. Il vit encore lorsque les secours arrivent mais décédera au cours de son transport à l'hopital.
Dès lors, plus personne n'oubliera le nom de cette personne photographié aux côtés de Lennon : il s'agit de Mark David Chapman. Le fan qui l'attendait pour une dédicace s'est mué quelques heures plus tard en un assassin froid et déterminé. Fin de l'histoire....






par Athalide publié dans : Kulturock
Mardi 3 juin 2008

Le dandy de Juvisy n'avait plus livré d'albums après la sortie de l'excellent Comm'si la terre penchait en 2001.
Sept ans plus tard, son nouveau disque devrait être dans les bacs pour la fin juin. Au menu beaucoup de surprises notamment dans les intervenants de luxe : Adjani, Erik Truffaz, Carmine Appice (ex-batteur des Vanilla fudge), etc.
L'album a été enregistré en grande partie en Espagne et fini à Montparnasse après plus de trois ans de maturation.
Reste à espérer que Aimer ce que nous sommes (titre de son nouvel opus) soit au moins au niveau du précédent disque.
par Athalide publié dans : Brèves
Jeudi 29 mai 2008

« Être profond et sembler profond. — Celui qui se sait profond s'efforce d'être clair ; celui qui voudrait sembler profond à la foule s'efforce d'être obscur. »

NIETZSCHE, Le Gai Savoir, (trad. Henri Albert, Paris), éd. Société du Mercure de France, 1901, partie Livre 3, § 173

Lundi 26 mai 2008
Nick Drake aurait eu 60 ans le 19 juin prochain. Le chanteur est malheureusement décédé à 26 ans un jour triste de novembre. Totalement inconnu ou presque au cours de sa courte carrière, Nick Drake est en passe de devenir un des songwriters inconnus les plus célèbres. Alors que l'auteur de Pink moon jouit désormais d'une notoriété mondiale, en France l'inconnu de Tanworth est encore méconnu.
Espérons que la sortie de cet ouvrage - première publication consacrée au chanteur, écrite dans la langue de Molière - permettra d'agrandir un peu le cercle des amateurs.

Henry Chartier, Nick Drake : l'abécédaire, éditions Bord de l'eau, paru le 23 mai 2008.



par Athalide publié dans : Brèves
Mercredi 7 mai 2008

"La politesse, c'est élémentaire - la plupart des gens aux Etats-Unis, en Angleterre et dans une bonne partie de l'Europe sont des trous du cul arrogants, brutaux et cons qui se foutent éperdument de l'existence des autres"
 Lemmy Kilmister (leader de Motörhead) in Motörhead. La fièvre de la ligne blanche, éd. Camion blanc, spéc. p. 162.
Mardi 29 avril 2008


"Je jette toujours un coup d'oeil sur les bibliothèques des gens chez qui je suis invité. Il semble que je sois parfois trop cavalier, trop insistant ou inquisiteur, on m'en a fait le reproche. Mais les bibliothèques sont passionnantes, parce que révélatrices. L'absence de bibliothèque aussi, l'absence de livres dans un lieu de vie, qui en devient mortel."
Jorge Semprun, Le mort qu'il faut, folio, p. 101.
Lundi 28 avril 2008
James Hadley CHASE - Pas d'orchidées pour Miss Blandish

La fille d'un milliardaire est enlevée par la bande Grisson. La rançon est payée mais la kidnappée n'est pas relâchée. Est-elle pour autant morte ?

Premier ouvrage de Chase écrit en 1938 en six week-ends, Pas d'orchidées pour Miss Blandish fut réactualisé par l'auteur au début des années 60 afin d'en assurer la pérennité commerciale. Ce livre, inspiré des aventures de "Ma" Baker, fit "scandale" lors de sa sortie. Mais la violence du propos paraît, de nos jours, s'être un peu érodée. Si la  renommée de l'ouvrage semble un peu usurpée, il reste tout de même un roman policier plus qu'honnête.
A noter que Miss Blandish reprendra du service dans un roman écrit en 1948 et intitulé
La chair de l'orchidée.
par Athalide publié dans : Polar
Mercredi 23 avril 2008

Voyage au bout de l’enfer : j’ai parlé avec un Sarkozyste !

Parler avec « un homme de droite » est une expérience saisissante qu’il faut avoir vécu au moins une fois pour se rendre compte de l’insondable bêtise qui anime cet animal politique très particulier qu’est le Sarkozyste. Loin du militant de base, son vote se veut le reflet d’un choix posé, programme contre programme, d’une réflexion profonde sur la société, les rouages de l’être humain.

Avertisssement : Si cher lecteur, il te venait l’envie de te lancer dans cette expérience no-limit sache qu’un minimum de précautions doivent être prises : de préférence choisir une pièce en rez-de-chaussée (pour éviter toute tentation de défenestration), qui plus est avec du public (afin de ne pas céder à une violence certes légitime mais inutile) car sache ami qu’il te sera difficile de ne pas céder à l’emportement, d’être saisi d’une envie soudaine d’ouvrir une fenêtre pour t’aérer un peu le cerveau devant cette succession de pensée néo-libérale pré-mâchée labellisée TF1 et répétée mécaniquement avec cet air d’argumenter que l’électeur de droite partage avec les aras aux couleurs chatoyantes : tout en devanture et rien dans la tronche ! Le Sarkozyste est une sorte de mécanique réflexive plaquée sur du vivant ! (Claude Bergson : aucun rapport même éloigné avec son homonyme)

Florilège d’un dialogue instructif…

Lorsqu’on interroge le Sarkozyste sur son choix à la présidentiel, il nous indique que « la Ségolène » était incompétente et qu’il n’y avait aucune alternative au vote Sarkozyste. Et si l’on ose avancer le nom de Bayrou, pourtant centriste de droite, le Sarkozyste dit sa haine du centrisme : « qu’est-ce qu’être au centre ? C’est être nulle-part en vérité » nous assène-t-il avec une énergie qui fait plaisir à voir.

Le Sarkozyste bon teint roule généralement en 4x4 et s’il n’en a pas les moyens, c’est tout du moins ce qu’il aimerait faire s’il le pouvait – sans doute espère-t-il que son Président du pouvoir d’achat lui donnera l’occasion de s’acheter le véhicule de ses rêves en travaillant plus.

Le Sarkozyste aime le clinquant et le voyant, il porte à son poignet, à l’image de son idole, une grosse Breitling ou s’il se veut plus discret une montre Cartier afin de bien faire ressentir à son interlocuteur qu’il a réussi dans la vie.

Le Sarkozyste scolarise ses enfants dans le privé pour ne pas que sa progéniture soit mise en contact avec la canaille prolétaire qui hante les établissements publics. D’ailleurs il nous affirme que « l’enseignement dans le privé est meilleur que celui du public » et qu’il a « lui-même constaté que les enseignants étaient toujours en grève dans le public » (l’engeance communiste est partout !)

Interrogé sur l’augmentation éhonté des émoluments de son César de pacotille (200 % d’augmentation), le Sarkozyste défend bec et ongle son Président en indiquant qu’il travaille plus que son prédécesseur et qu’il est donc normal, à ce titre, qu’il gagne plus (toujours l’antienne : travailler plus pour gagner plus !)

Nous l’interrogeons sur cette fameuse culture du résultat et lui indiquons qu’à notre avis avant de réclamer une augmentation de salaire, encore faut-il pouvoir présenter des résultats constatables par tous. A cet argument le Sarkozyste reste stoïque. Mais il avance qu’il connaît ce genre d’homme, prompt à l’action, « un arriviste certes, pas forcément très honnête non plus », mais seul capable de faire bouger les choses et dans le bon sens afin d’effectuer les réformes dont la France a besoin. Nous pensons avancer le terme « d’homme providentiel » mais nous ravisons au dernier moment…

Lorsqu’on ose lui dire que ce n’est pas parce que son président est sur tous les fronts, et parce qu’on le voit beaucoup s’agiter sur nos écrans TV qu’il traite en profondeur les problèmes, le Sarkozyste nous tance de bien vouloir être un peu patient car d’ici peu « les premiers impacts de sa politique apparaîtront ».

Concernant le social : le Sarkozyste n’est pas contre la justice sociale mais à la condition que ce ne soit « pas toujours les mêmes qui payent » car il me fait remarquer que lui « n’a jamais droit à rien » et que ce sont « toujours les mêmes qui profitent du système » pendant que « les autres » - et il me lance un regard qui se veut de connivence… et oui les autres, il n’y a guère que dans ces moments-là qu’il semble y penser…

Interrogé sur les substantielles baisses d’impôts accordé aux plus fortunés de nos compatriotes, le Sarkozyste indique qu’il « est normal de récompenser les plus méritants car après tout cet argent ils ne l’ont pas volé » et il précise qu’il faut favoriser cette population qui finalement nous fait cadeau de sa présence alors qu’elle pourrait aller s’expatrier fiscalement dans des pays plus cléments. Il insiste sur le fait qu’en définitive ce sont eux qui créent les richesses et créent de l’emploi (et pas le syndicaliste de base de la CGT osons-nous avancer afin de le conforter dans sa position).

Sur l’obscénité du comportement de son auguste président, avec un mode de vie plus proche d’une star du show-biz que d’un représentant de la nation française, le Sarkozyste indique que si ce comportement l’irrite parfois un peu, ce dernier est en train de changer et que au moment du vote, il ne savait pas que son candidat était comme ça…

L’intervieweur, ayant commencé à se taillader les veines avec le capuchon de son stylo Bic, a préféré mettre un terme à l’entrevue avant que l’entretien ne finisse en Walpurgis avec sacrifice humain à la clé…

Vendredi 18 avril 2008
« … il est toujours difficile d’être heureux ; c’est un combat contre beaucoup d’événements et contre beaucoup d’hommes ; il se peut que l’on y soit vaincu, ; il y a sans aucun doute des événements insurmontables et des malheurs plus forts que l’apprenti stoïcien ; mais c’est le devoir le plus clair peut-être de ne point se dire vaincu avant d’avoir lutté de toutes ses forces. Et surtout, ce qui me parait évident, c’est qu’il est impossible que l’on soit heureux si l’on ne veut pas l’être ; il faut donc vouloir son bonheur et le faire. »

Alain, Propos sur le bonheur, XCII – Du devoir d’être heureux
 

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